Profs accusés d'islamophobie : Dupond-Moretti dénonce ceux qui "jettent des noms en pâture"

Profs accusés d'islamophobie : Dupond-Moretti dénonce ceux qui "jettent des noms en pâture"

ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR - Deux enseignants de l'IEP de Grenoble ont été mis sous protection après l'affichage de leur nom devant du bâtiment, les accusant "d'islamophobie". Deux enquêtes, judiciaire et administrative, sont ouvertes. Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti a appelé mardi à "ne pas jeter des noms en pâture".

La polémique autour de Science Po Grenoble continue d'agiter l'exécutif. Après Frédérique Vidal et Gérald Darmanin, d'autres ministres prennent la parole pour dénoncer le collage d'affiches, jeudi dernier, à l'entrée de l'Institut d'études politiques (IEP) accusant nommément deux enseignants "d'islamophobie". Des professeurs qui ont été placés sous protection, a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, invoquant "un danger particulier"

Alors qu'une enquête pour "injure publique" et "dégradation" a été ouverte par le parquet de Grenoble, Eric Dupond-Moretti a déploré mardi, sur Europe 1, que les enseignants aient ainsi été mis en danger par des affiches, relayées notamment par la branche grenobloise du syndicat Unef. "On ne peut pas jeter les noms en pâture", a dénoncé le garde des Sceaux. 

"C'est grave", a-t-il poursuivi. "Dans notre société, la tolérance, nos règles, nos traditions doivent nous conduire à saisir les autorités compétentes et à exercer les recours idoines [...] Si on n'est pas content, quand on est étudiant, il y a des recours. Si ce qui est dit par l'enseignant est constitutif d'une infraction pénale, il saisit le procureur de la République. Si ce n'est pas une infraction pénale, il peut aller voir le doyen de l'université. Mais en aucun cas afficher des noms, des visages sur des murs."

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Plusieurs ministres en première ligne

Ce week-end, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a dénoncé des "tentatives de pression et d'intimidation qui viennent troubler les missions de l'établissement" et annoncé, dans un communiqué, qu'elle saisissait l'Inspection générale de l'Éducation, en parallèle de l'enquête judiciaire. 

Lundi, Marlène Schiappa a accusé la branche locale de l'Unef d'avoir "mis en danger très clairement" les deux enseignants en relayant les accusations. "On est là dans des actes odieux après ce qu'il s'est passé avec la décapitation du professeur Samuel Paty, qui, de la même manière, avait été jeté en pâture sur les réseaux sociaux. On ne peut plus tolérer ce type de fait", a dénoncé la ministre chargée de la Citoyenneté, sur BFMTV. Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a également manifesté son soutien aux enseignants, mettant en garde sur LCI contre les conséquences d'une "délation"

Au-delà du gouvernement, l'affaire a suscité de nombreuses réactions au sein de l'opposition. Le maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle, a, lui aussi, "condamné fermement que des noms soient jetés en pâture", dimanche sur BFMTV. "Nous devons apaiser la situation dans les universités qui sont des Cocotte-Minute", a-t-il estimé. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, a fustigé le "terrorisme intellectuel", tandis que le sénateur LR Bruno Retailleau a appelé à "taper fort" contre les auteurs de ces messages. 

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