Présidentielle 2022 : quelles suites après les incidents lors du meeting d'Eric Zemmour ?

Présidentielle 2022 : quelles suites après les incidents lors du meeting d'Eric Zemmour ?

POLITIQUE - Plusieurs incidents et violences ont éclaté ce dimanche lors du premier meeting de campagne d'Éric Zemmour, lors duquel plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Villepinte. Le parquet a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête.

Plusieurs incidents violents ont émaillé le premier meeting d'Éric Zemmour, candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle, dimanche 5 décembre au Parc des expositions de Villepinte. Lundi, le parquet de Bobigny a annoncé l'ouverture d'une enquête sur "les faits de violences commis à l'intérieur du meeting". Retour sur une journée de tensions qui aura des suites judiciaires.  

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Eric Zemmour, de polémiste à candidat à la présidentielle

Des journalistes pris à partie

En début de soirée, une équipe de l'émission "Quotidien" (sur la chaîne TMC qui appartient au groupe TF1) a été prise à partie par une poignée de militants du sulfureux polémiste. Hués et injuriés, les journalistes ont brièvement été "mis à l'abri" par la sécurité du chef de file de "Reconquête". "La sécurité a surréagi. Ils sont revenus. Il n'y a eu aucune violence", ont précisé les organisateurs. 

Deux journalistes de Mediapart ont aussi été frappés derrière la tête, et ont déposé plainte lundi, selon un document consulté par l'AFP.

Blessé au poignet, Éric Zemmour porte plainte

Dans la foulée,  Éric Zemmour a été empoigné par un individu avant de monter sur scène, quelques secondes avant le début du discours. Blessé au poignet, l'ancien éditorialiste s'est vu prescrire neuf jours d'incapacité totale de travail (ITT). Il a porté plainte au commissariat de Villepinte, selon nos informations. Exfiltré, l'agresseur présumé se trouve actuellement en garde à vue. À noter qu'une ITT supérieure à huit jours est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

Le parquet de Bobigny a toutefois indiqué que le certificat fourni n'a pas été établi par une unité médico-judiciaire (UMJ), habilitée à déterminer les ITT en vue de poursuites pénales.

62 interpellations après des violences

Surtout, des militants de SOS Racisme, menant une action qui se voulait "non violente" lors de cet événement, ont été agressés par des participants. Plusieurs bénévoles ont ainsi été insultés et frappés. D'autres ont reçu des projectiles, et notamment des chaises. "Cinq militants ont été blessés, dont deux pris en charge par les pompiers", a précisé l'association sur Twitter. "Nos militants étaient présents au meeting de Zemmour à Villepinte pour dire non au racisme de manière pacifique. La vidéo, d'une violence inouïe, parle d'elle-même, nos militants se sont fait frapper et insulter pour avoir rappelé notre lutte antiraciste", ajoute-t-elle. À la suite de cet incident, une enquête a été ouverte pour analyser précisément les faits commis, exploiter les vidéos disponibles et enquêter sur l’ensemble des faits de violences. L'association a d'ores et déjà annoncé que les victimes de ces violences comptaient déposer plainte.

En tout, les forces de l'ordre ont procédé dimanche à 62 interpellations, avait indiqué le parquet de Bobigny à LCI. Lundi soir, le procureur a précisé que 7 gardes à vue avaient été prolongées, dont celle de l'agresseur présumé d'Eric Zemmour, qui soupçonné de "violences avec préméditation" commises sur le candidat.

Mardi soir, le procureur de Bobigny, Eric Mathais, a indiqué que l'agresseur présumé d'Eric Zemmour avait été déféré tribunal judiciaire de Bobigny et sera présenté à un juge d’instruction mercredi. 

"L'ouverture d'une information (judiciaire) sera requise à son encontre du chef de violences volontaires ayant entraîné une ITT supérieure à huit jours, faits ayant été commis avec préméditation, en état de récidive légale", a déclaré dans un communiqué Eric Mathais. Le parquet sollicitera également le placement sous contrôle judiciaire du mis en cause, avec interdiction d'entrer en contact avec Eric Zemmour ou de porter une arme, a-t-il ajouté.

Sur la soixantaine de gardes à vue initiales "suite à des interpellations en marge et avant le meeting", les six qui avaient été prolongées ont été levées mardi et "la procédure transmise au parquet pour appréciation des suites à donner", a précisé M. Mathais.

Ils n'avaient pas à être là- Antoine Diers, membre de campagne d'Éric Zemmour

Les personnes de SOS Racisme "n'avaient pas à être là, il ne faut pas venir faire de provocation dans notre salle", a dénoncé Antoine Diers, un membre de l'équipe de campagne d'Eric Zemmour. 

Interrogée ce lundi au sujet de ces violences, Valérie Pécresse a, elle, fustigé des "provocations". "Les provocations dans les meetings, ça existe, ce n'est jamais agréable, j'en ai eu comme tout le monde", a expliqué la candidate LR à la présidentielle au micro de France Inter. "Il faut surtout bannir la violence des meetings le plus possible [...], parce que vous savez que l'extrême gauche peut parfois être ultra-violente" dans ce genre d'événements, a-t-elle ajouté. 

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De son côté, Gérard Larcher a estimé que "toutes les violences sont inadmissibles". "Mais en même temps, la provocation dans une réunion peut inciter à cela. Donc je crois qu'il faut que chacun retrouve les voies de l'apaisement", a martelé le président du Sénat sur Franceinfo, appelant à "respecter la liberté d'expression, comme la liberté et le droit de manifester".

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