Primaire à droite : cinq choses qui peuvent expliquer la remontée spectaculaire de Nicolas Sarkozy

Primaire à droite : cinq choses qui peuvent expliquer la remontée spectaculaire de Nicolas Sarkozy
Politique

REBOND – Au plus bas dans les sondages il y a encore trois mois, Nicolas Sarkozy enregistre chaque semaine une progression dans l'opinion. La dernière étude, publiée dimanche par Le Parisien, le place devant Alain Juppé auprès des militants de droite. Que se passe-t-il ?

Nicolas Sarkozy galvanisé par les crises. Réfugiés, loi Travail , Brexit … Plus les nuages s'amoncellent autour de François Hollande, plus l'ancien Président semble reprendre des couleurs au sein de son propre camp. Jugé usé il y a encore trois mois , l'ex-locataire de l'Elysée effectue une remontée spectaculaire dans les sondages.

Il avait déjà regagné cette semaine 4 points auprès des sympathisants de droite (66%) quand Alain Juppé en perdait 15 (62%) dans un sondage Odoxa pour L'Express. Une étude Odoxa pour Le Parisien , ce dimanche, confirme le bras de fer : Nicolas Sarkozy gagne 11 points auprès des sympathisants, quand Alain Juppé, en perd 11. Si ce dernier reste en tête auprès de l'électorat de la primaire, qui va au-delà des sympathisants, le succès de Nicolas Sarkozy ne manque pas d'interroger. Plusieurs hypothèses se dessinent.

 Sa ligne "dure" commence à être payante
Comme Jean-Luc Mélenchon, observateur averti de la vie politique, le pronostiquait il y a peu, la ligne marquée à droite du président des Républicains semble déjà porter ses fruits auprès des sympathisants. Or, ces derniers seront probablement les premiers à aller voter pour la primaire de novembre. "Ceux qui vont se rendre à la primaire de la droite, c'est la fraction la plus déterminée. Le peuple militant de droite verra chez Sarkozy un chef de guerre", décryptait pour metronews le lieutenant de Mélenchon, Alexis Corbière. Le "centre mou" incarné par Alain Juppé ne serait pas aussi facile à mobiliser dans le cadre de la primaire, selon ce dernier.

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 Il n'est toujours pas candidat
Nicolas Sarkozy a choisi de retarder le plus possible sa candidature à la primaire de la droite, au grand dam de ses concurrents. L'objectif : ne pas se fondre dans la masse des concurrents, qui sont plus d'une dizaine , et garder la visibilité exceptionnelle que lui offre la présidence des Républicains, qui fait de lui le premier opposant à François Hollande, avec les moyens que le parti met à sa disposition .

 Il n'est plus tout seul
L'intrigant mariage politique  entre Nicolas Sarkozy et François Baroin , influent président de l'Association des maires de France (Amif) et porteur de l'héritage chiraquien, a été un tournant dans la stratégie de l'ancien chef de l'Etat, jusque-là cantonné à son propre camp. Plus récemment, une rencontre avec Jean-François Copé , qui évoquait des "convergences fortes" avec son ancien ennemi, laissait présager de nouveaux ralliements au profit de Nicolas Sarkozy. De quoi élargir la base des sympathisants de droite qui lui seront favorables.

 Son thème de campagne est porteur
Alain Juppé, qui a bâti sa notoriété sur une certaine sobriété médiatique, égrène ses propositions au fur et à mesure. Parmi les dernières en date : son programme très libéral sur l'économie, avec notamment la retraite à 65 ans et la suppression des 35 heures . Nicolas Sarkozy, plus présent médiatiquement, estime que la campagne de 2017 se jouera sur d'autres priorités. Son sujet de prédilection : "l'identité française" . Comme en 2007… avec le succès que l'on connaît. Deuxième thème de campagne qui semble lui réussir : l'autorité, qu'il a systématiquement mise en avant durant les débordements lors des manifestations contre la loi Travail, en condamnant "la chienlit".

 Il imprime le rythme de l'opposition
Etre maître du calendrier : tel est l'objectif de Nicolas Sarkozy, qui peut user de son statut de président des Républicains pour jouer les chefs d'orchestre. Ultime illustration avec le Brexit. Avant même que les Britanniques ne décident de sortir de l'Europe, l'ex-Président avait formulé des propositions de sortie de crise, sortant de sa manche un "nouveau traité" européen qui permettrait de créer un "Schengen 2". Au soir du Brexit, il n'avait plus qu'à dérouler son projet. Et, bien sûr, une réunion extraordinaire du bureau politique des Républicains pourra se pencher dessus ce lundi, et valider sa proposition.

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