Pourquoi l'affaire Hollande-Gayet n'a plus rien de privé

Pourquoi l'affaire Hollande-Gayet n'a plus rien de privé

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ELYSEE - D'abord cantonnée à la rubrique people de la presse, la liaison supposée entre le président et l'actrice Julie Gayet a pris une tout autre tournure dimanche…

Le 20 rue du Cirque : l'adresse aurait pu présager des festivités à venir… Depuis la révélation par le magazine Closer de sa liaison supposée avec l'actrice Julie Gayet , qui aurait eu pour cadre cette adresse parisienne, François Hollande fait face à un chahut médiatique croissant. Au premier jour, vendredi, le Président a pourtant réagi promptement pour tenter de circonscrire l'incendie, dans un communiqué déplorant  "profondément les atteintes au respect de la vie privée auquel il a droit comme tout citoyen". Traduire : circulez, il n'y a rien à voir.

Belle tentative, sauf que les rebondissements de dimanche ont donné une toute autre dimension à l'affaire de mœurs. Qui est passée dans le domaine public quand l'Elysée a annoncé l'hospitalisation de la compagne du président , pour "prendre du repos et subir quelques examens". La présidence aurait même évoqué un "coup de blues" de la première dame. Une expression inhabituellement personnelle, qui pourrait raviver les accusations de politique-spectacle, deux ans après le fameux tweet de Valérie Trierweiler soutenant l'opposant de Ségolène Royal.

Le statut de la première dame en question

Au-delà du vaudeville, la question d'un marivaudage présidentiel en a relancé une autre, que l'on croyait enterrée depuis justement l'affaire du tweet : celle du statut de la première dame . "Je ne pense pas que l'info de Closer ne relève que de la vie privée du Président car cela pose la question du statut de Mme Trierweiler", a ainsi tweeté le député UDI Jean-Christophe Lagarde, résumant de nombreuses réactions qui ont inondé les réseaux sociaux. Car si en France, la première dame n'a aucun statut juridique, elle n'en est pas pour autant sans existence officielle. Le site Internet de la Présidence détaille ses visites officielles au côté de son compagnon ou de son ministre, ses réceptions à l'Elysée, ses prises de position au côté d'autres premières dames…

Le hic, pour les internautes réagissant au scoop, c'est que toutes ces activités ont évidemment un coût, financé par les impôts des Français. Or la fragilité apparente du couple relance le débat sur la légitimité de ces dépenses supportées par la République. Outre sa page web, la première dame dispose ainsi d'un bureau à l'Elysée, d'une équipe de collaborateurs, et utilise les services du palais tels que la sécurité et les chauffeurs. Le tout pour un montant inconnu puisque, sans existence juridique, le budget de ses activités est inscrit dans les comptes de la Présidence.

Comme si toutes ces questions ne suffisaient pas, l'affaire s'est enfin enrobée d'une odeur de scandale potentiel suite à d'autres révélations, cette fois à propos du 20 rue du Cirque . Situé à quelques encablures de l'Elysée, dans le 8e arrondissement de Paris, l'appartement aurait, selon Closer, été mis à la disposition de Julie Gayet par des amis comédiens. Dont Le Point et Mediapart donnent les noms, tous deux liés au grand banditisme corse : Michel Ferracci et son ex-femme, Emmanuelle Hauck. Le premier a été condamné dans l'affaire du Cercle Wagram. La seconde, elle, a vécu avec François Masini, également connu pour ses liens avec le milieu, tué par balles en mai dernier. Si Michel Ferraci dément sur lexpress.fr avoir jamais possédé l'appartement qu'habitait son ex-femme, l'Elysée pouvait-il ignorer le risque médiatique de ce parfum de souffre ? Quid du ministère de l'Intérieur, situé à deux pas de l'adresse et qui emploie les gardes du corps de François Hollande ? Autant de questions qui montrent que, définitivement, l'affaire n'a plus rien de privé.

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