Près de 500 milliards : comment se décompose la "facture" du coronavirus pour la France ?

Le chef de l'Etat en visite dans une usine de Valeo dans le Pas-de-Calais le 26 mai
Politique

ECONOMIE - Lors de son message adressé aux Français dimanche, le président de la République a loué l'implication de l'Etat pour permettre à l'économie française à surmonter le difficile cap du coronavirus. Des aides publiques qu'Emmanuel Macron a estimé à 500 milliards d'euros au total. Retour sur le détail de toutes ces mesures.

"Depuis le premier jour de la crise, notre mobilisation est totale. 'Quoiqu’il en coûte' : tel était l’engagement que j’avais pris devant vous dès le mois de mars." Lors de son allocution aux Français ce 14 juin, le chef de l'Etat s'est félicité de l'investissement de l'Etat pour soutenir l'économie du pays durant la crise du coronavirus, cela peut importe le prix. "Au total, nous avons mobilisé près de 500 milliards d’euros pour notre économie, pour les travailleurs, pour les entrepreneurs, mais aussi pour les plus précaires. (...) Dans combien de pays tout cela a-t-il était fait ? C’est une chance et cela montre la force de notre Etat et de notre modèle social", se targue Emmanuel Macron.

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Chômage partiel : 31 milliards d'euros

Le système d'indemnisation du chômage partiel permet à une entreprise de gérer une baisse d'activité ponctuelle sans avoir à licencier ses salariés. Ainsi, depuis le début du confinement, l'allocation forfaitaire versée par l'Etat est proportionnelle à la rémunération des salariés placés en chômage partiel, dans la limite de 4,5 Smic. Elle atteint 84% du salaire net, soit 70% du salaire brut. 

Dans ces conditions, le chômage partiel a été largement sollicité par les employeurs. Ainsi, plus d'un million d'entreprises avaient déposé des demandes d'activité partielle pour près de 10 millions de salariés. Si ce dispositif généreux a sans doute évité de nombreux licenciements, la facture est salée pour l'Etat : 31 milliards d'euros.

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Coûts exceptionnels de santé : 8 milliards d'euros

Sans surprise, le secteur de la Santé a nécessité une rallonge budgétaire pour surmonter l'arrivée du coronavirus. Lors du conseil des ministres du 15 avril, le gouvernement a annoncé le vote d'une provision de 8 milliards d’euros pour les "dépenses exceptionnelles de santé pour faire face à l’épidémie, notamment les matériels et les masques, les mesures sur les indemnités journalières et le jour de carence ainsi que les rémunérations exceptionnelles pour le personnel soignant et une première tranche des surcoûts".

Fonds de solidarité : 8 milliards

Dès les premiers instants de la crise, Bercy, en partenariat avec les régions, a décidé de constituer un fonds de solidarité destinée aux TPE, aux indépendants et aux micro-entrepreneurs qui subissent une interdiction d’accueil du public. "L'impact de la crise sur le chiffre d'affaire est calculé par rapport à celui de l'an dernier sur la même période. Si l’entreprise remplit les conditions d’octroi de l’aide (...), elle percevra automatiquement une aide défiscalisée couvrant sa perte de chiffre d’affaires et allant jusqu’à 1.500 euros", explique Bercy sur son site. Ce dispositif a été prolongé pour le mois de juin.

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Prêts garantis par l'Etat : 300 milliards d'euros

Le gouvernement, appuyé par la Fédération des banques françaises et BPI France, a lancé fin mars un vaste programme de 300 milliards d'euros appelé PGE, pour prêts garantis par l'Etat. Dispositif toujours en application, l'objectif est de soulager les trésoreries pour éviter les faillites en cascade. 

