Présidentielle 2017 : Sarkozy abandonne-t-il vraiment le ni-ni ?

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MISE AU POINT - Nicolas Sarkozy a donné sa décision de vote au cas où il y aurait un second tour entre François Hollande et Marine Le Pen en 2017. Il voterait contre le FN. Alors comment comprendre cette prise de position ? Faut-il y voir un changement de stratégie électorale ?

Premièrement, pourquoi Nicolas Sarkozy fait-il cette réponse ?  Tout simplement parce qu’il ne peut pas faire autrement.  D’abord, il ne peut pas dire qu’il voterait Marine Le Pen, ce serait un suicide politique.  Mais il ne peut pas non plus rester neutre car refuser de voter François Hollande serait soutenir indirectement le Front national.  Donc il affirme du bout des lèvres qu’il voterait pour la gauche. 


Secundo, cette déclaration signifie-t-elle un abandon du ni – ni pour les sarkozystes, comme le dit le directeur de campagne d’Alain Juppé ?  Non.  Car il ne faut pas confondre la présidentielle et les autres élections locales. Lors des départementales et des régionales, Nicolas Sarkozy ne voulait pas appeler à voter à gauche contre le FN. Mais là, on est dans le cas d’une élection présidentielle, la mère des batailles. Ce n’est pas rien. Donc là, Nicolas Sarkozy a le choix entre les partis de gouvernement de droite ou de gauche, ou le Front national, et bien, dans cette hypothèse, il choisirait François Hollande. Mais Nicolas Sarkozy n’a pas dit qu’il abandonnait le "ni ni" pour les autres élections.

Nicolas Sarkozy veut être très à droite pour la primaire

Troisième, pourquoi il y a un tel écho à cette phrase ? Parce qu’elle révèle toute la difficulté de cette primaire à droite pour Nicolas Sarkozy.  En réalité, une présidentielle c’est désormais quatre tours : deux pour la primaire et deux pour la présidentielle.  Et on n’adopte pas forcément la même stratégie dans les deux cas.  


Nicolas Sarkozy veut être très à droite pour la primaire mais lorsqu’on lui pose une question sur la présidentielle, il est obligé de dire qu’il voterait pour François Hollande. Et cela ne va pas forcément plaire à son noyau dur car, en cas de second tour entre la gauche et le FN, la nouveauté, désormais, c’est qu’une grande partie des électeurs de droite serait prête à voter pour le FN.  On l’a vu dans des élections partielles, et cette réalité est la nouveauté de la France de 2016. 

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JT 20H – Chassé croisé : Sarkozy et Juppé font campagne à Marseille

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