Présidentielle : Arnaud Montebourg en piste pour une troisième tentative ?

Arnaud Montebourg, en octobre 2017.

OBJECTIF 2022 ? - Avec "L'engagement", un nouveau mouvement politique, Arnaud Montebourg semble se préparer à un retour en politique dans la perspective de l'élection présidentielle. Par le passé, l'ancien ministre a été éliminé lors de deux primaires à gauche.

Jamais deux sans trois, dit-on. La vieille formule d'usage pourrait bien se vérifier prochainement avec Arnaud Montebourg, dont les équipes s'organisent désormais ouvertement pour préparer un retour de l'ancien ministre dans l'arène politique. Après la publication d'un livre en novembre, un mouvement politique du même nom, "L'Engagement", est en cours de création, a indiqué son entourage à l'AFP ce week-end.

Une cinquante de personnes s'activent au lancement de ce nouveau parti dont l'objectif est de "soutenir la candidature d'Arnaud Montebourg" et de s'adresser à tous les Français "au-delà de la gauche", a précisé Valentin Przyluski, ancien conseiller d'Arnaud Montebourg, qui dirigera le mouvement. 

À cet effet, une plateforme d'adhésion a été mise en ligne, ainsi qu'un compte Twitter. Le mouvement propose ainsi aux Français de "reprendre le contrôle de nos vies" et de répondre "au désespoir insupportable des Françaises et des Français que l'on n'écoute plus". Il préconise "le retour d'un État au service de l'intérêt général, libéré de l'emprise d'une minorité", affichant comme priorités l'urgence climatique, la protection de l'emploi et des libertés, jugeant que la crise sanitaire a été un révélateur de "l'absurdité du système" actuel. 

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Fausse retraite politique

Jusqu'ici, Arnaud Montebourg s'était contenté d'évoquer un possible "engagement" à venir, par petites touches, sans évoquer ouvertement une candidature. "Je reste quelqu'un d'engagé", expliquait sur LCI il y a tout juste un an. "On n'est pas obligé d'être candidat aux élections pour être passionné par la question politique", ajoutait-il, assurant encore avoir "tourné la page"

Reconverti en producteur de miel, d'amandes et de glace après le quinquennat de François Hollande, le chantre du "made in France", du souverainisme économique et de la VIe République n'a en réalité jamais cessé de s'exprimer publiquement et de prendre position sur des sujets politiques. Après la publication de son livre L'Engagement en novembre, forme de réquisitoire contre le quinquennat Hollande, l'ancien ministre a multiplié les piques ciblant le gouvernement actuel. On l'a entendu tour à tour fustiger "l'escroquerie politique" du macronisme dans le JDD, critiquer le plan de relance du gouvernement sur LCI en octobre, ou encore dénoncer en novembre "les décisions arbitraires des hauts fonctionnaires tout puissants" lorsque l'exécutif a décidé de fermer, l'automne, les commerces non essentiels, pour raison sanitaire. 

Arnaud Montebourg s'est également montré de plus en plus clair sur ses ambitions. Il expliquait, en novembre, réfléchir "à un nouvel engagement", assurant que ses idées "sont devenues centrales et majoritaires dans notre pays", et qu'il faudrait bien "les mettre au pouvoir". Il juge désormais "évident" que la question de son engagement sera posée en 2022, comme il l'a indiqué samedi au Point

Un autre signe évocateur : l'invocation de François Mitterrand. "Mon premier engagement politique, mes premières affiches collées, une force rassembleuse, une transformation décisive du pays, et une fidélité intime et intacte", a-t-il écrit vendredi sur Twitter pour marquer le 25e anniversaire de la mort de l'ancien président socialiste. 

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Tenter sa chance en dépassant les clivages

À 58 ans, Arnaud Montebourg n'en est pas à sa première tentative. Celui qui défend avec constance une forme de "démondialisation" a tenté, à deux reprises, de prendre le leadership de la gauche. Après avoir porté la candidature de Ségolène Royal en 2007, il s'était présenté à la primaire socialiste de 2011, où il était parvenu à récolter plus de 17% des voix, derrière François Hollande et Martine Aubry. 

Ministre du Redressement productif sous le quinquennat Hollande jusqu'à son départ fracassant en 2014, il a tenté à nouveau sa chance avec la primaire de gauche en 2017, comptant déjà sur un micro-parti, "Le Projet France", pour le placer en orbite. Là encore, les sympathisants de gauche lui ont octroyé la troisième place au premier tour de cette primaire finalement remportée par Benoît Hamon. 

Stoppé à deux reprises dans ses ambitions au sein de son propre camp, Arnaud Montebourg sait que, dans la perspective de 2022, des concurrents de taille pourraient à nouveau lui couper la route à gauche, comme Anne Hidalgo, probable candidate, Jean-Luc Mélenchon, déjà en campagne ou encore Yannick Jadot, qui espère porter la voix écologiste. Une éventuelle candidature Montebourg devra donc dépasser les clivages, à la façon d'un Emmanuel Macron en 2017. Cet engagement "ne pourra avoir lieu que sur une base plus ambitieuse politiquement et plus exigeante intellectuellement", analysait-il en novembre. Son sujet "n'est pas la gauche, la droite, mais la France", assurait-il encore sur BFMTV à l'automne. "Il va falloir unifier les Français, proposer un projet de reconstruction." Un vrai défi, car Arnaud Montebourg ne sera probablement pas le seul candidat à vouloir s'adresser à tous les Français. 

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