"Jusqu’au 31 décembre prochain, les entreprises de toutes tailles, quelle que soit leur forme juridique (société, commerçants, artisans, exploitants agricoles, professions libérales, micro-entrepreneurs, associations et fondations ayant une activité économique, etc.) pourront demander à leur banque habituelle un prêt garanti par l’État pour soutenir leur trésorerie", explique BPI France. Un prêt qui peut représenter jusqu'à  3 mois de chiffre d'affaires, ou deux années de masse salariale pour les entreprises nouvelles ou innovantes. 

Report de charge : 56 milliards

La somme est également très importante. Bercy a décidé du report d’échéances fiscales et sociales, ainsi que du remboursement anticipé de crédits d’impôts. Un geste qui représente 56 milliards d'euros. Le report des cotisations sociales payables auprès de l’Urssaf a été vécu comme une véritable bouffée d'oxygène pour les entreprises qui ont connu une chute immédiate de leur chiffre d'affaire. La date de paiement de ces cotisations est ainsi reportée d’office jusqu’à 3 mois dans l’attente de convenir aux modalités de leur règlement. Les éventuelles pénalités de retard sont évidemment suspendues durant cette période.

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Prévenir une crise sociale : 900 millions d'euros

Afin d'éviter que les crises sanitaire et économique du coronavirus ne s'accompagnent d'une crise sociale, Emmanuel Macron a annoncé dans son allocution du 13 avril le versement d’une aide exceptionnelle aux foyers les plus modestes. Comme le détaille le ministère de la Cohésion des territoires, les foyers allocataires du RSA ou de l’ASS ont perçu une aide de 150 euros, à laquelle s’ajoute 100 euros supplémentaires par enfant à charge. Egalement, toutes les familles bénéficiaires des APL qui ne touchent pas le RSA ou l’ASS bénéficieront d’une aide de 100 euros par enfant à charge. En tout 4,1 millions de foyers, dont près de 5 millions d’enfants, ont bénéficié de cette aide exceptionnelle de solidarité versée en une fois, le 15 mai 2020, automatiquement par les CAF. Coût total du dispositif : 900 millions d'euros. 

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Aides directes aux entreprises en difficulté : 21 milliards

Ce sont 20 milliards d'euros qui ont été accordés pour le renforcement des participations financières de l’Etat dans les entreprises en difficulté. Un montant important instauré par la loi de finances rectificative pour 2020 adoptée le 25 avril. L'Etat s'inquiétait de la chute vertigineuse de la valeur des parts détenues au sein de grandes entreprises comme Renault, Air France, ADP ou encore Airbus. 

Le milliard restant provient du Fonds de développement économique et social (FDES) qui permet à l'État de consentir des prêts à des entreprises à des taux inférieurs au marché afin de favoriser le développement économique et social pour l'aménagement du territoire. Dans le cadre de la crise du coronavirus, le gouvernement a abondé de 1 milliard d'euros le FDES pour les "entreprises fragiles". 

Soutien à l'exportation : 5 milliards d'euros

Une enveloppe de 5 milliards d'euros a été accordée aux entreprises françaises sous forme de crédit-export afin de les aider à surmonter la chute brutale des exportations dans de nombreux secteurs, notamment à cause de la fermeture des frontières et du ralentissement soudain de l'économie mondiale. "En renforçant notre soutien financier et notre accompagnement à l’international, nous souhaitons aider les entreprises à traverser cette période difficile et à préparer la reprise dès que les conditions sanitaires seront réunies", déclarait fin mars Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. 

Assurance-crédit : 8 milliards d'euros

La France a créé un fond de garantie spécial en faveur de l'assurance et du crédit pour un montant total de 8 milliards d'euros. Mais une telle mesure dérogeant aux règles du marché commun, le gouvernement a du sollicité l'aval de la Commission européenne, garante des traités. "Nous continuons d'œuvrer étroitement avec les États membres pour faire en sorte que des mesures nationales de soutien puissent être mises en place de manière coordonnée et efficace, dans le respect des règles de l'UE", précisait Bruxelles en avril. 

Solidarité européenne : 4,7 milliards d'euros

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