Contre l'embrigadement djihadiste, le gouvernement dégaine l'arme de l'humour et de l'art

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PLAN GOUVERNEMENTAL - Le gouvernement français a présenté vendredi un nouveau plan contre la radicalisation comportant un éventail de mesures dans des domaines aussi divers que l'éducation, le sport et la justice. L'humour et l'art sont également évoqués pour lutter contre l'embrigadement djihadiste.

Isolement renforcé des détenus radicalisés, contrôle accru des écoles hors contrat... Edouard Philippe a présenté vendredi à Lille un nouveau plan de 60 mesures contre la radicalisation. Parmi les mesures présentées, l'une d'entre elle vise à mettre la culture au service de la lutte contre l'embrigadement djihadiste.


Pour "développer le contre discours", le gouvernement souhaite ainsi mobiliser tous les acteurs de la société civile. Il faut "encourager le contre discours républicain sur plusieurs registres (y compris humoristique, artistique et religieux) porté par différents intervenants (intellectuels, sportifs et militants internautes) auprès de publics divers, notamment les jeunes et les femmes", peut-on lire dans le rapport.

"Mobiliser des influenceurs issus de l'immigration pour infuser la bonne parole au coeur des quartiers"

Selon Le Figaro, qui révèle l'information, le gouvernement souhaite "mobiliser des influenceurs issus de l'immigration pour infuser la bonne parole au coeur des quartiers". L'humoriste Farid Abdelkrim est notamment cité en exemple. Le jeune homme, ex-président de Jeunes musulmans de France (JMF), a créé une websérie dans laquel il évoque la religion musulmane et sa relation avec Dieu.


Le théâtre est également évoqué comme moyen de sensibilisation. La pièce Djihad du belgo-marocain Ismaël Saïdi, qui raconte l'histoire de trois jeunes musulmans partis faire le djihad en Syrie, est notamment prise en exemple. Le spectacle a déjà été vu par plus de 200.000 personnes en Belgique et 300.000 en  France. 


Toujours selon Le Figaro, l'Etat s'intéresse également à la pièce Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir ? de Rachid Benzine qui met en scène un père et sa fille radicalisée.

Cette radicalisation islamiste menace notre sociétéEdouard Philippe, Premier ministre

"Cette radicalisation islamiste menace notre société", a insisté le Premier ministre en présentant son plan, flanqué d'une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur) ou encore Jean-Michel Blanquer (Education). Le volet le plus attendu concernait les prisons : 1.500 places vont être créées "dans des quartiers étanches, exclusivement dévolus aux détenus radicalisés", dont 450 "d'ici la fin de l'année", a annoncé Edouard Philippe.


Le plan acte également la création de trois nouveaux "centres de prise en charge individualisée" en milieu ouvert, qui s'inspirent d'un centre au Danemark. Ils concerneront des personnes "sous main de justice" (contrôle judiciaire, bracelets électroniques...), et notamment des "revenants" des zones de combat djihadistes en Syrie et en Irak. 


Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Et 1139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés", selon l'administration.

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Edouard Philippe : "Prévenir pour protéger"

Pour le volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et une "systématisation" de l'éducation à l'information (anticomplotisme...), l'exécutif a confirmé son soutien à une proposition du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat (74.000 élèves seulement, mais en fort développement), afin de combattre l'émergence de structures islamistes.


Le plan présenté vendredi fait suite à un premier plan datant de 2014 et à une série de mesures prises à la suite des attentats de 2015.

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