Présidentielle 2017 : la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe pèse sur la campagne

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Cent jours après le vote en faveur du Brexit, le congrès du parti conservateur britannique s'ouvre ce dimanche 2 octobre et la Première ministre Teresa May doit y préciser le calendrier de la sortie de la Grande Bretagne de l'Europe. Un événement suivi par les candidats à la présidentielle française puisque les conséquences du Brexit pourraient jouer un rôle majeur sur le prochain scrutin.

Le congrès du parti conservateur britannique s'ouvre ce dimanche à Birmingham. L'occasion pour la nouvelle Première ministre Ministre Teresa May de donner le cap vers la sortie de la Grande Bretagne de l'Europe. Car cent jours après le vote en faveur du Brexit, la situation n'a pas beaucoup évolué. Tout le monde retient son souffle avant le déclenchement des hostilités. 


Les Anglais espèrent toujours pouvoir négocier leur départ, les restrictions à la libre circulation des Européens, en même temps qu'un nouvel accord commercial et financier avec l'Europe.Mais les Européens, y compris les Allemands, ne sont pas d'accord. Une chose est sûre : la  manière dont le Brexit s'organise aura des conséquences importantes sur la présidentielle en France. Deux questions sont en jeu: Un pays peut-il quitter l'Europe sans en subir les conséquences ? Et Paris peut-il remplacer Londres comme place forte de la finance en Europe ?

Si d'ici à mai prochain, les Anglais passent l'épreuve sans trop de dommages, le discours de Marine Le Pen sur l'indépendance à l'égard de l'Europe sera renforcé.Olivier Mazerolle, éditorialiste LCI

A la première question, la candidate du FN, Marine Le Pen, répond oui, sans hésiter. Mais pour le moment, il est difficile de se prononcer et chacun s'observe. Car finalement, le Brexit n'a  pas réellement commencé. Les Anglais sont toujours membres à par entière de l'Union Européenne. Mais l'incertitude pèse sur la suite. Si les Anglais se voient interdire le libre accès au marché européen, de nombreuses entreprises, étrangères, mais aussi britanniques, se déclarent prêtes à déménager sur le Continent. Le choc sur l'emploi et l'économie du pays serait très brutal. L'exemple britannique aura évidemment des répercussions sur la présidentielle française. Si d'ici à mai prochain, les Anglais passent l'épreuve sans trop de dommages, le discours de Marine Le Pen sur l'indépendance à l'égard de l'Europe sera renforcé. Dans le cas inverse, elle pourrait passer pour une aventurière dangereuse.

Paris, la future City ?

Autre conséquence possible du Brexit, l'impossibilité pour la City, la place forte de la finance mondiale, de continuer à vendre ses produits en Europe. Paris voudrait bien devenir la nouvelle City. Mais pour y parvenir, il faudrait une véritable révolution culturelle en France. La City à Londres, ce n'est pas seulement un quartier, c'est une planète monde avec des salariés venus de tous les continents. A Londres, on aime la finance, on ne déteste pas les riches. C'est dans la culture britannique, pas dans la culture française. 

Pour convaincre la City de venir à Paris plutôt qu'a Dublin, Amsterdam ou Francfort, il faudrait que le prochain président de la République fasse un ménage de fond en comble.Olivier Mazerolle, éditorialiste LCI

Dans la City, les étrangers sont les bienvenus, jugés sur leurs compétences. Le patron de la bourse est un Français. En France, il faudra convaincre nos inspecteurs des finances et autres énarques d'abandonner leur chasse gardée à la tête des banques et des organismes financiers. La finance c'est la mobilité, la réactivité, l'embauche et le licenciement facile. L'idée d'avoir à négocier les contrats de travail avec Philippe Martinez ou Jean-Claude Mailly ne fait pas rêver les financiers. Pas plus que l'ingéniosité de Bercy à multiplier les mesures fiscales plus incompréhensibles les unes que les autres, ne les enchantent. Pour convaincre la City de venir à Paris plutôt qu'a Dublin, Amsterdam ou Francfort, il faudrait que le prochain président de la République fasse un ménage de fond en comble. On n'y est pas encore !

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