Présidentielle 2022 : Valérie Pécresse veut supprimer "150.000 postes dans l'administration"

Valérie Pécresse de retour au sein des Républicains.

CAMPAGNE - Candidate à l'investiture de la droite à la présidentielle, Valérie Pécresse entend supprimer 150.000 fonctionnaires dans "l'administration administrante" et privilégier l’ouverture de postes dans l’éducation, la justice et les soins.

Elle est la première à s'engager sur une baisse chiffrée du nombre de postes de fonctionnaires. Valérie Pécresse, candidate à l'investiture des Républicains à la présidentielle, propose de supprimer "150.000 postes dans l'administration administrante" pendant le prochain quinquennat, a-t-elle indiqué lundi au site L'Opinion.

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Pour la présidente de la région Ile-de-France, "l'État doit se recentrer sur ses trois missions prioritaires : protéger, éduquer, soigner" avec "des postes supplémentaires pour la justice, l'éducation et les soins. Il ne s'agit pas de dégrader le service public, ni de casser la reprise. Mais les dépenses doivent baisser", insiste-t-elle.

"45 milliards d'euros d'économies" d'ici 5 ans

Son objectif, précise-t-elle, c'est "stopper l'explosion de la dette et la ramener en 2027 au niveau actuel". Pour se faire, l'élue souhaite atteindre "les 45 milliards d'euros d'économies", auxquelles elle ajoute "15 milliards de recettes de privatisation".

"L'État n'a pas vocation à rester actionnaire minoritaire d'entreprises concurrentielles", poursuit la  candidate, qui brigue les votes des adhérents LR lors du congrès du 4 décembre face à ses deux principaux rivaux Michel Barnier et Xavier Bertrand.

"Si je suis élue présidente de la République, ma première décision sera donc d'engager quatre grandes réformes de structures pour baisser les dépenses et diminuer la pression fiscale", continue-t-elle dans le site l'Opinion, énumérant "la retraite à 65 ans, la dégressivité des allocations-chômage, la débureaucratisation du pays et une décentralisation avec un lâcher-prise de l'État pour supprimer les doublons".

En septembre, Valérie Pécresse avait déjà évoqué la réduction "en cinq ans de 10% de l'administration administrante", ou selon ses mots "des fonctionnaires qui  gèrent des normes et des procédures".

La réaction n'a pas fait attendre du côté du gouvernement. "'L'administration administrante' n'existe que dans les interviews de Valérie Pécresse", a écrit lundi soir Amélie de Montchalin, ministre de la  Transformation et de la Fonction publiques, sur Twitter. 

"Cette expression bien floue traduit le manque de vision de l'État à droite. C'est le retour de la méthode RGPP : les coupes sombres sans l'efficacité", a-t-elle estimé, dans une allusion à la "révision générale des politiques publiques" menée durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2012. Mais Valérie Pécresse n'est pas la seule à défendre une baisse du nombre de fonctionnaires.

Une idée portée par Fillon, puis Macron

En 2017, François Fillon, candidat défait de la droite à la présidentielle, avait défendu la suppression de 500.000 postes d'agents publics en cinq ans. De son côté, Emmanuel Macron avait promis la suppression de 120.000 postes, 70.000 dans les collectivités territoriales et 50.000 postes dans la fonction publique d'État, un objectif abandonné dès juillet 2019 et qu'il ne compte pas déterrer de ci-tôt. Le budget 2022 confirme en effet une stabilité des effectifs de la fonction publique durant l’ensemble du quinquennat.

 Dans l'entretien accordé à L'Opinion, Valérie Pécresse propose par ailleurs "une aide à l'investissement de proximité", afin de "rééquilibrer les territoires. Dans les communes de moins de 20.000 habitants, les particuliers pourront investir en action ou prêter à leurs entreprises locales sur cinq ans minimum avec un crédit d'impôt de 50 % pour un investissement maximum de 20.000 euros", suggère-t-elle.

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