Prélèvement à la source : les atermoiements déroutants du gouvernement

DirectLCI
TERGIVERSATIONS - Le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a beau affirmer que le prélèvement à la source entrera en vigueur le 1er janvier 2019, Emmanuel Macron se montre moins catégorique. Un report voire un abandon est bel et bien envisageable.

Officiellement, le prélèvement à la source doit être mis en place au 1er janvier 2019. Initialement prévu pour janvier 2018, Emmanuel Macron a fait le choix quelques semaines après son élection de reporter cette réforme d’un an afin de mieux la préparer et ainsi éviter tout bug lors de sa mise en vigueur. 


Mais à quatre mois de la date prévue, le gouvernement pourrait reculer une nouvelle fois. Dimanche dans le JDD, Edouard Philippe ne s’est pas montré catégorique sur une mise en œuvre au 1e janvier 2019. "Nous ferons le point sur la préparation de cette réforme dans les prochaines semaines", explique le Premier ministre, sans donner plus de détails.


Quelques jours plus tard, il a cependant été contredit par son ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui a exclu tout nouveau report. "Nous ferons la réforme de l'impôt à la source et fin janvier de l'année prochaine les Français paieront leur impôt à la source", a-t-il affirmé mercredi matin sur Europe 1. A ses yeux, la réforme est sur de bons rails et "il n'y a aucun bug administratif ou informatique" qui justifierait un nouvel ajournement. 

Macron veut "des réponses précises"

Face à ces contradictions, Emmanuel Macron a jugé judicieux ce jeudi de clarifier la situation. La date du 1er janvier 2019 est théoriquement maintenue mais un report est bel et bien envisageable. "C'est aujourd'hui ce qui est prévu. Et au moment où la décision sera prise, les annonces se feront mais je ne peux pas le faire avant parce que c'est un sujet vraiment de méthode et d'exécution, et donc il est normal que nous nous assurions que tous les détails sont bien clairs", a-t-il expliqué depuis la Finlande. 


Avant toute décision finale, le président de la République a dit avoir besoin "d'une série de réponses très précises et d'être sûr de ce que nos concitoyens vivront le jour où on le mettra en place, si on décide de le mettre en place". En clair, l'Élysée veut éviter toute défaillance lors de la mise en place du prélèvement à la source, et c'est pourquoi il veut se donner encore quelques semaines avant de sceller définitivement la date du 1er janvier 2019 dans le marbre. Selon le Canard Enchaîné, Emmanuel Macron "se donne jusqu'au 15 septembre" pour éventuellement décider d’un nouveau report.


En réponse à ses interrogations, la direction générale des Finances publiques a posté un tweet quelques minutes à peine après la déclaration du chef de l'État en indiquant que "toutes les réponses à toutes ses questions lui seront apportées et que le calendrier sera tenu". Un tweet qui a cependant été effacé moins d'une heure après sa publication.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter