Nathalie Saint-Cricq après le débat Macron-Le Pen : "C’est quand je suis sortie du plateau que j’ai réalisé la violence"

DÉBRIEF – Nathalie Saint-Cricq, la chef du service politique de France 2, a animé, avec Christophe Jakubyszyn de TF1, le débat de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen mercredi soir. Critiquée et même moquée sur les réseaux sociaux, elle livre son point de vue.

Fallait pas l’inviter ! C’est, en substance, ce que répond Nathalie Saint-Cricq à ceux qui l’ont abondamment critiquée, ainsi que Christophe Jakubyszyn, après qu'elle a co-animé le débat de l’entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen diffusé en direct mercredi soir sur TF1, France 2 et LCI. Apparue aux yeux de certains dépassée, adoptant parfois des postures d’institutrice, peinant le plus souvent à calmer les ardeurs dispersées des deux candidats, la chef du service politique de France 2 pointe l'attitude de la candidate frontiste, ce jeudi dans TV Mag, se disant "frustrée" mais pas "dépitée".

"C’est un débat organisé par TF1 et France 2 mais encadré par le CSA. Nous n’avons pas le droit d’intervenir. Nous ne pouvons pas poser de questions anglées. Mon interrogation sur le code du travail était déjà limite... ", argue-t-elle ainsi. Avant de dresser ce constat, sans appel : "On a sous-estimé un débat avec le Front national. Ce n’est pas un parti comme un autre. Marine Le Pen l’a encore prouvé. On ne peut définitivement pas traiter le Front national comme un autre."

La journaliste livre aussi, au passage, les coulisses du duel, décrivant deux protagonistes qui se sont longuement fixés droit dans les yeux avant le début du débat : "Ils sont entrés en plateau dix minutes avant le direct. Ils ont posé pour une photo puis se sont installés à leur place. Trois minutes avant le générique, ils étaient dans une défiance souriante. Du genre : ‘Tu vas voir ce que tu vas voir’".

Sur les critiques dont elle a fait l’objet, elle rappelle : "En 2012, on avait comparé la présentation de Laurence Ferrari et David Pujadas à un film muet, alors..." Alors elle aurait été critiquée quoi qu'il en soit, croit-on comprendre. Enfin, elle admet n’avoir pas perçu dans l’instant la réalité de ce qui se déroulait sous ses yeux : "C’est quand je suis sortie du plateau que j’ai pris conscience de la violence. Mon entourage était choqué. Quand j’ai revu les images sur LCI à 2h du matin aussi... Marine Le Pen n’était que dans l’attaque. Dès le départ. C’était extrêmement destructeur pour elle."

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