Présidentielle 2022 : la proposition du droit de vote à 16 ans refait son apparition à gauche

Présidentielle 2022 : la proposition du droit de vote à 16 ans refait son apparition à gauche

DÉMOCRATIE - A six mois du scrutin, les candidats de gauche à l'élection présidentielle promettent tous d'instaurer le droit de vote à 16 ans s'ils sont élus, pour lutter contre l'abstention et dynamiser la vie démocratique. Une proposition qui revient à intervalle régulier lors des scrutins.

Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon l'ont inscrit dans leur programme. À six mois de l'élection présidentielle, le vieux débat autour du droit de vote à 16 ans refait surface. Samedi dernier, lors de son meeting lillois, la candidate socialiste a remis cette idée sur la table pour "redonner envie de démocratie" et lutter contre l'abstention. La gauche pense que pour faire adhérer les jeunes à la vie démocratique et politique il faut leur donner la possibilité de voter. Et ça tombe bien, puisqu'il s'agit d'un électorat qui lui est réputé favorable - même si les derniers sondages relativisent largement cette idée. 

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Le débat relancé au sein de la majorité

De leur côté, Les Républicains et Marine Le Pen (RN), candidate la plus plébiscitée par les 18-25 ans en 2017, ne souhaitent pas voir voter les jeunes entre 16 et 18 ans. Quid de la majorité présidentielle ? Là aussi, le débat a été relancé ces dernières semaines. Dans un entretien accordé à L'Opinion le 13 octobre dernier, le secrétaire d'État aux affaires européennes Clément Beaune se déclarait à titre personnel "plutôt favorable" à un abaissement du droit de vote. "Nous devons mettre cette idée dans le débat pour la présidentielle. Aucune piste ne doit être négligée", déclarait-il, estimant toutefois qu'il fallait d'abord mobiliser les 18-25 ans. Selon lui, "dire qu'on va résoudre le problème de l'intérêt des jeunes pour la politique en baissant l'âge du vote, ce serait une facilité".

Une position finalement pas si différente de celle déjà exprimée par le président de la République. Si la mesure ne figurait pas dans son programme en 2017, à deux jours des élections européennes de mai 2019, Emmanuel Macron s'était montré favorable à un abaissement à 16 ans dans un entretien sur la chaîne YouTube du journaliste Hugo Travers, le conditionnant tout de même à une vraie mobilisation des 18-25 ans. "Je ne suis pas opposé, mais je ne peux pas m'empêcher de vous renvoyer la balle", avait-il déclaré. "On ne peut pas dire 'on a les trois quarts des jeunes de 18-25 ans qui ne sont pas allés voter il y a cinq ans' et me dire 'mettez la majorité à 16 ans' [...] Je suis prêt à avancer sur le 16-18 ans si vraiment j'ai une démonstration de force de la jeunesse française qu'elle exerce le droit de vote à plein." 

Toujours au sein de la majorité, le député LaREM François Jolivet a déposé le 24 octobre une proposition de loi "actant la confiance en la jeunesse" et réclamant à la fois le droit de vote, le permis de conduire et la majorité pénale à partir de 16 ans. 

Un marronnier avant chaque élection

Le droit de vote à 16 ans est un vieux marronnier avant chaque élection. Déjà en 2002, Lionel Jospin, alors candidat de la gauche, s'était dit favorable à un droit de vote fixé à l'âge de 17 ans. En 2013, le gouvernement Hollande envisageait de créer une "pré-majorité" à 16 ans qui aurait donné droit de vote aux élections locales. En juillet 2018, l'ex-député socialiste Luc Carvounas avait déposé un amendement au projet de loi constitutionnel visant à abaisser l'âge de la majorité électorale à 16 ans pour les élections municipales. 

En 2019, Anne Hidalgo avait proposé une expérimentation du vote à 16 ans dans des lycées de la capitale. Et en septembre 2020, une pétition de l'ancien groupe parlementaire Écologie Démocratie Solidarité (EDS) réclamant ce droit avait réuni des milliers de signatures, dont celles de Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

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Mais la mise en place d'une telle mesure aurait-elle vraiment une influence sur l'abstention ? Difficile à prédire, dans un contexte où l'abstention est déjà particulièrement marquée chez les plus jeunes. Aux élections européennes de mai 2019, le taux d'abstention s'élevait à 60% chez les 18-35 ans, contre un peu moins de 49% pour l'ensemble de la population. 

Pour autant, certains politologues estiment que faire participer les jeunes dès 16 ans les fidélisera au processus démocratique. "Un certain nombre d'études ont montré - notamment aux États-Unis - que l'abaissement de l'âge électoral rendrait possible un accompagnement des premières expériences électorales : accompagnement par les familles et surtout par les établissements scolaires", expliquait la politologue Céline Braconnier sur France Culture en octobre 2020.

"On vote parce que souvent, on est entraîné au vote, et ce, d'autant plus qu'on est loin des institutions et loin de la vie politique. (...) Abaisser l'âge du vote, c'est rendre possible l'accompagnement des premières expériences électorales", ajoute-t-elle. "Des expériences ont montré que si on parvenait à faire voter les jeunes trois fois d'affilée, ils avaient plus de chances de devenir des votants plus constants pour le reste de leur parcours civique. Les accompagner au début, c'est plus facile à 16 ans qu'à 18 ans. Évidemment, il ne suffit pas de décréter l'abaissement de l'âge électoral. Il faut accompagner et mettre en place des dispositifs d'accompagnement."

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