Pressenti pour le Conseil constitutionnel, le sénateur Michel Mercier épinglé par "Le Canard" pour un emploi familial fictif

Pressenti pour le Conseil constitutionnel, le sénateur Michel Mercier épinglé par "Le Canard" pour un emploi familial fictif
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LA FAMILLE - C'est une affaire plutôt embarrassante pour le sénateur Michel Mercier que vient de déterrer "Le Canard Enchainé". Ce proche de François Bayrou, qui devrait rejoindre prochainement le Conseil constitutionnel, a employé ses deux filles comme assistantes parlementaires. Le souci : la cadette habitait alors à Londres…

Jusqu'au 2 août, l'été s'annonçait radieux pour Michel Mercier. Son favori de la campagne présidentielle tenait les rênes du pouvoir et voilà que le président du Sénat, Gérard Larcher, lui proposait d'intégrer le Conseil constitutionnel en lieu et place de la ministre de la Justice Nicole Belloubet. Mais alors que sa candidature devait être étudiée ce mercredi par la commission des Lois, patatras ! Une sombre affaire d'emplois familiaux sort dans les journaux. Et c'est Le Canard Enchaîné qui joue les trouble-fêtes.

Un emploi à Londres

Le Palmipède dévoile que le sénateur MoDem a employé ses deux filles comme assistantes parlementaires, la première, Véronique, de 2003 à 2012, la seconde, Delphine, "de septembre 2012 à avril 2014". Vous nous direz : on commence à avoir l'habitude et, jusque-là, rien d'illégal. Seulement, sur sa fiche de renseignements, que le journal a pu se procurer auprès de l'Association pour la gestion des assistants de sénateurs, Delphine Mercier indique qu'elle habitait alors à Londres, quand le lieu de travail requis indiquait… Paris. Tout comme son père, elle affirme également, à l'époque, ne pas exercer d'autre activité professionnelle. 


En réalité, la jeune femme travaille comme responsable des collections d'ethnographie à l'University College London, comme le confirme son CV disponible en ligne. Avant cela, cette historienne de l'art de formation était enseignante à la prestigieuse école du Louvre. Un profil bien éloigné du poste d'assistant parlementaire. 

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Je voulais mieux connaître les questions culturelles par rapport aux nouvelles technologies [...] J'ai bien le droit d'avoir, moi aussi, une culture.Michel Mercier, sénateur Modem

Mais l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy a un argument en "béton" : "J'ai fait venir ma fille pour me seconder dans mes fonctions à la commission de la Culture que je venais d'intégrer". Le hic, c'est que l'ancien ministre de la justice de Nicolas Sarkozy n'a été membre de cette fameuse commission qu'en 2008 et 2009. Placé devant ses contradictions, il explique finalement qu'il a "bien embauché [sa] fille pour travailler sur des dossiers culturels". "Je m'occupais alors de questions culturelles localement", détaille-t-il. "Je voulais mieux connaître les questions culturelles par rapport aux nouvelles technologies." Avant d'ajouter : "J'ai bien le droit d'avoir, moi aussi, une culture". 


Sa fille explique ainsi avoir réalisé des "fiches condensées" sur la culture et le numérique, les musées, la coopération. Quant à la question du temps, elle estime que son agenda lui permettait aisément de cumuler ces deux emplois. Son poste d'assistante parlementaire n'était qu'un mi-temps (à 2000 euros par mois tout de même) et elle travaillait "à temps très partiel à Londres, où [elle ne vivait] que de manière épisodique."


Emploi fictif ou non, l'affaire sera encore une fois difficile à prouver. Reste à savoir si ces connaissances culturelles approfondies seront perçues comme un bonus, venant améliorer sa candidature au Conseil constitutionnel ... ou pas.

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