"Primaire de la droite et du centre" : mais où est le centre ?

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Fillon candidat de la droite pour 2017

2017 - Alors qu’aucun candidat centriste ne va participer à la primaire de la droite et du centre, est-il encore pertinent de baptiser ainsi ce scrutin ? LCI a posé la question aux principaux intéressés, les responsables de l'UDI et du Modem.

Sept candidats issus des Républicains et un du Parti Chrétien-Democrate vont s’affronter au cours de la primaire dite "de la droite et du centre". Aucun centriste ne sera donc sur la ligne de départ. Dans ces conditions, ce scrutin ne devrait-il pas être rebaptisé plus simplement "primaire de la droite" tout court ?

A cette question, de nombreux responsables centristes assurent ne pas être embêtés par l’utilisation du terme "centre". Le patron de groupe UDI à l’Assemblée, Philippe Vigier, qui avait pourtant plaidé il y a quelques mois pour la désignation d'un candidat issu de sa formation, s’est fait une raison. "Cette primaire est ouverte à tous les électeurs de la droite et du centre, pas seulement aux militants des Républicains. Et le but est bien qu’il y ait le plus de votants possibles".

Un avis partagé par le président de son parti, Jean-Christophe Lagarde. "Les électeurs centristes sont invités à y participer et vont manifestement y aller, si j’en crois ce que je vois autour de moi", nous confie-t-il. En revanche, la sénatrice UDI Chantal Jouanno répond à notre interrogation en s’offusquant de cette dénomination. "C’est la primaire des Républicains puisque le centre a refusé d’y participer !"

La primaire ouverte de l’alternance, cela aurait été plus clair- Marielle de Sarnez, députée européenne (MoDem)

Au-delà de l’absence de candidat centriste à ce scrutin, les responsables politiques de cette sensibilité politique seront toutefois attentifs au fait que leurs idées soient présentes dans le débat de la primaire. Et en dépit d’une polarisation très à droite de certains discours, les centristes se veulent optimistes.

"Les idées du centre sont défendues dans cette primaire, veut croire l’ancien eurodéputé Jean-Louis Bourlanges. Notamment par Alain Juppé, pour lequel je voterai. Ce n’est certes pas un centriste, mais il est à l’interface entre la droite et le centre".  S’il récuse l’usurpation du terme "centre" par les Républicains, il dénonce en revanche "un abandon de poste" de la part des centristes, et soupçonne Jean-Christophe Lagarde d’avoir dealé la non-participation de l’UDI à cette primaire contre un poste de ministre.

Philippe Vigier rappelle de son côté que tous les principaux candidats ont été ou vont être auditionnés par les parlementaires de l’UDI. "Nous avons déjà vu Sarkozy, nous avons déjeuné avec Juppé il y a environ deux mois, nous voyons Fillon aujourd’hui (ce mercredi, ndlr), et nous rencontrerons prochainement Bruno Le Maire". Des rendez-vous naturellement destinés à infuser leurs propositions dans les programmes de ces candidats.

Enfin, au Modem, où l’on rêve d’une victoire d’Alain Juppé, on refuse de jouer sur les mots, même si l’on admet du bout des lèvres une possible confusion. "Pour voter à cette primaire, il faut signer une charte des valeurs de la droite et du centre. J’aurais préféré une charte des valeurs de la droite OU du centre", nous indique l’eurodéputée Marielle de Sarnez.  Quant à la dénomination de la primaire, elle regrette le manque d’imagination des responsables LR. "La primaire ouverte de l’alternance, cela aurait été plus clair". Ce n'est pas faux…

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