#PSLeDébat - Le Foll : "Je suis candidat pour donner aux socialistes l’énergie de se relever"

INTERVIEW – L’ancien ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, est l’un des quatre candidats au poste de Premier secrétaire du PS. Avant le débat qui l’opposera mercredi sur LCI à Luc Carnouvas, Olivier Faure et Emmanuel Maurel, il nous présente sa feuille de route pour redresser son parti.

LCI.fr : Beaucoup de personnalités politiques qui ont gouverné avec François Hollande, à l’instar de Bernard Cazeneuve ou d’Arnaud Montebourg, ont pris leur distance avec le Parti socialiste et même avec la politique. Ce n’est pas votre cas. Qu’est-ce qui vous pousse, vous, à continuer aujourd’hui et à briguer le poste de premier secrétaire du PS ?

Stéphane Le Foll : Je n’ai pas envie de laisser le PS dans la difficulté dans laquelle il est. Je souhaite participer à son redressement. J’ai été durant 11 ans directeur de cabinet d’un Parti socialiste qui avait une grande implantation partout en France, plus de 120.000 militants, qui a connu des victoires et des défaites aussi… donc c’est un engagement par fidélité. Je suis candidat pour aider, pour donner aux socialistes et à ce parti l’énergie de se relever.

LCI.fr : Si vous devenez fin mars le nouveau Premier secrétaire du PS, quelle sera votre première décision ?

Stéphane Le Foll : Ma première décision sera de lancer les Assises des socialistes pour organiser un débat rapide en interne afin que fin septembre on puisse s’adresser aux Français. Nous avons besoin de remettre les choses à plat, de réfléchir sur notre fonctionnement, sur le rôle et la place des fédérations. Cela passe notamment par une réorganisation territoriale pour avoir des débats plus décentralisés. Bref, nous avons beaucoup de choses à faire mais il faut aller vite pour ne rester dans l’introspection.

LCI.fr : Dans votre texte d’orientation, vous plaidez pour "une croissance sûre". Vous pouvez nous en dire plus ?

Stéphane Le Foll : Dans le débat sur l’écologie, beaucoup estiment qu’écologie et économie doivent être dissociées. Certains ont même théorisé le fait qu’il fallait de la décroissance pour intégrer l’écologie. Moi je pense au contraire qu’il est possible de financer un modèle social et de maintenir un niveau de production de richesse suffisant pour lutter contre les inégalités tout en assurant la transition vers une économie décarbonnée. C’est cela que j’appelle la croissance sûre.

"Je proposerais Les Socialistes" Stéphane Le Foll (à propos du changement de nom du PS)

LCI.fr : Le dialogue à gauche entre le PS et Jean-Luc Mélenchon semble rompu depuis déjà plusieurs années. En revanche, un rapprochement avec Benoît Hamon est-il envisageable ?

Stéphane Le Foll : On ne peut pas commercer à envisager des rapprochements sans commencer à envisager notre redressement. De toute façon, si la France insoumise est encore devant le PS au niveau électoral, Jean-Luc Mélenchon fera comme il a fait avec Benoît Hamon, il dira : ‘je ne me range pas derrière le PS , c’est au PS de se ranger derrière moi’. Quant à Benoit Hamon, je ne sais pas trop où il en est, si ce n’est qu’il a créé un mouvement. Nous, il faut d’abord qu’on se réaffirme, et après seulement on pourra envisager des alliances avec tous ceux qui voudront discuter. Mais cela ne pourra se faire que sur une ligne politique réaffirmée.

LCI.fr : On vous sait proche de François Hollande. Dans votre texte d’orientation, vous esquissez un bilan de son quinquennat. Quelle est, à vous yeux, sa principale réussite ?

Stéphane Le Foll : J’en citerai plusieurs. Tout d’abord, la création de 55.000 postes dans l’Éducation nationale. C’était un acte fort. Il y a eu le redressement économique et industriel grâce au Pacte de responsabilité. Et puis deux grandes mesures sociales, qui sont passées trop inaperçues, que sont la retraite à 60 ans (pour les salariés ayant commencé à travailler très jeune, ndlr) et le tiers-payant généralisé.

LCI.fr : Et son principal échec ?

Stéphane Le Foll : C’est de ne pas avoir incarné la présidence de la République de manière continue. Il y a eu des moments extrêmement forts dans l’incarnation, notamment au moment des attentats. Mais après, il y a eu des moments d’absence.

LCI.fr : Le PS va quitter Solférino, son siège historique. Doit-il également changer de nom selon vous ?

Stéphane Le Foll : La question sera posée. Moi je proposerais Les Socialistes. Mais ce sera aux militants de trancher lors des Assises.

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