Perdante de la primaire écolo, Sandrine Rousseau veut pouvoir peser dans la campagne

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ELYSEE - La candidate perdante à la primaire écologiste entend bien intégrer ses idées à la campagne de son adversaire Yannick Jadot, quitte à irriter son propre parti. Du côté de LFI, c’est le début d’une opération de séduction de ses électeurs.

Chez les Écolos, le rassemblement autour de leur candidat aura été de courte durée. 24 heures après les résultats de la primaire donnant Yannick Jadot vainqueur face à Sandrine Rousseau, une première pièce est venue enrayer la machine de cette union verte. 

Mercredi matin sur France Inter, Sandrine Rousseau suggère que les résultats auraient pu être différents et renvoie "la balle (…) dans le camp de Yannick Jadot" : "On était à deux doigts de transformer le récit de la présidentielle (…) Les courbes étaient en train se croiser. À une semaine près, je gagnais". Cette assurance lui vaut nombre de moqueries, mais qu’importe : algré la défaite, Sandrine Rousseau veut croire que son score "est le début de quelque chose", comme l'analyse l'élue d'Ile-de-France Annie Lahmer pour Causette, et n’entend pas être laissée pour compte dans la campagne des Verts qui se lance, sous le programme de Yannick Jadot. Ce dernier "ne gagnera pas sans la dynamique que j’ai créé", assure-t-elle plus tard au micro de Quotidien.

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Un dialogue de 30mn "peu constructif"

Le soir même, après avoir passé une petite demi-heure en tête à tête avec son ancien adversaire, Sandrine Rousseau est invitée de RTL et exprime ses regrets concernant "un dialogue, à ce stade, peu constructif". Puis réaffirme que toutes les voix comptent. Et que si sa défaite est incontestable, elle ne remet pas en cause son projet d'une écologie radicale, qui a séduit 48,97% des votants de la primaire. "Il a gagné, aucun doute là-dessus, mais qu’il entende que c’était une victoire courte. Je n’ai pas l’impression qu’il ait perçu la dynamique. Je n’ai pas senti qu’il ait perçu l’importance de porter la radicalité comme transformation de notre société. Mais je suis sûre que maintenant, il y a plein de possibilités pour qu’il l’entende." 

Au fil des heures et des jours qui suivent les résultats, l’économiste sème alors le doute sur son soutien envers son ancien adversaire et pose des conditions pour le lui apporter. Elle explique appeler à voter pour Yannick Jadot seulement s’il se montre "capable d’entendre le mouvement qu’il y a derrière" elle. "Je suis loyale mais il faut que la loyauté soit dans les deux sens", prévient encore Sandrine Rousseau. Ces multiples sorties commencent à irriter la direction du parti, qui a forcément à l’esprit les erreurs du passé à gauche et les désertions de membres du PS après la victoire de Benoit Hamon à la primaire de la gauche, en 2017.

Opération séduction pour LFI

Jeudi, aux côtés de Yannick Jadot pour son premier déplacement de campagne, Julien Bayou veut alors recadrer les choses, rappelant que dans cette primaire, "il y a un gagnant, l’ensemble des candidats s’est engagé à le soutenir. Il n’y a pas de négociations, il y a un soutien inconditionnel au candidat et au projet". Le secrétaire national d’EELV va plus loin et voit chez Sandrine Rousseau une attitude de "mauvaise perdante." Dans ce contexte, et sans doute pour calmer les esprits au sein de sa famille politique, l'ancienne candidate infléchit sa position et indique sur France 3 jeudi qu’elle apportera son "soutien à Yannick Jadot quoi qu’il arrive", sans conditions. Des propos qu'elle réitère le lendemain : "Yannick Jadot a gagné, je le suivrai sans aucun état d'âme".

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Mais c’est sans compter les velléités de l’extrême-gauche de récupérer son électorat. Ayant dressé une oreille attentive, des élus de La France Insoumise entament depuis la défaite de Sandrine Rousseau une opération séduction, dressant les points communs existants entre elle et leu candidat Jean-Luc Mélenchon. Et en particulier celui de l’écologie de rupture. "Je considère que les électrices et les électeurs qui se sont retrouvés derrière la candidature de Sandrine Rousseau ont un candidat en la personne de Jean-Luc Mélenchon qui porte ce même degré de rupture", explique Manuel Bompard vendredi, reprenant une position déjà exprimée par Danièle Obono. Malgré sa fidélité promise envers son parti et son candidat déclaré, Sandrine Rousseau elle-même a prôné tout au long de sa campagne pour une union de la gauche, "du PS à LFI".  

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