Protection rapprochée : les petits caprices onéreux des anciennes personnalités de la République

Protection rapprochée : les petits caprices onéreux des anciennes personnalités de la République

Politique
DirectLCI
RÉVÉLATIONS - Selon les informations de nos confrères du Parisien, le service de protection des personnalités connaît quelques dérives dans son utilisation. Dans un article publié ce mercredi, on apprend notamment que certains anciens ministres et autres VIP bénéficiant de cette protection, semblent abuser de ce service.

Si de nombreux Français sont sommés de se serrer la ceinture, pour certains anciens ministres et personnalités protégées par le service de protection de la République, il en va autrement. Dans un article publié par Le Parisien, ce mercredi matin, on apprend ainsi que "certaines personnalités politiques semblent abuser des services de protection qui leur sont accordés". Parmi elles, Brice Hortefeux, Edouard Balladur, Dounia Bouzar ou encore Michel Charasse et Daniel Vaillant. Dès 2010, un rapport de la Cour des comptes épinglait les mauvaises pratiques de ces "protections de confort". Depuis rien n'a visiblement changé et ce service continue de coûter très cher à l'État : 71.879 euros par an par policier assigné à la protection. 

"Il ne supportait pas qu'Edouard Balladur lui demande de cirer ses chaussures et de sortir son chien"

Si ces missions sont avant tout, du moins sur le papier, celles de protéger ces personnalités et ministres, parfois, on observe certaines dérives. D'après le quotidien, Dounia Bouzar, chantre de la déradicalisation, ferait faire des travaux de secrétariat à ses "anges gardiens". Pire, après une altercation au cours de laquelle elle aurait jeté un gardien de la paix hors de chez elle, un rapport aurait même été rédigé pour dénoncer son attitude. Selon l'intéressée, les relations sont tendues avec la hierarchie mais pas avec les hommes et femmes de terrain. Toujours d'après Dounia Bouzar, tout ce serait envenimé depuis qu'elle travaille avec l'ancien endoctrineur des frères Kouachi, responsables de l'attentat de Charlie Hebdo, Farid Benyettou, islamiste repenti. 


Michel Charasse, ancien ministre du Budget sous Mitterrand, lui, a bénéficié d'une protection jusqu'en 2013. Dans un rapport confidentiel, La Cour des comptes estimait que le fait que "le week-end, Michel Charasse mettait à disposition de ses anges gardiens un pied à terre. Tout en faisant prendre en charge le loyer par le contribuable, à hauteur de 121,96 € mensuels", était "regrettable". En réaction, l'ancien ministre a fait savoir que "ce coût est largement inférieur à celui de chambres d'hôtel", indiquent nos confrères. 

Brice Hortefeux, autre ancien ministre bénéficiant de ce service, avait demandé que ses enfants soient aussi protégés. Reste qu'il y a un mois, le convoyage de ses enfants entre Paris et Clermont-Ferrand (son fief électoral) a été stoppé. "Mes enfants disposent d'une protection très ponctuelle, à raison de deux fois par mois. Lorsque j'ai bien précisé que cette protection n'était pas permanente, tout est rentré dans l'ordre", a déclaré le proche de Nicolas Sarkozy. 


Autre personnalité pointée du doigt par l'article de nos confrères, l'ancien Premier ministre, Edouard Balladur. Un policier affirme qu'un officier de sécurité a quitté son poste, "car il ne supportait pas qu'Edouard Balladur lui demande de cirer ses chaussures et de sortir son chien". Si les proches de l'ancien patron du gouvernement Mitterrand le défendent, Le Parisien pointe avec une certaine ironie que "l'ex-chef du gouvernement a été aperçu chez un fleuriste du quartier Passy à Paris. Le policier portait le bouquet"... Pour Daniel Vaillant, ancien ministre de l'Intérieur, ce sont ses choix de voitures qui ont causé une crise d'urticaire aux comptables de Beauvau. Il aurait souhaitait un "monospace dépassant les 50.000 euros". Aujourd'hui, il roule en Volkswagen Sharan.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter