Projet de loi contre le "séparatisme" : Alexis Corbière fustige l'attitude du gouvernement

Projet de loi contre le "séparatisme" : Alexis Corbière fustige l'attitude du gouvernement

INTERVIEW - Le député de la Seine-Saint-Denis était l'invité de Jean-Michel Aphatie ce mardi sur LCI. L'occasion d'évoquer le projet de loi contre le "séparatisme", dont les députés ont entamé l'examen en commission.

Les députés ont entamé lundi l'examen en commission des 51 articles du projet de loi contre le séparatisme qui vise à lutter contre l'islamisme radical, avec à la clé une polémique alimentée par les oppositions furieuses du nombre d'amendements jugés irrecevables. Un total de 1878 amendements avaient été déposés sur ce projet de loi "confortant le respect des principes de la République", en commission toute la semaine, avant les débats dans l'hémicycle à partir du 1er février. 286 ont été retoqués.

"Nous, le groupe Insoumis, on a déposé 104 amendements. D'ores et déjà, on s'en est fait rejeter 31 à 33 - ce n'est pas tout à fait fini. La raison est qu'on nous dit 'ce n'est pas en lien avec le texte', ce que je conteste", explique Alexis Corbière, invité de LCI ce mardi matin, pour qui les parlementaires ont simplement fait un usage classique de ce que  leur permet l'article 45 de la Constitution. La veille, le député de Seine-Saint-Denis avait déjà dénoncé la "méthode autoritaire de LaREM"

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"Assez incompréhensible"

"Il s'agit d'un texte qui aborde 51 articles, beaucoup de sujets, on passe du statut des fonctionnaires, au certificat de virginité, à l'instruction en famille...", reprend Alexis Corbière. "Comme l'avait dit le président de la République, quand on parle de ce qui est le terreau du fanatisme religieux, on pourrait parler de politique de la ville, d'urbanisation... C'était la dernière partie de son discours aux Mureaux." 

"Moi, j'ai mis des amendements sur ce que j'appelle vulgairement 'le séparatisme des riches', du moins la ségrégation sociale qui se met en place. Un Premier ministre, Manuel Valls, avait dit en 2015 qu'il y existait un apartheid social et ethnique dans le pays. C'est ça qu'il faut corriger." 

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Alors que certains, à l'instar d'Eric Ciotti, dénoncent un débat "tronqué par avance", force est de constater qu'aucune la plupart des groupes n'avancent pas en blocs resserrés, notamment dans la majorité. Parmi les point de crispation : la question du voile qu'un amendement de la N.2 bis du groupe LaREM, Aurore Bergé, visait à interdire pour les petites filles. La proposition de la députée des Yvelines et de son collègue Jean-Baptiste Moreau avait été très mal accueillie en interne où la perspective d'introduire une telle polémique était perçue comme le moyen le plus sûr de faire dérailler le débat.

L'amendement qui a été salué par la droite et l'extrême droite a été rejeté en vertu de l'article 45. Une façon pour le gouvernement de "faire la police dans ses propres rangs", estime Alexis Corbière, qui s'il se dit "en radical désaccord" avec la proposition, juge qu'il fallait néanmoins la discuter. "C'est assez incompréhensible..."

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