Les tests ADN généalogiques bientôt autorisés en France ?

Les tests ADN généalogiques bientôt autorisés en France ?
Politique

GÉNÉTIQUE - Ce jeudi, les députés sont invités à se prononcer sur l'autorisation des tests ADN, illégaux en France mais pratiqués par plus de 100.000 Français chaque année pour connaître leurs origines et leur filiation, via des sociétés étrangères.

L’Assemblée nationale a voté mercredi l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, mesure phare du projet de loi bioéthique examiné en ce moment en deuxième lecture. Ce jeudi, les députés ont voté en faveur de dérogations autorisant certains établissements privés à but lucratif à pratiquer l’autoconservation des gamètes s’il n’existe pas d’alternative publique dans leurs départements. Ils sont aussi invités à se positionner sur l’autorisation des tests ADN généalogiques.

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Bruno Fuchs, député MoDem, a déposé un amendement pour mettre fin à "l’hypocrisie" qui entoure ces tests, illégaux mais effectués par 100.000 à 200.000 Français chaque année selon l’Inserm, via les services d’entreprises privées étrangères. "Soit on condamne, soit on légalise", a déclaré le député sur franceinfo ce jeudi 30 juillet. Mais puisque selon lui la pratique existe déjà, "il faut légiférer. Comme on ne peut pas interdire, il faut encadrer".

Mieux protéger les données

Le parlementaire pointe du doigt plusieurs problèmes, notamment la faible fiabilité des tests dans leurs résultats ("certains tests disent 'européen' à 50%, d'autres à 20% pour la même personne", avance-t-il), et le manque de protection des données. "On a en France un régime de protection des données qui est plus protecteur. Quand vous laissez vos données en Israël ou aux Etats-Unis, les opérateurs en font ce qu’ils veulent", explique-t-il. 

Ensuite, il estime qu'il faut protéger les citoyens de la violence potentielle des résultats. "Quand vous faites faire des tests pour avoir l’origine de votre filiation, c’est d’une violence totale. Il arrive par La Poste et vous pouvez vous apercevoir que votre père n’est pas votre père, et votre fils n’est pas le vôtre. Il faut encadrer tout ça, protéger le citoyen." 

En France, seuls sont autorisés les tests à portée médicale, scientifique ou judiciaire. Ils sont très encadrés, et le projet de loi devrait modifier quelques règles. Actuellement, quand un médecin généticien procède au test génétique d'un patient, il ne peut le faire que dans un but défini à l'avance, par exemple identifier une maladie. S'il découvre autre chose, il ne peut en informer le patient. Désormais, il le pourrait. En revanche, les tests pré-conception, réalisés par un couple qui veut un enfant pour savoir si celui-ci risque d'être porteur d'une maladie génétique, resteront proscrits, pour éviter un risque de glissement vers l'eugénisme. 

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