Prix Nobel de la paix : et si la fondation Chirac était en lice, aux côtés de Greta Thunberg et du chef Raoni ?

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La mort de Jacques Chirac

DISTINCTION - Jean-Louis Borloo, ancien ministre de Jacques Chirac, a souhaité lundi que la Fondation Chirac, qui promeut les initiatives de paix, soit proposée par la France au comité Nobel pour la paix, qui dévoilera le lauréat le 11 octobre. Quelle est cette fondation ? Qui d'autre est en lice ? On fait le point.

Il "rêve" de ce type d'hommage pour l'ancien président de la République. Jean-Louis Borloo, ex-ministre de la Cohésion sociale de Jacques Chirac, a émis le souhait, lundi sur France Info, que le prix Nobel de la paix, dont le lauréat sera dévoilé le 11 octobre, soit remis à la Fondation Chirac.

"Quand je vois l'émotion qu'il y a à Ramallah, Tel Aviv, en Afrique, au Japon, en Chine, au Liban aujourd'hui, mon rêve c'est que la France propose au comité Nobel non pas que Jacques Chirac soit Nobel de la Paix, puisque ce n'est pas un titre posthume, mais que la Fondation Chirac pour la paix et la culture soit proposée comme Nobel de la Paix", a expliqué l'ancien ministre.

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Une fondation sans Chirac

La fondation en question - à ne pas confondre avec la "fondation Jacques-Chirac", fondée en Corrèze en 1971 pour la prise en charge des personnes handicapées - a été créée en 2008, après la fin du second mandat présidentiel. Reconnue d'utilité publique en mars 2008, la fondation Chirac devait permettre à l'ex-Président de "servir autrement", selon ses propres mots, en promouvant les initiatives pour la paix et l'environnement à travers le monde. 

"Elle ne se substitue pas aux ONG, mais accompagne leurs projets de terrain", indique la fondation sur son site. Financée grâce à des donateurs et des mécènes, elle "consacre une partie de ses ressources aux plaidoyers et élaboration de programmes fédérateurs", en matière de protection de la biodiversité, de "dialogue des cultures" et d'environnement. Son équipe est relativement réduite. Le bureau est composé d'une présidente, Claude Chirac, d'un conseiller juridique, l'avocat Bernard Vatier, de Marie-Hélène Bérard et de Valérie Terranova, deux anciennes conseillères de Jacques Chirac lorsqu'il était Premier ministre (1986-1988) puis président de la République. 

La fondation s'appuie surtout sur des partenariats avec des institutions et des ONG, dont elle relaye le plaidoyer, et remet chaque année un "prix pour la prévention des conflits", dont la lauréate en 2018 fut l'avocate sri-lankaise Dinushika Dissanayake, engagée au sein d'Amnesty International. Rapidement privée de son principal promoteur, Jacques Chirac, en raison de ses problèmes de santé, la fondation a connu des difficultés financières en reconnaissant avoir subi dès 2013 une forte réduction des dons enregistrés. A ses débuts, elle avait reçu d'importants soutiens financiers, dont celui de François Pinault, grand ami de Jacques Chirac. 

Deux autres noms pour le Nobel

Si le lauréat du prochain Nobel doit être dévoilé le 11 octobre par le comité norvégien, peu de noms ont circulé pour cette édition 2019. Celui de l'activiste suédoise de 16 ans Greta Thunberg, tout juste récompensée du prix Right Livelihood, une sorte de "Nobel alternatif", circule depuis plusieurs mois, avancé notamment par des députés norvégiens.

Un autre nom a été suggéré, celui du chef indien Raoni, figure de la lutte contre la déforestation en Amazonie, sur proposition de la fondation brésilienne Darcy Ribeiro, qui a sollicité le soutien d'Emmanuel Macron. Sur un registre plus personnel, Donald Trump a proposé le 23 septembre sa propre candidature. "Je pourrais obtenir le prix Nobel de la paix pour beaucoup de choses s'ils l'attribuaient de manière honnête, mais ce n'est pas le cas", a-t-il notamment déclaré. 

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Pour rappel, le Nobel de la Paix 2018 a été attribué conjointement à Nadia Murad, militante irakienne des droits de l'Homme, et à Denis Mukwege, gynocologue et lui aussi engagé pour les droits de l'Homme au Congo. En 2017, c'est une initiative, l'Ican (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires) qui avait reçu le fameux Nobel de la Paix. 

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