Primaire à gauche malgré François Hollande ? Au PS, c'est l'embarras

Primaire à gauche malgré François Hollande ? Au PS, c'est l'embarras

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OBJECTIF 2017 – Une pétition réclame l'organisation d'une primaire à gauche pour 2017, remettant en cause l'hypothèse d'une candidature naturelle de François Hollande à sa succession. Au PS, on ne ferme pas la porte, mais...

Voilà une excellente idée… qu'on aimerait bien enterrer rapidement. La pétition de plusieurs personnalités (de gauche) pour organiser une primaire, de préférence sans François Hollande, pour 2017, comptait déjà près de 18.000 soutiens ce mardi. Pas de quoi alarmer le chef de l'Etat, mais tout de même. A gauche, des voix de plus en plus nombreuses ne semblent plus considérer la candidature automatique du sortant comme allant de soi (retrouvez ici le texte de la pétition ).

EN SAVOIR +
>> Plusieurs personnalités demandent une primaire à gauche en 2017

Mardi matin, lors de ses vœux, le patron du PS a lui-même mis de l'eau dans son vin. Après avoir fait mine d'écarter l'hypothèse d'une primaire la veille, Jean-Christophe Cambadélis a entrouvert la porte : "Oui à une primaire de refondation, pas à une primaire de contestation". En somme, il serait favorable à une primaire "de Macron à Mélenchon", à condition que les perdants se rangent par la suite derrière le candidat désigné… François Hollande étant susceptible, face à ces opposants, de rafler la mise.

"Une certaine hypocrisie"

Fin tacticien, "Camba" sait que l'hypothèse d'un vote est intenable : on imagine mal le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon se mettre sagement en ordre de bataille derrière François Hollande et Manuel Valls. Ou Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, affronter le chef de l'Etat. "Il y a une certaine hypocrisie", pointe le député écologiste François de Rugy, pourtant favorable "de longue date" au principe d'une primaire. "Ceux qui disent oui souhaiteraient en fait que cette primaire n'ait pas lieu. Aujourd'hui, en réalité, on sait qu'il n'y a pas vraiment d'alternative crédible à une candidature de François Hollande", renchérit l'élu, qui voit mal la gauche radicale et les réformistes s'accorder sur un candidat unique.

Si l'idée ne déplaît pas à l'aile gauche du PS, là aussi, une grande prudence est de mise. "Les signataires de cette pétition mettent le doigt sur une vraie question", assure le député Pascal Cherki. "Ils disent qu'il faut désigner un candidat susceptible de rassembler l'ensemble de la gauche." En outre, indique l'élu parisien, "la primaire est conforme aux statuts du PS. Et en dehors du PS, vous ne convaincrez pas grand monde que François Hollande est le candidat naturel de cette élection".

Difficile, pour autant, de trancher maintenant. "Nous, à l'aile gauche du PS, nous pourrions faire délibérer nos camarades sur le sujet de la primaire à gauche", annonce le député. En somme, un scrutin interne avant celui de la primaire… avant celui de la présidentielle de 2017. Le "peuple de gauche" n'a peut-être pas fini de voter.

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