Primaire de la gauche : sur quels sujets Hamon, Montebourg, Valls et Peillon sont-ils en désaccord ?

DirectLCI
COMPARATIF – Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Manuel Valls ont désormais tous présenté leur programme. Et les points de discorde entre les quatre candidats socialistes de la primaire de la gauche ne manquent pas.

Revenu de base

Le revenu universel est l’un des principaux sujets de discorde entre les quatre socialistes qui se présentent à la primaire de la gauche. Son principal partisan, Benoît Hamon, le défend pour deux raisons : il permettra  selon lui "d’éradiquer la grande précarité" et de contribuer à "définir un nouveau rapport au travail".


Cette mesure coûtant plusieurs centaines de milliards, le député des Yvelines souhaite procéder par étapes, tout d'abord en augmentant le RSA de 10% et en le versant automatiquement à tous les ayant-droits ainsi qu’à tous les jeunes de 18 à 25 ans. A terme, il vise un revenu de 750 euros qui serait versé chaque mois à tous les Français. 

Vincent Peillon et Arnaud Montebourg jugent totalement irréaliste une telle mesure sur le plan économique. Ils critiquent également sa philosophie, estimant que le revenu universel éloigne du travail. 

En vidéo

Pourquoi Arnaud Montebourg est opposé au revenu universel

Manuel Valls défend quant à lui une forme de compromis à travers la création d’un "revenu décent". Celui-ci, d’un montant d’environ 800 euros, serait attribué à toute personne majeure, mais sous conditions de ressources. Il résulterait d'une fusion des minima sociaux. 

Loi Travail

Ce texte de loi, qui a profondément divisé la gauche lors de son examen l’an passé, ne fait pas non plus l’unanimité chez les principaux candidats de la primaire de la gauche. Benoît Hamon et Arnaud Montebourg  veulent tout bonnement l’abroger, alors que Vincent Peillon souhaite seulement réécrire certains articles.  


Dans son programme, l’eurodéputé a en effet vanté certains aspects du texte, comme le compte personnel d’activité, le droit à la déconnexion ou encore l’extension de la garantie jeunes. En revanche, il souhaite rétablir la hiérarchie des normes dans le droit du travail et supprimer l’article qui permet à un accord d’entreprise de réduire la majoration des heures supplémentaires.

En vidéo

Peillon veut rétablir la hiérarchie des normes inversée par la loi Travail

Pour sa part, Manuel Valls ne propose évidemment pas de revenir sur un texte de loi qu'il a fait adopter grâce au 49.3 (article de la Constitution qu'il propose en revanche désormais de supprimer).

En vidéo

Emploi : les propositions des candidats de la primaire de la gauche

La Croissance en Europe

Si les quatre candidats socialistes se disent "européens", tous n’ont pas la même vision de l’Union européenne, ni la même stratégie en vue pour favoriser le retour de la croissance sur le continent. Comme François Hollande, Vincent Peillon tient un discours conciliant et mise sur la concertation. Il propose ainsi un "new deal". Sous l’impulsion du couple franco-allemand, il veut instaurer "un budget de la zone euro capable de soutenir l'activité et l'emploi" contre le respect des engagements budgétaires.


Estimant que l’Europe est confrontée à une "profonde crise de sens", Manuel Valls plaide de son côté pour "une conférence de refondation qui devra créer les conditions d’un consensus indispensable à la survie du projet européen", dont l’un des axes sera de bâtir "un grand plan d’investissement public et privé pour sortir de cette anémie chronique de la croissance". Les secteurs de la transition énergétique et la révolution numérique en seraient au cœur. 

En vidéo

Manuel Valls propose "une conférence de refondation" pour l'Europe

Arnaud Montebourg avance quant à lui une proposition plus tranchante : il dit vouloir "imposer un mandat de croissance et d’emploi aux institutions européennes" afin de mettre fin aux politiques d’austérité. 


Tout aussi offensif, Benoît Hamon plaide pour une alliance des gauches européennes afin d’imposer un moratoire sur le pacte de stabilité et le pacte budgétaire. Son but est d’exclure "les dépenses d’investissement du calcul du déficit" et d’introduire "une logique de coordination et de coopération entre Etats pour tenir compte du cycle économique".

En vidéo

Europe: les propositions des candidats de la primaire de la gauche

Fiscalité

Concernant la fiscalité des ménages, tous les candidats ont leur petite idée pour améliorer le pouvoir d’achat. Vincent Peillon veut instaurer un "bouclier fiscal" pour les Français les plus modestes en plafonnant le montant de leur taxe d'habitation.

Benoît Hamon, lui, envisage une réforme fiscale globale de l’impôt sur le revenu. "Je l’individualiserai, élargirai son assiette par la fusion avec la CSG, et le rendrai plus progressif par une augmentation du nombre de tranches", écrit-il dans son programme.


De son côté, Arnaud Montebourg propose de baisser le taux de CSG sur les salaires allant jusqu'à 1,4 smic. Pour une personne touchant le smic, cela représente un gain de 1200€ par an. Quant à Manuel Valls, il prévoit de poursuivre la baisse des prélèvements obligatoires pour les classes modestes et moyennes, et veut par ailleurs rétablir la défiscalisation des heures supplémentaires que Nicolas Sarkozy avait mise en place.

En vidéo

Arnaud Montebourg veut baisser la CSG pour ceux qui gagnent moins de 1.4 smic

Institutions

Si Manuel Valls ne fait pas particulièrement preuve d’originalité dans ce domaine, les autres candidats s’illustrent par des propositions inédites. Vincent Peillon envisage de faire modifier, par référendum, le mode de scrutin aux élections législatives. Ainsi, il souhaite faire élire les députés à la proportionnelle intégrale. 

En vidéo

Proportionnelle, mandat unique, vote des étrangers : les propositions de Peillon sur les institutions

Arnaud Montebourg défend un mandat présidentiel unique de 7 ans, tout comme Benoît Hamon. Ce dernier veut aussi pouvoir annuler une élection et programmer un nouveau scrutin quand "la somme des votes blancs et des abstentions atteint la majorité absolue".

Cannabis

Benoît Hamon prévoit la légalisation du cannabis et l’encadrement de sa distribution. Manuel Valls et Arnaud Montebourg ne veulent pas en entendre parler. Quant à Vincent Peillon, même si rien ne figure dans son programme sur ce point, il pourrait "rouvrir le débat sur la dépénalisation du cannabis", selon son directeur de campagne Patrick Bloche.

En vidéo

Primaire de la gauche et légalisation du cannabis : le débat est ouvert

En vidéo

JT 20H - Temps de travail, 49-3, minima sociaux : l’interview de Benoît Hamon

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter