#PSLeDébat - Déménager, recruter, redresser et orienter : les 4 chantiers qui attendent le prochain patron du PS

Politique
RENAÎTRE OU MOURIR - Neuf mois après la débâcle des législatives, les militants socialistes sont appelés, les 15 et 29 mars, à voter pour l'orientation et le nouveau Premier secrétaire qui sera chargé de remettre le parti sur les rails. Quatre enjeux occuperont le futur patron du PS.

Le Parti socialiste parviendra-t-il à renaître de ses cendres ? Neuf mois après la déroute des élections, les militants sont appelés les 15 et 29 mars à déterminer leur feuille de route et à désigner leur nouveau Premier secrétaire. Luc Carvounas, Olivier Faure, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel, candidats à cette fonction, confronteront leurs projets lors de l'unique débat retransmis en direct, le 7 mars, sur LCI, RTL et Le Figaro.


Le nouveau patron du PS aura la lourde tâche de redresser le parti, de définir son identité et de rassembler des militants déboussolés par les guerres de chapelles qui ont miné la fin du quinquennat Hollande et l'élection présidentielle. Plusieurs chantiers attendent la prochaine direction. 

Stopper l'hémorragie des militants

Combien le PS compte-t-il encore de militants actifs ? Si l'ampleur des pertes post-électorales n'est pas connue précisément, le parti revendique près de 100.000 sympathisants dans ses fichiers. Mais la direction collégiale reconnaît elle-même que les adhérents actifs seraient moins de 20.000. Pour Luc Carvounas, l'un des candidat au poste de Premier secrétaire, le chiffre serait plus bas encore. 


Au-delà des chiffres, chacun s'accorde à considérer que la priorité immédiate est de stopper l'hémorragie en donnant des perspectives aux militants du PS. Chacun des candidats promet de leur redonner du pouvoir et d'élargir le projet politique à la société civile et au mouvement associatif. Emmanuel Maurel promet notamment un recours au référendum militant "pour trancher sur les questions essentielles", un "droit à la formation militante" et des "assemblées des gauches décentralisées" indépendantes des structures du parti. Dans la même veine, Luc Carvounas préconise des "conférences de consensus" ouvertes pour définir le projet, ainsi qu'une réforme de l'élection du conseil national pour donner du pouvoir aux adhérents. Les quatre candidats veulent "coconstruire" le nouveau projet avec les militants et les fédérations. 

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Le nouveau chemin de croix du Parti Socialiste

Fixer un cap

Le vote des militants sur les "textes d'orientation" des quatre candidats ne règlera pas la question de la ligne politique du parti,  tiraillé sur sa droite par LREM, et sur sa gauche par LFI et les soutiens de Benoît Hamon, rassemblés dans Génération-s. Au-delà de ces professions de foi consensuelles, le prochain Premier secrétaire devra en effet composer avec des lignes autrefois jugées "irréconciliables" par le démissionnaire Manuel Valls, mais condamnées, sous peine de disparaître, à coexister dans la même structure.


Entre Emmanuel Maurel, député européen et membre de l'aile gauche du PS, "antilibéral", et Stéphane Le Foll, dépositaire du bilan de François Hollande et partisan d'un "réalisme" sans lequel la gauche ne pourrait selon lui pas diriger le pays, la coexistence au sein d'un même parti ne semble pas plus évidente qu'avant la présidentielle. Le prochain patron du PS devra donc fixer un cap, sans pour autant circonscrire dans l'immédiat une ligne politique très précise. Un exercice d'équilibriste auquel François Hollande s'était déjà prêté au début des années 2000, dans le désormais très célèbre exercice de la "synthèse".

Trouver un nouveau siège

Les difficultés du PS ne sont pas que d’ordre politique, elles sont financières. Les débâcles de la présidentielle et surtout des législatives ont coûté cher aux caisses du parti. Selon son trésorier, Jean-François Debat, ces échecs électoraux ont fait passer son budget annuel de 28 à 8 millions d'euros, soit un manque à gagner de 100 millions d'euros en dotations d'Etat et cotisations d'élus sur cinq ans par rapport au précédent quinquennat. 


Après des semaines d’hésitation, la décision de vendre le siège historique situé rue de Solférino dans le VIIe arrondissement de Paris, s’est finalement imposée pour éviter la banqueroute. En septembre dernier, le PS a officiellement annoncé qu’il allait quitter ce vaste bâtiment de 3389m² acquis au début des années 80. A l’époque, le choix du PS d'investir cet hôtel particulier situé à deux pas de l'Assemblée nationale se voulait un instrument de propagande, gage de puissance et respectabilité. 

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Le Parti socialiste vend son siège historique pour 45,5 millions d'euros

Mais les temps changent et le PS, plus moribond que jamais, doit se réinventer. Jean-François Debat veut justement voir dans ce déménagement "une occasion et un choix de refonder notre action ailleurs. Bien sûr, nous sommes tous attachés (...) au siège du Parti socialiste. Mais on nous a suffisamment dit après les échéances présidentielles et législatives que ce n'était pas seulement une défaite, mais que c'était la fin d'une époque, la fin d'une ère (...) qu'il faut aussi admettre que cette refondation peut se faire ailleurs qu'ici". Trouver un nouveau siège au PS sera donc l’une des toutes premières missions du futur Premier secrétaire. 

Préparer les échéances électorales

Après un nécessaire travail d’introspection pour sortir le PS de sa léthargie post-électorale, le futur patron des socialistes va devoir rapidement préparer les élections européennes qui doivent en principe avoir lieu en mai 2019. Le PS compte actuellement une dizaine d'eurodéputés. Pour espérer ne pas voir ce nombre diminuer, il va falloir qu’il retrouve impérativement son attractivité politique. Cela passera évidemment par l’émergence de nouveaux leaders mais surtout par une clarification de ses positions sur l’Europe à l’occasion de ce scrutin. 


La tâche ne sera pas facile. Car comment faire valoir sa singularité, entre les candidats de la République en Marche, chargés de porter le discours pro-européen d’Emmanuel Macron, et ceux de la France insoumise, prêts à proposer le retrait de la France de l’Union européenne si le fonctionnement de celle-ci n’évolue pas... Tel sera le dilemme de la nouvelle équipe dirigeante.

Sitôt les européennes passées, il faudra réembrayer sur les élections municipales, qui doivent normalement se dérouler au cours de l’année 2020. L’un des principaux enjeux sera de conserver les quelques grandes villes qui sont encore socialistes, comme Nantes, Rennes ou encore Strasbourg. Sauf que la République en Marche entend bien les chiper au PS. Dans ces conditions, il pourrait être compliqué pour Anne Hidalgo de conserver son fauteuil de maire de Paris. A Lyon, la rivalité entre socialistes historiques, fidèles au parti, et les macronistes, qui comme Gérard Collomb ont rallié La République en Marche, promet d’être féroce.

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