PS à La Rochelle : match nul entre Valls et les frondeurs

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REPORTAGE - Tout le week-end, on a pu entendre le navire PS grincer de toutes parts sur le port de La Rochelle. Mais chacun a fini par y trouver son compte : les frondeurs ont frondé, sans que Manuel Valls n'ait à reculer.

Ce week-end rochelais nous aura appris une chose : Manuel Valls sait marcher sur un fil. Arrivé samedi sous les huées à l'université d'été du parti socialiste, le Premier ministre l'a close dimanche sous les applaudissements. Point d'orgue symbolique de son discours, il a lancé aux militants un "j'aime les socialistes", qui faisait pendant au "j'aime l'entreprise" assumé mercredi devant le Medef.

> Revivez ici le live-tweet de son discours

D'amour, il n'était pourtant guère question ces trois jours. Au terme d'une semaine noire pour la majorité et les socialistes, les militants étaient venus en nombre pour une explication de texte de sa politique : 4500 participants, "un record" selon la direction du parti. Les élus "frondeurs", eux, étaient venus faire une démonstration de force, avec le lancement samedi de leur mouvement "Vive la gauche ! "

L'ovation du PS n'égale pas celle du Medef

A la tribune, dans la grande salle de l'espace Encan, Manuel Valls n'élude pas l'affrontement. Allant jusqu'à tancer l'assistance quand elle siffle les entreprises : "Quel message pour les Français ?!" Et d’égrener, dans un habile crescendo qui durera plus d'une heure, les dossiers qui rassemblent. Une polémique naissante est tuée dans l'oeuf : "Il n'y aura pas de remise en cause des 35 heures". Les impôts ? Ils doivent baisser et ils baisseront, affirme-t-il. Quant à la rigueur budgétaire, "il faut adapter le rythme". Si l'ovation finale est loin d'égaler celle reçue chez les patrons, le Premier ministre a gagné ce bras de fer. Il est même rejoint, le temps d'une Marseillaise, par sa ministre de la Justice Christiane Taubira, qui le défiait pourtant la veille en s'affichant au côté des frondeurs .

Dehors, le soleil radieux n'a d'égal que le soulagement général : l'université n'a pas craqué. Le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, peut souffler après avoir joué tout le weed-end le "capitaine la synthèse". Du côté des frondeurs, le député Christian Paul se félicite aussi : "Nous repartons avec un fort soutien des militants". Et son camarade Laurent Baumel de prévenir : "Manuel Valls fait le grand écart mais la vérité est dans son action, qu'il faudra bien clarifier". Rendez-vous à l'Assemblée dans une semaine, pour la reprise des travaux parlementaires.

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