Présidentielle 2022 : Marseille, un laboratoire de campagne pour Emmanuel Macron ?

Présidentielle 2022 : Marseille, un laboratoire de campagne pour Emmanuel Macron ?

ÉLECTION - Emmanuel Macron occupe l'espace médiatique avec un déplacement de trois jours à Marseille qui s'achève vendredi. S'il n'est pas candidat pour l'heure à la présidentielle de 2022, le chef de l'État a présenté une série de mesures pour la ville dont certaines pourraient bien inspirer une campagne à venir.

Ce n'est pas l'heure ni le moment. Régulièrement interrogé sur une possible candidature à l'élection présidentielle de 2022, Emmanuel Macron répond inlassablement la même chose : il présidera jusqu'à la fin et la question ne se pose pas encore à ses yeux.

Pour autant, le signal envoyé par son déplacement inédit de trois jours à Marseille, ainsi que les mesures annoncées jeudi pour venir en aide à cette métropole - avec plusieurs expérimentations lancées, dont certaines pourraient être généralisées - inciteraient à penser qu'une campagne est bien en préparation. 

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Cette saturation de l'espace médiatique prenant son décor dans la 2e ville de France n'a pas échappé à l'opposition, qui crie, à l'instar de Jean-Luc Mélenchon, à la campagne déguisée. Même pour l'ancien artisan de la campagne d'Emmanuel Macron en 2017, Gérard Collomb, la question ne se pose plus. "Si quelqu'un en doutait encore, je pense que la visite d'hier a montré qu'il était candidat", a tranché l'ex-maire de Lyon vendredi sur LCI. 

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Marseille, point de départ ?

Sur le plan symbolique, l'idée que ce déplacement à Marseille puisse être le point de départ d'une campagne présidentielle a du sens. Comme le rappelait notre journaliste Julien Arnaud, vendredi matin (chronique ci-dessus), l'intitulé du plan - "Marseille en grand" - en rappelle un autre : celui de la campagne de Jacques Chirac pour sa réélection en 2002 - "la France en grand". Un Jacques Chirac qui avait d'ailleurs, dès 1995, lancé sa première campagne en prenant la ville dont il était maire, Paris, comme un laboratoire : "Ce que j'ai fait pour Paris, je le ferai pour la France". Emmanuel Macron choisira-t-il de faire de Marseille son port d'attache ?

Au-delà du symbole, le contenu des mesures annoncées et le calendrier donné vendredi par le chef de l'État laissent penser qu'une première pierre a été posée en vue d'une campagne. Le calendrier : Emmanuel Macron a promis de revenir à Marseille en octobre, puis en février, soit deux mois seulement avant l'élection, pour évaluer la mise en œuvre de son plan. 

Quant aux mesures, certaines ont d'ores et déjà vocation, si elles fonctionnent, à être proposées dans d'autres territoires, à une échéance qui dépasse nécessairement l'élection de 2022. Parmi celles-ci : le pacte passé avec les élus locaux - des financements contre des engagements et de la transparence sur l'emploi des fonds -, des mesures ciblées pour l'emploi des jeunes défavorisés - ce thème de campagne existait déjà en 2017 -, le "service militaire volontaire" pour les décrocheurs ou encore la simplification des procédures pour accélérer la rénovation urbaine - là encore, un mantra chez Emmanuel Macron. 

L'éducation, cœur du réacteur

Surtout, le laboratoire marseillais pourrait porter un projet pour l'école. Emmanuel Macron a annoncé vendredi la création de 10 "micro-collèges" et de 10 "micro-lycées", dispositif qui existe déjà sous forme expérimentale, pour permettre de maintenir les jeunes en grande difficulté dans le système éducatif. Cette initiative pour le secondaire pourrait constituer la suite logique du dédoublement des classes de grande section, de CP et de CE1, engagement de 2017 mis en œuvre sous le quinquennat qui s'achève. 

L'autre mesure annoncée est encore plus emblématique, et très politique. Dans les quartiers sensibles, le chef de l'État a défendu l'idée de renforcer l'autonomie des chefs d'établissements, pour leur permettre de recruter eux-mêmes les enseignants, adapter leur propre projet pédagogique, les rythmes scolaires et même l'organisation des cours. Une cinquantaine d'établissements marseillais seront concernés dès la rentrée 2022. "Il faut expérimenter et évaluer, être pragmatique", vantait, vendredi, Emmanuel Macron à ce sujet, alors que la mesure faisait déjà réagir les syndicats. "Notre pays est le champion du monde du débat théorique sur ce qu'on n'a pas encore essayé." Donner de l'autonomie aux chefs d'établissements constitue une proposition crédible de campagne à deux titres : elle fait réagir, confortant l'image "disruptive" chère à Emmanuel Macron. Et elle mord clairement sur le terrain de la droite : fin août, Valérie Pécresse, en lice pour 2022, proposait "d'expérimenter des collèges et lycées autonomes avec des professeurs qui pourraient être choisis par les chefs d'établissements". Soit exactement la même proposition. 

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