Pourquoi Macron aurait pu conseiller au jeune chômeur de rester dans son domaine, l'horticulture

Politique
EMPLOI - Interpellé par un jeune chômeur lors des Journées du patrimoine, Emmanuel Macron lui a expliqué qu'il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi dans la restauration. Pourtant, l'intéressé expliquait que son domaine, c'est l'horticulture. Un secteur... qui embauche.

Faut-il renier son cursus pour trouver un emploi ? Interpellé lors des Journées du patrimoine par un jeune chômeur formé dans le secteur de l'horticulture, Emmanuel Macron lui a suggéré, pour montrer qu'il y avait des offres non pourvues à foison, de postuler dans l'hôtellerie-restauration. "Je traverse la rue et je vous en trouve", a expliqué le chef de l'Etat, suscitant une nouvelle polémique. 


S'il est acquis que l'hôtellerie-restauration est un secteur qui recrute, le chef de l'Etat aurait tout aussi bien pu recommander à son interlocuteur de persévérer dans son domaine initial, moyennant, pourquoi pas, une formation complémentaire.

Filière en quête de "personnel qualifié"

En faisant abstraction du niveau de qualification de jeune demandeur d'emploi concerné - il n'a pas donné de détail sur son parcours -, un coup d’œil sur l'état de la filière laisse penser que cette dernière est loin d'être sinistrée au point de devoir absolument la quitter pour trouver un emploi.


Selon le baromètre Valhor (qui regroupe les professions de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage) publié fin 2017, les entreprises du secteur ont bénéficié de l'embellie économique, avec un chiffre d'affaires global en hausse (+5,5% sur un an). Conséquence : un taux d'embauche de 10,5% fin 2017, supérieur aux départs (8%), dont 36% d'embauche en CDI, 46% en CDD et 18% en apprentissage et en alternance. Ces embauches concernaient 58% d'ouvriers, 34% d'ouvriers qualifiés et 3% de cadres. 


Par ailleurs, 19% des entreprises indiquaient avoir cherché à embaucher de la main d'oeuvre sans y parvenir. Près de la moitié d'entre elles (48%) envisageaient d'embaucher au cours des six premiers mois de l'année 2018. Au deuxième poste des préoccupations affichées par les chefs d'entreprise : l'embauche de personnel qualifié. 

Embellie post-crise

Comme de nombreux secteurs, la filière horticole est sortie sinistrée de la crise. Selon un note publiée en septembre 2018 par l'Observatoire structurel de l'horticulture et de la pépinière ornementale de France AgriMer, près de 3000 emplois ont été perdus durant la crise. 


Mais la note confirme l'embellie économique dans la filière, 4 entreprise sur 10 envisageant un projet d'investissement à court terme et le chiffre d'affaire horticole par équivalent temps plein ayant progressé de 4% en 2017. On compte actuellement près de 3300 entreprises, pour plus de 18.000 emplois. Le secteur regroupant l'horticulture, la fleuristerie et le paysage représente 53.000 entreprises et 170.000 emplois. La principale préoccupation de la profession ne réside manifestement pas dans ses emplois, mais dans l'incapacité de ses entreprises à exporter


Des éléments à tempérer toutefois. Si l'on considère que le jeune interlocuteur d'Emmanuel Macron vit en région parisienne, on observe que le secteur n'y est pas le mieux loti. Selon Pôle emploi, on comptait en Ile-de-France, au cours des 12 derniers mois, 3 offres d'emploi d'horticulteurs pour 10 demandeurs. Les salaires pratiqués : de 1250 à 2200 euros bruts. 

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