"Nous ne sommes plus en capacité de faire campagne" : des élus locaux de la droite et du centre appellent Fillon à se retirer

Politique
STOP - Dans une tribune publiée jeudi sur le site de "l'Opinion" et transmise à l'AFP, des maires Les Républicains et UDI demandent "solennellement" à François Fillon de renoncer à sa candidature. "Nous attendons qu'il prenne ses responsabilités et que notre formation politique prenne ses responsabilités", explique sur LCI Arnaud Robinet, député-maire LR de Reims et signataire du texte.

"La base, elle, tient", "je m'appuie sur les Français", clamait encore jeudi soir François Fillon lors d'un meeting à Nîmes, assurant qu'il "ferait sans" les élus Les Républicains qui décideraient de le lâcher. Quelques heures plus tôt, une quinzaine d'entre eux lui demandaient "solennellement" de se retirer de la course à l'Elysée. Dans une tribune, publiée sur le site de L'Opinion et transmise à l'AFP, maires et élus locaux Les Républicains et UDI estiment que "les conditions ne paraissent plus réunies pour que notre candidat puisse porter sereinement notre projet et nos valeurs". 

"Nous risquons de connaître, soit une prolongation des années Hollande, soit l'élection de Marine le Pen. C'est une alternative que nous ne pouvons pas laisser advenir sans réagir", écrivent-ils dans la tribune. Et "si, hier, la primaire légitimait un homme et son programme, aujourd'hui un pacte moral a été rompu (...) Les Français exigent de la transparence et le respect de la parole donnée", ajoutent les signataires. Parmi eux figurent Jean Rottner, maire de Mulhouse, Arnaud Robinet, député-maire de Reims, Catherine Vautrin, députée et présidente de Reims Métropole, Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, Laurent Hénart, maire de Nancy, Valérie Debord, vice-présidente du Conseil régional du Grand-est, Virginie Duby-Muller, députée et conseillère régionale de Rhône-Alpes.

La solution, c'est François Fillon qui l'a entre ses mainsArnaud Robinet sur LCI

Convaincus que la "situation est exceptionnellement grave et menace d'une instabilité durable nos institutions et notre cohésion nationale", ces "élus issus du terrain et de la proximité" pensent cependant être en mesure "dans le temps qui nous sépare des échéances, d'impulser un débat de fond qui puisse mettre la droite et le centre en situation de l'emporter". "Aujourd’hui, nous n’avons plus la capacité de faire campagne convenablement et sereinement sur le terrain. Parce que nous sommes aujourd’hui à la merci de ce feuilleton judiciaire en série et que nous ne pouvons plus parler de fond", explique sur LCI Arnaud Robinet. 

Cet appel à François Fillon ne serait-il pas un appel du pied à Alain Juppé ? Non, assure-t-il. "Nous ne citons personne. Nous ne voulons pas faire partie des curies et faire croire que cet appel est monté pour tel ou tel candidat", affirme Arnaud Robinet. Les signataires de ce texte réclament ainsi la réunion d'un bureau politique du parti "le plus rapidement possible pour décider de façon collective de la suite à donner à cette campagne présidentielle". Et de conclure : "La solution, c'est François Fillon qui l'a entre ses mains. Lui seul aujourd’hui peut décider de se retirer de la campagne présidentielle. Nous attendons qu’il prenne ses responsabilités et que notre formation prenne ses responsabilités". Le message est passé.

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