Les nombreuses annonces de Macron, "une stratégie défensive qui lui permet de limiter le mécontentement"

Dimanche, Xavier Bertrand a accusé Emmanuel Macron de faire campagne avec l'argent des Français. Le président des Hauts-de-France donne même un chiffre. En quinze jours, Emmanuel Macron aurait dépensé entre cinq et sept milliards d'euros. Est-ce exact ?

2022 - À sept mois de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron multiplie les prises de parole et les promesses financières. Une attitude électoraliste dénoncée par ses adversaires, et qui selon le politologue Olivier Rouquan ne lui permettra pas de gagner beaucoup de voix mais de "limiter un mouvement de mécontentement".

Suspension du contrôle technique obligatoire pour les deux roues, plan pour Marseille, ré-autorisation de certaines chasses illégales, prime de 100 euros via le chèque énergie, pardon aux harkis.... Ces dernières semaines, Emmanuel Macron multiplie les gestes symboliques et les annonces d'investissement avec de l'argent public. Des offensives qui interrogent, à sept mois de l'élection présidentielle, et qui poussent ses opposants et futurs adversaires - surtout à droite - à dénoncer les dépenses annoncées par le chef de l'État ainsi que ses calculs électoraux.

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"On ne construit pas une politique à coup de chèques", a fustigé le chef des députés LR Damien Abad, en déplorant "les promesses faites dans les derniers instants de la course présidentielle". "Emmanuel Macron fait payer ses mesures électorales par la dette et les impôts de demain", par exemple à Marseille où il a promis "un milliard et demi d'euros, c'est une mesure électoraliste", a estimé ce mardi sur LCI le député LR Eric Ciotti

Dimanche, toujours sur LCI, Xavier Bertrand avait déjà fustigé une attitude "absolument irresponsable" en assurant que "depuis 15 jours, on en serait à entre 5 et 7 milliards annoncés". "Le quoi qu'il en coûte pour la réélection d'Emmanuel Macron ne fait que commencer", mais "s'il pense qu'il va acheter nos voix ou notre confiance, il se trompe", avait ajouté le candidat ex-LR à la présidentielle. Valérie Pécresse, elle aussi candidate ex-LR, a plusieurs fois ces derniers jours attaqué un chef de l'État qui "crame la caisse" avec "un amoncellement de promesses" en "période pré-électorale".

Dans Le Figaro, l'entourage du chef de l'État se défend : "Ce ne sont pas des cadeaux électoralistes mais des investissements pour poursuivre la transformation en profondeur du pays. Tous les sujets dont il a parlé ces derniers jours s’inscrivent dans la continuité de l’action engagée depuis le début de l’année, voire depuis le début du quinquennat."

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Prévenir un mécontentement

Interrogé par LCI, le politologue Olivier Rouquan estime que ces gestes d'Emmanuel Macron sont plutôt destinés à "ne pas perdre trop de voix" qu'à en gagner. "Vu les catégories visées, qui ne sont pas forcément l'électorat de base d'Emmanuel Macron, il n'est pas sûr que cela lui rapportera. Mais c'est une stratégie défensive qui lui permet de limiter un mouvement de mécontentement." Car selon lui, "la première volonté d'Emmanuel Macron est de prévenir une convergence des mécontentements sociaux dans la transition qui commence vers une sortie de pandémie", en prenant soin de "catégories sociales peu favorisées qui s'étaient manifestées lors de la crise des Gilets jaunes"

En revanche selon l'enseignant-chercheur, la situation du Président-candidat n'est pas juste pour ses adversaires. "Le Président en fonction qui se met en position d’être candidat et créé une iniquité de situation, c'est un problème de fond à chaque campagne. Il est clair que pour lui la partie est plus facile. Il est encore au pouvoir, il peut budgéter des choses, alors que les autres ne font que des promesses. Et comme en plus nous sommes dans une période où le quoi qu’il en coûte n’est pas terminé, cela peut prendre une ampleur assez importante."

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