Présidence de l'Assemblée : après l'abandon de Yaël Braun-Pivet, trois candidats LaREM défient encore Richard Ferrand

SUCCESSION - Le départ de François Rugy au gouvernement a déclenché une guerre de succession au sein de La République en marche pour la présidence de l'Assemblée. Malgré les précautions prises par Richard Ferrand pour s'imposer comme favori, trois députés de la majorité, dont deux femmes (après l'abandon de Yaël Braun-Pivet), lui contestent cette position. Dans l'opposition, deux femmes comptent aussi se présenter.

Il n'avait pas attendu l'officialisation de François de Rugy au ministère de la Transition écologique et solidaire pour faire connaître ses ambitions à ses collègues. Richard Ferrand, soutien de poids d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, entendait jouer de son poids de président du groupe LaREM pour s'imposer immédiatement comme le candidat naturel à la présidence de l'Assemblée nationale. Le nom de Gilles Le Gendre circulait quant à lui déjà pour le remplacer à la tête du groupe parlementaire. 


Cette position d'archi-favori n'a pourtant pas intimidé certains collègues de la majorité. En moins de 24 heures, quatre candidatures ont émergé pour proposer une alternative à l'élection de l'ancien député socialiste, très proche du chef de l'Etat. L'une d'elles, Yaël Braun-Pivet, a toutefois annoncé qu'elle abandonnait jeudi après-midi. 

La volte-face de Yaël Braun-Pivet

La députée de l'Isère Cendra Motin, inconnue du grand public, a été la première à porter le fer contre le patron du groupe LaREM, avec un angle d'attaque assez frontal. Sur LCI, cette parlementaire novice en politique a expliqué que l'éphémère ministre de la Cohésion des territoires, qui avait dû quitter le gouvernement dès le début du quinquennat en raison de l'enquête sur les Mutuelles de Bretagne, ne pouvait pas incarner le changement revendiqué par son mouvement politique. 

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Pour Cendra Motin, Richard Ferrand n'incarne pas le renouveau

Jugeant que Richard Ferrand avait pour qualité "son expérience politique", la députée estime surtout que les Français ont voté, lors des dernières législatives, "pour de nouveaux visages à l'Assemblée", et que "c'est important que ce renouveau se voit au niveau de la présidence". Une façon de rappeler que Richard Ferrand a occupé son premier mandat d'élu local il y a vingt ans et qu'il est député depuis 2012. 


Offensive encore plus musclée de la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, elle aussi issue de la "société civile", qui s'est fait connaître en présidant la commission d'enquête dans l'affaire Alexandre Benalla. "Richard Ferrand est un excellent président de groupe", a-t-elle expliqué sur RTL ce jeudi matin, mais "il n'est pas à la hauteur des aspirations de renouvellement". "Il incarne une certaine continuité", a-t-elle insisté. "Il ne peut pas incarner le renouvellement des pratiques car il ne fait pas partie de ces personnes appelées, parmi les Français, à renouveler la politique." Des propos qui n'ont toutefois pas empêché la députée de se retirer de la course, jeudi après-midi, pour... rallier Richard Ferrand. 

Pompili dans les pas de Rugy

Une troisième femme s'est portée candidate pour le Perchoir. La députée Barbara Pompili, élue expérimentée, ancienne secrétaire d'Etat chargée de la Biodiversité sous François Hollande. Celle qui a aussi co-dirigé le groupe écologiste à l'Assemblée avec François de Rugy sous la précédente législature s'inscrit précisément dans les pas de l'ancien président de l'Assemblée nationale, partageant ses vues sur l'écologie, mais aussi sur le rôle du Parlement, qui doit être "renforcé" selon elle. Des positions qui lui valent d'ailleurs le soutien du député LaREM Matthieu Orphelin, un proche de l'ancien ministre Nicolas Hulot, et de François-Michel Lambert, un macroniste issue de la même mouvance que François de Rugy. Invitée sur LCI ce jeudi midi, elle a également renvoyé Richard Ferrand à sa qualité d'ancien. "L’heure est venue, il faut que ça change", a-t-elle lancé, ajoutant que l'élection d'une femme à la présidence de l'Assemblée serait une "belle opportunité qui servira le message porté" par Macron.

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Pompili sur LCI : une femme au Perchoir serait "une belle opportunité qui servira le message porté" par Macron

Le cinquième candidat déclaré, Philippe Folliot, est sur un autre registre. Député du Tarn depuis 2002, issu de l'UDI, il se revendique comme "le seul député de l'ex-opposition à avoir rejoint le candidat Emmanuel Macron avant le premier tour de l'élection présidentielle". Son créneau est moins le "renouvellement" que d'incarner "une candidature de rassemblement", au service d'un travail "collectif apaisé et exemplaire". 

Vote à bulletin secret

Si Richard Ferrand semble toujours, à ce stade, considéré comme le grand favori, et que les voix dissidentes se font rares au sein de la majorité présidentielle, ses concurrents comptent sur une chose : la désignation du candidat LaREM à la présidence de l'Assemblée nationale, lundi, se fera à bulletin secret. 


L'élection du nouveau président de l'Assemblée nationale est prévue le 12 septembre. Dans l'opposition, la députée LR du Doubs Annie Genevard a fait savoir jeudi qu'elle était candidate elle aussi au Perchoir. Mathilde Panot, député LFI du Val-de-Marne, est également sur les rangs. 

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L’affaire Richard Ferrand

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