Présidentielle 2022 - Les militants LR ont-ils pardonné à Xavier Bertrand ?

Présidentielle 2022 - Les militants LR ont-ils pardonné à Xavier Bertrand ?

PAROLE D'ADHÉRENTS - Xavier Bertrand a finalement choisi de soumettre son nom au vote des adhérents LR lors du congrès de désignation du candidat de la droite à la présidentielle. Mais 4 ans après son départ, seraient-ils prêts à voter pour lui le 4 décembre ? LCI les a sondés.

Il lui en faudra plus pour convaincre. En meeting à Oyonnax (Ain) jeudi soir, Xavier Bertrand a tout fait pour essayer de persuader les militants LR de voter pour lui lors du congrès du 4 décembre prochain, quatre ans après avoir claqué la porte du parti. "Certains ont sans doute des regrets ou de la rancœur", a-t-il déclaré. Mais "je n’ai pas rejoint un autre parti, pas créé un autre parti, et surtout je n’ai pas trahi ma famille politique", a ajouté celui qui reprendra finalement sa carte d’adhérent trois jours après avoir dit l’inverse, afin de pouvoir voter pour lui-même lors de ce scrutin interne. Faire preuve de sa loyauté à quelques semaines du vote, après avoir bataillé pendant des mois pour ne pas prendre part au processus de désignation du candidat de la droite et du centre, sera-ce suffisant ? 

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À en croire les militants sondés par nos soins ces derniers jours, non, le mal est fait. Et il est si profond que quelques phrases prononcées sur une estrade n’y changeront rien. "Je ne suis pas prêt à voter pour lui. Je ne lui pardonne pas d’avoir quitté le parti en 2017, tout comme je ne lui pardonne pas d’avoir essayé de le prendre en otage en voulant partir seul", explique Charles, militant à Limoges, qui préférera Michel Barnier. "Jamais je ne voterai pour lui", abonde Valentin Blelly, responsable des jeunes Républicains du Loiret. "Il a quitté le parti au pire moment et son soutien aux communistes aux départementales dans sa région sont inacceptables (Bertrand a préféré soutenir le candidat PCF au candidat RN lors des départementales dans le Nord, NDLR). En sabotant la primaire ouverte, il a détruit nos dernières chances de voir un candidat étiqueté LR gagner la présidentielle. Il n'a aucune chance de gagner le congrès (...) Il est détesté par la base."

Luc Foschia, militant isérois, est d'accord : "Outre son opportunisme à quitter un parti, car il considérait que les partis politiques n'avaient plus la cote, il a aussi justifié ce départ par un souci de ligne politique, considérée comme trop à droite. Étant un militant de droite, je n'ai aucune raison de vouloir de lui comme candidat pour la droite. Et sur la forme, sa trahison et tout ce cirque pour, au final, revenir juste pour avoir des financements et des militants ne m'incitent guère plus à voter pour lui." "Il faut être fidèle à ses idées, pas une girouette qui bouge aux premiers coups de vent dans la tempête", résume Melvin, adhérent dans les Pays-de-la-Loire et pro-Eric Ciotti.

"Je pourrais pardonner si je pensais qu’il avait la carrure pour être Président"

"Un jour, je ne vais pas au Congrès, le lendemain, j’y vais, idem pour l’adhésion. Quand on vise la magistrature suprême, on montre que l’on a de la constance et que l’on a réfléchi à la portée de ses actes", ajoute Véronique de Miribel, militante à Dunkerque, qui votera pour Michel Barnier. "L’inverse interpelle. Qu’en sera-t-il s'il arrive au pouvoir ? Je ne le soutiendrai en aucune façon. Je pourrais pardonner si je pensais qu’il avait la carrure pour être Président, mais il n’en est rien."

Tous feront donc le choix de la fidélité plutôt que des chances de concurrencer le duel annoncé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. "Je garderai la même ligne peu importe ce que disent les sondages", assure Charles. "Si on raisonne comme ça, Eric Zemmour est plus à même de concurrencer Macron et Le Pen, donc on devrait voter pour lui", remarque Valentin Blelly. "Je vote en fonction de mes idées et convictions et non pas des sondages. Si je voulais voter pour le favori, je voterai Macron, mais ça n'aurait pas vraiment de sens étant donné qu'il ne défend pas mes idées", indique Luc Foschia, qui donnera son vote à Michel Barnier, "qui a su rester fidèle au parti".

Tous veulent croire en la marge de progression de candidats comme Barnier, qui apparaît comme le troisième homme derrière Bertrand et Pécresse dans les enquêtes d'opinion. "Michel Barnier dispose d’une marge de progression importante", assure Raphaël Chombart, délégué de circonscription LR à Dunkerque. "Cette capacité à progresser dans l’opinion peut lui donner une certaine dynamique et force est de constater qu’en l’état, Xavier Bertrand n’a pas réussi à démontrer sa capacité à bénéficier d’une dynamique dans l’opinion."

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Priorité au rassemblement

Toutefois, quelques adhérents se montrent plus cléments avec le président des Hauts-de-France et veulent avant tout rassembler leur famille politique, après l'échec de 2017. "Je suis prêt à voter pour lui et à lui pardonner, car nous avons tous envie d’une seule chose : enfin gagner, et c’est le mieux placé pour cela. Donc je peux pardonner, sans oublier", explique Luc*. "Il est le seul à droite en mesure de gagner au second tour face à Emmanuel Macron ou Marine Le Pen." "Pour l’instant, je ne suis pas décidé, mais si le projet de Xavier Bertrand me plaît, je voterai certainement pour lui. Il est proche de mes idées et de l’idée que je me fais d’un Président rassembleur de droite", estime Benjamin Battistini, conseiller municipal à Limoges. Les adhérents LR désigneront le 4 décembre prochain lors d'un congrès qui sera leur candidat à l'élection présidentielle.

* Le prénom a été changé 

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