Projet Cigéo : le dernier cadeau radioactif de la loi Macron

Projet Cigéo : le dernier cadeau radioactif de la loi Macron
Politique

DANS LE DOS DES ÉCOLOS - L'ultime passage de la loi Macron, adoptée mardi sans vote, a réservé une dernière surprise aux députés. Un amendement supprimé à plusieurs reprises s'est invité en catimini dans la version finale. Il prévoit la création d'un site d'enfouissement des déchets nucléaires dans la Meuse. Au grand dam des écologistes.

Jusqu'à la dernière minute, la loi Macron aura décidément réservé plein de surprises. Mardi, lors de l'adoption du texte sans vote ( le fameux recours décrié au 49.3 ), les écologistes ont eu la surprise de voir filer sous leur nez un amendement qu'ils croyaient avoir enterré en juin . Ou plutôt enfoui.

Cet amendement, supprimé trois fois depuis le premier examen en décembre 2014 sous la pression des écologistes, s'est rajouté en catimini dans la dernière version du texte. Initialement conçu par le sénateur de la Meuse Gérard Longuet (Les Républicains) puis repris par le député PS François Brottes (président de la commission d'enquête sur les coûts du nucléaire), ce bout de texte donne le feu vert au projet de site d'enfouissement de déchets radioactifs Cigéo … Précisément à Bure, dans la Meuse. Un projet estimé à plusieurs dizaines de milliards d'euros et sur lequel planche encore l'Autorité de sûreté nucléaire .

"Pur cavalier législatif"

Une décision "précipitée, sans débat réel sur le contenu de l'article", a dénoncé le député EELV Denis Baupin peu avant la validation du texte. Un "pur cavalier législatif", dénonce vendredi le parti écologiste, qui compte utiliser une saisine du Conseil constitutionnel sur la loi Macron par la droite pour faire invalider l'amendement.

Le texte conditionne l'expérimentation du stockage des déchets nucléaires "en couche géologique profonde" et pose, en contrepartie, le principe de "réversibilité", c'est-à-dire la possibilité pour les générations futures de récupérer ces déchets en vue de les traiter selon les technologies qui existeront alors. En avril, pour justifier cet apport surprenant à la loi Macron - censé traiter d'activité économique et non de transition énergétique -, le sénateur Gérard Longuet avait invoqué, "derrière ce projet, un chantier immédiat occupant plus de 2500 salariés, ainsi qu'un secteur économique qui emploie plusieurs dizaines de milliers de salariés". Ce petit coup de pouce législatif, hors débat, doit permettre de caler pour les années à venir le calendrier déjà bien goupillé du projet : début des travaux en 2019 et démarrage de l'installation entre 2025 et 2030. 

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