Une femme au Perchoir ? Quand les députés LaREM hésitent

Une femme au Perchoir ? Quand les députés LaREM hésitent
Politique

SYMBOLE - Faut-il remplacer François de Rugy par une femme à la présidence de l'Assemblée nationale ? Pour beaucoup de députés de la République en Marche, Richard Ferrand a le profil idéal, mais d'autres s'interrogent, et certains plaident même pour profiter de l'occasion et "recommencer à incarner le renouvellement".

Ils sont désormais quatre députés de la majorité à candidater au "perchoir", le surnom de la présidence de l'Assemblée nationale, après le retrait ce jeudi de la candidature de Yaël Braun-Pivet, la présidente de la Commission des lois. Le favori et actuel président des députés LaREM, Richard Ferrand, aura face à lui, lors du vote interne au groupe de lundi, Philippe Foliot, Cendra Motin et Barbara Pompili. 

Mais sur le chemin censé mener le député du Finistère au poste de quatrième personnage de l'État, la question se réinvite dans le débat : ne serait-il pas temps de nommer la première femme présidente de l'Assemblée nationale ?

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Quelques heures avant de jeter l'éponge, Yaël Braun-Pivet s'était illustrée par ses critiques envers Richard Ferrand, sur RTL : "On ne peut pas lui contester cette volonté de renouveler les pratiques, mais il ne peut pas l'incarner", ajoutant que si Ferrand est élu, "on ne tient pas la promesse". Tout en réfutant de vouloir accéder au perchoir pour le seul fait d'être une femme, les trois candidates ont en effet placé leur candidature sous le signe du renouvellement, faisant presque apparaître en creux Richard Ferrand comme un représentant du "vieux monde", lui qui est élu depuis 1998 et député depuis 2012.

"Après cette rentrée compliquée, il faut qu'on recommence à incarner le renouvellement", abonde le député du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, contacté par LCI. Ce proche de Nicolas Hulot est l'un des seuls élus de la majorité à soutenir ouvertement un autre candidat que Richard Ferrand, en l'espèce Barbara Pompili. Tout en rappelant que le groupe LaREM est le premier de l'histoire à être paritaire et majoritaire, Matthieu Orphelin veut "aller plus loin en élisant une femme au perchoir". 

Le renouvellement des visages, ça veut tout dire et rien dire- Coralie Dubost

Sans oublier de défendre le projet de Pompili pour l'Assemblée et son profil écolo plus marqué, Matthieu Orphelin voit dans l'actuel jeu de chaises musicales causé par le départ de Nicolas Hulot une "formidable opportunité" et invite à "ne pas sous estimer l'importance du symbole". L'autre candidate féminine, la députée de l'Isère Cendra Motin, reprend à son compte cet argument. À l'image de Yaël Braun-Pivet, elle a lancé mercredi que "Richard Ferrand n'est pas identifié au renouveau en politique". Un renouveau qui, selon elle, doit être celui "des visages et des pratiques". Un renouvellement des visages qu'Emmanuel Macron avait lui même appelé de ses vœux en début de mandat...

"Le renouvellement des visages, ça veut tout dire et rien dire", rétorque Coralie Dubost, la députée de l'Hérault qui, elle, soutient la candidature de Richard Ferrand, avec beaucoup d'autres élues LaREM, comme Laetitia Avia, Emilie Guerel ou Amélie de Montchalin. Contactée par LCI, la vice-présidente du groupe macroniste estime que le renouvellement est fait, et qu'il faut "un peu de maturation" pour prétendre accéder à la présidence de l'Assemblée. Quant à Barbara Pompili, aussi députée depuis 2012, elle "incarne moins l'ADN de la République en Marche" et est arrivée dans le mouvement "tardivement", comparée à Richard Ferrand, tacle l'élue héraultaise.

Ces députés qui hésitent encore

Pour Coralie Dubost, soutenir Ferrand n'est pas synonyme de renoncement. "Le discours a toujours été de mélanger l'ancien et le nouveau", argue-t-elle, glissant qu'en cas d'élection de Ferrand, "il peut se passer d'autres choses" pour la présidence du groupe, occupée jusqu'ici par ce dernier. Et de conclure : "certains s'interrogent, c'est normal". 

Ceux qui s'interrogent, Céline Calvez en fait partie. Contactée par LCI, la députée des Hauts-de-Seine et membre de la délégation aux droits des femmes de l'Assemblée confie ne pas encore savoir à qui ira sa voix lundi."Je suis issue de la politique paritaire d'En Marche dès le début", se souvient-elle, tout en refusant de faire de la féminisation un "principe aveugle". Pour elle, "c'est une occasion de féminiser mais ça ne doit pas être une fin en soi". Reconnaissant aux candidates au perchoir "d'autres qualités que le seul fait d'être des femmes", Céline Calvez fait partie de ces élus de la majorité qui n'ont pas encore trouvé l'équilibre entre nécessité du renouvellement et impératif de "tenir l'institution". Il leur reste quelques jours : le nom du prochain patron du Palais Bourbon sera connu le mercredi 12 septembre à l’issue d’un vote de l’ensemble des députés.

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