Présidentielle 2017 : quand la crise en Guyane s’intercale dans la campagne (et que le gouvernement s’énerve)

IMMIXTION – La crise en Guyane a fait réagir nombre de candidat à l’élection présidentielle, qui, pour la plupart, déplorent l’(in)action du gouvernement. Dans une déclaration commune, les ministres de l’Intérieur et des Outre-mer dénoncent "une instrumentalisation politique".

La crise en Guyane s’invite dans la campagne. Alors que la grève générale votée samedi doit débuter ce lundi dans le département ultramarin, la plupart des candidats à l’élection présidentielle se sont emparés du sujet. S’ils n’ont pour l’heure pas tous été prolixes en termes de proposition concrètes pour les outre-mer, certains – François Fillon, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan en tête – n’ont cependant pas manqué l’occasion pour critiquer l’action gouvernementale.


"C'est un gouvernement de trouillards", a ainsi lancé le leader de Debout la France, s’en prenant directement à la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. Une cible également choisie par Marine Le Pen, qui a également dénoncé le "service cruellement minimum" des gouvernements successifs vis-à-vis de la Guyane. "Cette situation est la conséquence de l'échec de la politique de François Hollande", a accusé de son côté François Fillon.

En déplacement à La Réunion et à Mayotte depuis samedi, Emmanuel Macron a pour sa part appelé les Guyanais à "revenir à la raison et au calme" et a plaidé pour la mise en place du "traitement différencié", à savoir que chaque Dom-Tom ait sa propre réglementation. Jean-Luc Mélenchon, qui tenait meeting à Rennes, a lui lu une lettre du collectif "Sauvons la Guyane" (voir la vidéo ci-dessous) adressée à François Hollande. Pour le candidat de "La France Insoumise", le département ultramarin est "le symbole grossi comme par une loupe de ce qui se passe ici en métropole".


Dernier des principaux candidats à s’exprimer sur le sujet, Benoît Hamon a de son côté jugé dans un communiqué que la Guyane avait "le droit à l'égalité et à la sécurité". Il a aussi plaidé pour qu’"un dialogue fécond" puisse "s'établir entre le mouvement social et les représentants de l'Etat pour arriver à la définition d'un plan de rattrapage ambitieux et concret". 

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L'intégralité de la lettre du collectif "Sauvons la Guyane" à François Hollande, lue par Jean-Luc Mélenchon

Le candidat socialiste n’était sans doute pas visé, mais certaines ne ces prises de position n’ont pas du tout été du goût de l’exécutif. Via une déclaration commune (voir le tweet ci-dessous), les ministres de l’Intérieur, Mathias Fekl, et des Outre-mer ont déploré "l’invective, l’outrance et l’approximation" de "candidats qui ne semblent découvrir les outre-mer qu’à l’occasion des campagnes électorales". 


Dénonçant "une instrumentalisation politique visant à masquer les débats de fond dont la France, les outre-mer en général, et la Guyane en particulier, ont cruellement besoin", les deux ministres ont pour l’instant renvoyé la balle à la mission interministérielle dépêchée sur place par le chef du gouvernement Bernard Cazeneuve. À moins d’un mois du premier tour de la présidentielle, 

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VIDEO - Le Grand Jury : François Baroin sur la situation en Guyane

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