Pourquoi l'ex-chiraquien François Baroin s'engage pour Nicolas Sarkozy

Politique

ALLIES OBJECTIFS - L'ex-ministre de l'Economie François Baroin a confirmé officiellement son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy, dimanche au Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i>Télé. Pour l'ancien chiraquien, seul Nicolas Sarkozy est à même d'assurer le leadership et de "restaurer l'Etat dans son autorité".

Nicolas Sarkozy n'est pas encore candidat à la primaire de la droite. Et pourtant, il peut compter déjà sur un soutien de poids : celui de l'ex-chiraquien François Baroin. Le sénateur-maire de Troyes, président de la très influente Association des maires de France (AMF), a confirmé officiellement son ralliement dimanche lors du Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-i>Télé .

"Je m’engagerai pour Nicolas Sarkozy, mon choix est fait depuis longtemps", a notamment expliqué l'ancien ministre du Budget puis de l'Economie de Nicolas Sarkozy. "Il faut une énergie au-dessus de la moyenne et je pense que Nicolas Sarkozy, incontestablement, a cette énergie." Nicolas Sarkozy le droitier et François Baroin le "centriste"… Comment expliquer cette alliance de raison ?

 Une solide caution "modérée" pour Nicolas Sarkozy
Accusé en 2012 d'avoir fait excessivement pencher la balance à droite dans sa quête de l'électorat, Nicolas Sarkozy prend soin de ménager cette fois l'équilibre de ses soutiens. Avec François Baroin, 50 ans, et son extraordinaire réseau de l'AMF, l'ex-chef de l'Etat s'offre une caution "modérée", plus consensuelle, susceptible de rallier bon nombre d'élus locaux ancrés dans leur territoire. Un atout incontestable pour un candidat à la primaire de la droite. Voire le nerf de la guerre. Le 1er juin, Alain Juppé brandissait de son côté une liste de soutien d'un millier de maires. 

 Un discours commun sur la laïcité
Loin des messages répétés à droite sur les "racines chrétiennes" de la France, Nicolas Sarkozy a fait de la laïcité, comme de "l'assimilation" des étrangers, le leitmotiv de sa prochaine campagne. Une priorité commune avec François Baroin, partisan d'une défense stricte du principe de laïcité. On est très loin du "couac" qui avait opposé les deux hommes en 2011 sur le thème de l'islam et de la laïcité.

 Un ticket pour Matignon ?
Certains observateurs et opposants politiques (comme Nicolas Dupont-Aignan, ce dimanche), laissent entendre qu'un "deal" a été passé entre l'ancien chef de l'Etat et le sénateur-maire. En échange de son soutien ce dernier serait promis au poste de Premier ministre en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire puis à la présidentielle. "Soyons sérieux, vous avez des gens qui sont sous l'eau, on est en pleine mobilisation sociale, tout ça n'a aucun intérêt", a évacué François Baroin dimanche.

 Un front anti-Juppé
François Baroin aurait-il dû soutenir plus logiquement la candidature d'Alain Juppé ? C'est mal connaître l'inimitié tenace qui oppose les deux hommes depuis vingt ans. En juin 1995, Alain Juppé avait évincé le jeune ministre, alors porte-parole, de son gouvernement. Puis, en 2011, le maire de Bordeaux avait estimé froidement qu'il n'était pas taillé pour le ministère de Budget. Résultat : François Baroin n'est jamais avare d'une méchanceté sur Alain Juppé, qu'il décrit régulièrement comme un monstre froid. Il a enfoncé le clou ce dimanche : "Si la question est de savoir si avec Alain Juppé la confiance est mutuelle, la réponse est non. Il n’a pas confiance en moi, et je n’ai pas confiance en lui". De quoi galvaniser Nicolas Sarkozy, à la peine depuis des mois derrière le favori des sondages.

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