Comment Eric Zemmour parle-t-il des femmes dans son dernier livre ?

Comment Eric Zemmour parle-t-il des femmes dans son dernier livre ?

SEXISME - Alors qu'Eric Zemmour est de plus en plus attaqué sur sa misogynie, LCI a voulu savoir en quels termes il parlait de la gent féminine dans son dernier ouvrage "La France n'a pas dit son dernier mot".

Elles seraient le point faible d’Eric Zemmour. "Il faut l’attaquer sur son féminisme", estiment même les cadres du Rassemblement national au moment où il devient urgent pour Marine Le Pen de se démarquer de son meilleur ennemi. Les propos du polémiste à l’égard des femmes seraient pires que ceux qu’il tient sur l’islam, encore moins défendables que ses (ré)interprétations de l’histoire de France. Faisant fi des anciennes déclarations d’Eric Zemmour sur leur capacité à faire "s’évaporer" le pouvoir ou encore leur "forme d’intelligence différente", LCI a répertorié toutes les allusions du journaliste aux femmes dans son dernier livre La France n’a pas dit son dernier mot (Rubempré). 

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Dans cet ouvrage, Eric Zemmour revient par ordre chronologique sur plusieurs événements et rendez-vous de sa vie privée et de sa carrière professionnelle. Il y est très peu question de discussions ou rencontres avec des femmes, le journaliste préfère la compagnie et l'analyse intellectuelle des hommes. 

La plupart des femmes mentionnées sont d'ailleurs amputées de leur nom de famille et sans cesse ramenées à leur physique. L'entrepreneuse Hapsatou Sy est décrite comme "la jolie jeune femme noire aux cheveux longs frisottés", Marine Le Pen "vêtue d’un strict pantalon-veste, perchée sur de hauts talons, seule concession à sa part féminine". À ces descriptions, sont accolés des adjectifs péjoratifs. "Pas un jour sans qu’Assa Traoré n’étale sa tignasse de jais et ses escarpins Louboutin", écrit Eric Zemmour, quand, selon lui, "Christiane Taubira plastronne avec son lyrisme de parvenue littéraire"

Etre une femme noire lui donne deux arguments imparables, et la dispense d’un plus grand effort."- Eric Zemmour, à propos de Sibeth Ndiaye

Le souverainiste fait également une fixette sur l'ancienne porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. "Son grand-père fut un de ces tirailleurs sénégalais qui donnèrent vie pour la France ; ses parents se battirent pour ne plus être soumis à la France ; leur fille acquiert administrativement la nationalité française, mais impose à son pays d’adoption son imaginaire africain et islamique. Il serait inutile de faire ces observations à Sibeth, qu’elle balaierait avec un mépris condescendant. ‘Raciste’, ‘sexiste’, on connaît d’avance ses répliques convenues. Être une femme noire lui donne deux arguments imparables, et la dispense d’un plus grand effort", estime Eric Zemmour.

Page 179, il évoque son procès pour diffamation et provocation à la haine raciale survenu en janvier 2011. Dans des termes qui rappellent ceux qu'il a déjà formulé sur la capacité des femmes à abîmer le pouvoir, le journaliste fait ce commentaire à propos de la présidente du tribunal, de la procureure et des avocates de ses accusateurs (qu'il énumère toutes au masculin) : "Sous leur robe noire en guise d’uniforme prestigieux d’une autre époque, elles portent des vêtements de médiocre qualité à l’étoffe fatiguée, sont coiffées à la hâte, maquillées sans soin ; tout dans leur silhouette, dans leurs attitudes, leur absence d’élégance, dégage un je-ne-sais-quoi de négligé, de laisser-aller, de manque de goût. On voit au premier coup d’œil que ces métiers – effet ou cause de la féminisation – ont dégringolé les barreaux de l’échelle sociale. Il flotte une complicité entre elles, proximité de sexe et de classe."  

Des femmes attirées "comme des aimants" par les hommes de pouvoir

Les autres allusions aux femmes sont moins nominatives, moins précises, mais éclairent bien sur la pensée du polémiste à leur égard, ce qu'il estime être leur nature profonde et le rôle qu'elles doivent jouer dans la société. À propos de l'attrait des femmes pour les hommes de pouvoir, il écrit : "Les histoires de fesses ont toujours distrait toutes les campagnes présidentielles. Celles-ci sont habituellement le cadre de grands élans et de menus plaisirs. Les candidats sont en transe lorsqu’ils fendent la foule des meetings ou descendent de la tribune sous les acclamations ; les femmes sont attirées comme des aimants par ces ‘bêtes politiques’." Ou encore : "Dans une société traditionnelle, l’appétit sexuel des hommes va de pair avec le pouvoir ; les femmes sont le but et le butin de tout homme doué qui aspire à grimper dans la société. Les femmes le reconnaissent, l’élisent, le chérissent. Bonaparte inconnu est puceau et doit se faire déniaiser par une prostituée laideronne du Palais-Royal ; Napoléon, empereur d’Occident, accumule les maîtresses."

Eric Zemmour laisse également poindre son image des femmes dans sa vision des hommes et des valeurs "masculines" de ses héros. "Jean-Pierre Marielle incarnait à mes yeux d’adolescent le quinquagénaire qui refuse de devenir adulte, un condensé de Gaulois râleur et lyrique, d’amoureux transi des femmes", écrit-il page 148. De Sean Connery, qui a incarné James Bond, il estime qu'il "a eu la chance d’incarner le héros dans une époque aujourd’hui disparue. Une époque où la virilité n’était pas dénigrée, ostracisée, vilipendée, voire diabolisée, pénalisée. Une époque où un séducteur, ‘un homme qui aimait les femmes’, n’était pas considéré comme un violeur en puissance. Une époque où la beauté des femmes n’était pas la preuve de leur aliénation au patriarcat".

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DSK menotté : "une castration de tous les hommes français"

Enfin, il n'hésite pas à défendre deux hommes accusés de viol, l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn et l'islamologue Tariq Ramadan. "DSK, menottes derrière le dos entre deux cops new-yorkais, marchant tête baissée, c’est un renversement de mille ans de culture royale et patriarcale française. C’est une castration de tous les hommes français. Le séducteur est devenu un violeur, le conquérant un coupable. ‘L’homme à femmes’ était loué pour sa force protectrice, il est enfermé et vitupéré pour sa violence intempérante. Don Juan est mort. Comme disait Philippe Muray, ‘on est passé de l’envie de pénis à l’envie de pénal’", ose le polémiste page 200. 

Quant au second, il "demeure convaincu qu’il est tombé dans un piège. Les jeunes femmes qui l’accusent expliquent qu’elles ne peuvent se détacher de lui, que son aura les fascine, que son intelligence les ensorcelle, qu’il en profite pour les manipuler à sa guise. C’est cette fameuse notion ‘d’emprise’, dernière trouvaille des féministes pour criminaliser l’homme, bourreau éternel, sans se rendre compte, dans leur hargne vindicative, que leur définition de l’emprise’ et ses effets pervers ressemble comme une sœur à ce qu’on appelait jadis dans les romans et les chansons populaires les ‘affres de l’amour’."

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