#PSLeDébat - Olivier Faure : "Il y a un gouvernement pour les riches, il faut un parti pour tous les autres"

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Olivier Faure nouveau patron du PS

INTERVIEW - Olivier Faure, député de Seine-et-Marne, est l'un des quatre candidats au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, face à Luc Carvounas, Stéphane Le Foll et Emmanuel Maurel. Pour LCI, il livre sa vision de ce que doit être la refondation de la gauche.

Le patron du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, député de Seine-et-Marne, est l'un des quatre candidats qui s'affrontent pour le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste, sur lequel les sympathisants vont trancher le 29 mars prochain. Olivier Faure, ancien collaborateur de François Hollande, proche de Jean-Marc Ayrault, s'estime le mieux placé pour réconcilier les courants au sein d'un parti dévasté par les élections de 2017.

En amont du débat du mercredi 7 mars sur LCI, RTL et Le Figaro, celui qui promet la "renaissance" du parti de Jaurès s'est exprimé, pour LCI, sur les valeurs qu'il défend, son projet pour remobiliser les militants et rassembler la gauche. 

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Le portrait en hashtag d'Olivier Faure, candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste

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LCI : De nombreux socialistes, cadres ou militants, ont choisi de quitter le parti après la défaite aux élections. Y avez-vous songé un moment ? Pourquoi être resté ?

Olivier Faure : Je me suis engagé au Parti socialiste quand j’étais lycéen. Je croyais à ses valeurs, à son histoire, à son avenir, j’y crois toujours. Face à une gauche radicale qui n’est pas de gouvernement et à un gouvernement qui n’est pas de gauche, les Français ont besoin d’une gauche qui agit, ils ont besoin du PS. Il y a un gouvernement pour les riches, il faut un parti pour tous les autres.

LCI : Comment comptez-vous convaincre les militants qui sont dans le désarroi ?

Olivier Faure : Après cette terrible défaite, nous devons être lucides, montrer que nous avons compris le message des Français, ne plus faire de la politique comme avant. Nous devons tout changer, changer les comportements, changer notre organisation, plus ouverte et décentralisée, changer d’équipes en faisant émerger de nouveaux visages, et construire ensemble un nouveau projet ancré dans le monde d’aujourd’hui. C’est le chemin de la renaissance que je propose. Si nous savons mener cette transformation, les Français reviendront vers nous.

LCI : Faut-il rejeter tout ou partie du bilan de François Hollande ?

Olivier Faure : Nous mènerons l’analyse lucide du quinquennat et il faudra réhabiliter ses réussites. Mais les Français ont jugé ce bilan insuffisant et ils nous ont sanctionnés. Ils sont les seuls juges.

Je suis attaché au nom du Parti socialiste- Olivier Faure

LCI : Faut-il discuter avec Jean-Luc Mélenchon, qui refuse toute alliance avec le PS ?

Olivier Faure : Rassembler les socialistes, pour rassembler la gauche et construire une alternative à ce pouvoir, telle est notre mission. Nous dialoguerons donc avec toutes celles et ceux qui se situent dans le camp de la gauche et des écologistes. Mais vous l’avez dit, cette question du rassemblement se pose d’abord à Jean-Luc Mélenchon qui en refuse le principe. Pour rendre possible le rassemblement de la gauche, le PS doit retrouver de la force et affirmer son autonomie, son identité.

LCI : Quelle sera votre première mesure si vous êtes élu Premier secrétaire ?

Olivier Faure : Mettre le parti au travail sur l’Europe qui est l’enjeu politique le plus important, aller vers les Français pour débattre avec eux de son futur, et lancer une initiative pour une convention des gauches européennes. Reconstruire une alliance européennes des gauches et des écologistes est une priorité absolue pour changer le cours de la construction européenne vers une Europe sociale et solidaire, qui protège, défend son modèle social dans la mondialisation, et investit pour préparer l’avenir des emplois et réussir la transition écologique et énergétique.

LCI : Faut-il changer le nom du Parti socialiste ?

Olivier Faure : Je suis socialiste et je suis attaché à ce nom que nul autre ne saurait remplacer. J’entends mener la renaissance du Parti socialiste, pas sa disparition. A l’heure des mouvements aux identités floues et du pouvoir d’un seul, je crois à l’action collective et à une identité qui s’inscrit dans l’Histoire et est fidèle à des valeurs.

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