"Poussière", "fuite d'eau", "sale"... quand les politiques s'oublient en évoquant les migrants

"Poussière", "fuite d'eau", "sale"... quand les politiques s'oublient en évoquant les migrants

DÉRAPAGES - En évoquant, à tort, ce dimanche l'absence d'accueil de migrants syriens par les pays voisins, Nicolas Dupont-Aignan s'est offert une belle sortie de route. Le patron de "Debout la France" n'est cependant pas le premier à s'oublier sur ce sujet sensible.

"Bombe migratoire" : par cette expression pas vraiment inspirée lors de son interview sur Sud Radio, dimanche 2 octobre le président du mouvement "Debout la France" et candidat souverainiste à l'élection présidentielle a poursuivi l'habitude prise par certains politiques, imités en cela par plusieurs médias, de faire usage d'une sémantique pas toujours adaptée quand il s'agit d'évoquer des êtres humains qui fuient la guerre.

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    Avant le député de l'Essonne, d'autres politiciens, à l'instar de Marion Maréchal-Le Pen, Nadine Morano ou encore Nicolas Sarkozy, ont aussi dérapé ou au moins commis des impairs au moment d'évoquer le cas épineux des migrants en France. Florilège...

    Nicolas Sarkozy et la fuite d'eau

    Le président du parti Les Républicains a revisité le champ lexical de la plomberie au moment d'évoquer l'afflux des migrants en Europe lors d'un meeting en juin 2015. "Dans une maison, il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine", avait-il illustré. "Le réparateur arrive et dit, j'ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, un quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas il reste la chambre des enfants". Une métaphore qui lui avait valu de nombreuses critiques de la part de ses adversaires politiques.

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      Jean-Christophe Cambadélis : "Il faut tarir, contenir et répartir"

      Là non plus, point question de denrées alimentaires ou de ressources en eau mais bien de l'arrivée massive de migrants sur le Vienx continent évoquée par le Première secrétaire du PS le 29 février dernier. Une intervention qui a eu lieu dans le cadre d'un débat au Bureau national où Jean-Christophe Cambadélis a énoncé quatre principes au sujet des réfugiés et de ceux qui les font passer : "Tarir, contenir, répartir et punir".

      Marion Maréchal-Le Pen : "On va éparpiller la poussière"

      Le 27 septembre dernier, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, la député FN du Vauluse s'est offusquée de la répartition des migrants de Calais en centre d'accueil sur le territoire, suite au démantèlement promis de la jungle. Mais sa colère, qui réduit les migrants à l'état de résidus, lui vaut d'être froidement reprise de volée par le présentateur. 

      Il ne s'agissait pas là d'une première puisque Marion Maréchal Le Pen s'était fendu d'une déclaration quasi-similaire sur France Info quelques jours plus tôt : "On cache la poussière sous le tapis! Ça veut dire qu'on va mettre ça dans les campagnes françaises alors que nous savons que les campagnes françaises sont déjà sinistrées". Un "ça" bien mal accueilli par le journaliste Guy Birembaun, qui avait repris aussitôt la benjamine des députés.

      Nadine Morano : "Paris devient sale" car "envahie" par les migrants

      "Paris envahie", ou encore "Paris devient sale", avait posté sur son compte Facebook Nadine Morano ajoutant qu'il s'agissait d'ailleurs d'"Une honte pour la France".  En réaction à l'arrivée de onze nouveau migrants de la jungle de Calais à Tatonville en janvier dernier, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy reprochait également au gouvernement de "répartir les immigrés en situation illégale sur tout le territoire et donc dans nos villages ruraux", ce qui revenait  "à répartir les problèmes sans les résoudre".  

      Patrick Devedjian : "Les Allemands nous ont pris nos Juifs, ils nous rendent des Arabes"

      Lors d'une conférence de presse à la préfecture de région d'Ile-de-France le 11 septembre 2015, Patrick Devedjian (Les Républicains) se voulait drôle en commentant l'arrivée en France de migrants syriens et irakiens venus d'Allemagne. Les Allemands "nous ont pris nos juifs, ils nous rendent des arabes" avait-il ainsi lancé. Une "plaisanterie" qui a été bien loin d'obtenir l'effet escompté, à savoir faire rire l'assistance. Pas drôle. Patrick Devedjian s'est rapidement confondu en excuses à travers un tweet au sujet de "cette boutade humoristique [...] effectivement déplacée.Je la regrette d'autant plus que j'organise moi-même l'accueil des malheureux réfugiés".

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