Même François Hollande s'y met : Alain Juppé, cible préférée du PS

Même François Hollande s'y met : Alain Juppé, cible préférée du PS

PRÉSIDENTIELLE - Au PS, la consigne du moment est de taper sur Alain Juppé, à l'instar du président de la République dans une interview à "L'Obs" à paraître jeudi 13 octobre. On épargne Nicolas Sarkozy pour mieux s’attaquer au favori des sondages, plus dangereux pour François Hollande en cas de duel à la prochaine présidentielle.

Ces derniers jours, les socialistes s'attachent à taper sur le maire de Bordeaux, à discréditer son programme et ses idées. Même le président s'y met, dans une interview à paraître dans L'Obs ce jeudi. François Hollande attaque le concept d'"identité heureuse" d'Alain Juppé. "Les deux mots sont mal choisis. 'Identité', parce que la France est renvoyée à son passé alors que c’est l’idée de la France qui constitue son histoire et son avenir. Et 'heureuse' parce que c’est un malentendu. Ce qui est proposé par Alain Juppé c’est une solidarité malheureuse", estime le chef de l'Etat. 

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    Mardi, dans une interview publiée dans Nice-Matin, c'est le Premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis qui tapait sur Juppé. "J’estime que Nicolas Sarkozy est trop à droite pour la France, tandis qu’Alain Juppé est nulle part et en même temps je le trouve trop à droite sur le social, mal préparé, daté et peu maîtrisé." Le dernier tacle d'une longue série. Samedi 8 octobre dans le Figaro, il lancait un avertissement aux électeurs de gauche tentés de voter pour le maire de Bordeaux dans l’idée d’empêcher un éventuel duel Sarkozy-Le Pen au second tour de la présidentielle : "Alain Juppé aux primaires, c’est Marine Le Pen aux législatives". Et de dégainer sa punchline : "Si Nicolas Sarkozy est trop à droite pour la France, Alain Juppé est nulle part. Trop centriste sur l’identité pour la droite, trop ultra-libéral sur le social pour la gauche. Et je comprends que Marine Le Pen, dans ces conditions, l’épargne."

    "Il ferait mieux de s’occuper de son propre bord politique"- Gilles Boyer à propos de Jean-Christophe Cambadélis

    L'obssession des socialistes pour Alain Juppé n'est pas passée inaperçue auprès des équipes du maire de Bordeaux. "Je remercie Jean-Christophe Cambadélis ! Ses attaques sont une reconnaissance formidable du travail accompli…" se réjouissait ce mardi Gilles Boyer, "bras gauche" et directeur de campagne d'Alain Juppé, dans les colonnes du Figaro. "Il ferait mieux de s’occuper de son propre bord politique et de s’interroger sur le ralliement à Alain Juppé d’une part des déçus de François Hollande", a-t-il poursuivi. 

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      Sarkozy moins dangereux pour Hollande en 2017

      Les socialistes justifient ces attaques par le risque de voir le FN en bonne place aux législatives. Mais la raison est avant tout qu'ils considèrent que François Hollande a plus de chances de l’emporter face à Nicolas Sarkozy que face à Alain Juppé. Une grande partie des socialistes voient l'ancien Président comme le rival privilégié du chef de l'Etat parce que plus clivant et moins attirant pour un électorat centriste.

      Pour mener à bien ce "bashing" anti-Juppé, Jean-Christophe Cambadélis peut compter sur les lieutenants et les proches de François Hollande. Ce lundi, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a ainsi déclaré sur France 2 que "Alain Juppé, c’est la vieille droite, c’est celle qui a existé avec le RPR [...]. Suppression de l’ISF […], la dégressivité pour les allocations chômage, la lutte contre les syndicats, le retour aux 39 heures, la fin des 35 heures, tout ça, c’est le programme d’Alain Juppé."

      Juppé, 'César du programme économique et social le plus réac'- Annick Lepetit

      Didier Guillaume, chef du groupe PS au Sénat et fidèle du président, a tweeté le 8 octobre qu'en "2017, Alain Juppé veut mettre en place une véritable cassure sociale". Une allusion ironique au thème de la "fracture sociale", marqueur de la campagne de Jacques Chirac en 1995. Ce mardi, Annick Lepetit, porte-parole des députés PS, a décerné au maire de Bordeaux le "César du programme économique et social le plus réac", voyant dans son programme une "exhumation des thèses thatchériennes" et avertissant d’éventuels électeurs de gauche que "ceux qui se disent déçus du hollandisme seront les déchus du juppéisme".

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