#PSLeDébat : chez les socialistes d'Ile-de-France, l'espoir d'un sursaut pour éviter "une longue déliquescence"

CONGRES - Les militants socialistes sont appelés à voter les 15 et 29 mars pour déterminer le projet et désigner le Premier secrétaire qui conduira la "refondation" du parti. Le débat du 7 mars, sur LCI, RTL et "Le Figaro", sera suivi avec attention par les militants et les responsables de section, et notamment en Ile-de-France, où le PS a été liquidé lors des dernières élections.

Renaître ou mourir. Les militants socialistes sont appelés à choisir, les 15 et 29 mars, un projet et un Premier secrétaire dans le cadre d'un 78e congrès qui est, de l'avis de nombre d'entre eux, celui de la dernière chance. La nouvelle direction - les instances et fédérations seront intégralement renouvelées - aura la lourde tâche de recoller les morceaux éparpillés d'un parti défait par les élections de 2017, écartelé entre En Marche d'un côté, La France insoumise et Génération.s (le mouvement de Benoît Hamon) de l'autre. 


Un enjeu parfaitement mesuré par les militants et responsables que LCI a pu joindre cette semaine à Paris et en banlieue, où le PS a perdu au printemps 2017 une grande partie de ses bastions dans la débâcle électorale. De l'avis de ces derniers, le débat organisé mercredi soir, et retransmis en direct sur LCI, RTL et Le Figaro, pourrait d'ailleurs jouer un rôle dans le choix des électeurs socialistes en vue du congrès. 

Noyau dur

Pour l'heure, les militants peuvent avoir du mal à se compter. Si le parti revendique toujours plus de 100.000 adhérents, les estimations sur le nombre réel de militants à jour de cotisations sont beaucoup plus basses. "Si l'on se réfère aux adhérents de 2015 (qui pourront voter en mars même s'ils ne sont pas à jour des cotisations des deux dernières années, NDLR), oui, il peut y avoir 102.000 personnes", estime Guillaume Eustache, responsable de section dans le VIIIe arrondissement de Paris. "Mais pour le congrès, je ne pense qu'on atteigne les 50.000 votants." Le militant reconnaît qu'il va y avoir "du travail" pour convaincre les sympathisants de rester ou de revenir dans le giron du parti de Jaurès. 


"Dans notre section, on a clairement subi des pertes", raconte Marine Rosset, qui s'occupe de la section PS du Ve arrondissement de Paris. "Nous essayons de convaincre qu'il y a encore un avenir pour le PS. Lors du congrès, on verra probablement revenir un noyau dur. Beaucoup me disent qu'ils iront, mais que c'est la dernière chance. Sinon, le parti subira une longue déliquescence..."


Pour Emma Antropoli, ancienne collaboratrice de la députée (et ancienne ministre) Ericka Bareigts, qui milite dans la section du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), "il y a encore du débat et de la bienveillance, ce qui est rassurant". "Au moins", ironise-t-elle, "ceux qui restent, c'est qu'ils en ont vraiment envie"... "Ceux qui n'ont pas rejoint Mélenchon, Hamon ou Macron, ils ont fait un choix", abonde Guillaume Eustache. "Ces légitimistes ont encore le sens de la loyauté et de la fidélité."

Tout changer

Pour répondre aux craintes et aux attentes des militants, les cadres du parti ont du pain sur la planche. "Nous devons changer nos statuts et changer nos règles de vote afin d'avoir un discours plus clair, être à nouveau en phase avec la société sur des thèmes comme l'écologie et l'emploi, ouvrir le parti à la société civile et aux intellectuels", énumère Marine Rosset. "Benoît Hamon avait peut-être commencé ce travail durant la présidentielle, mais ce n'était pas inscrit au programme du PS", ajoute cette responsable qui soutient la candidature de Stéphane Le Foll.


Un souhait partagé par-delà les chapelles qui ont, malgré tout, survécu aux élections. Sur ce point, les cadres socialistes ne se font pas d'illusion : le PS restera à l'avenir un conglomérat de courants. Malgré tout, pour élaborer un projet politique viable, certaines clarifications s'imposent. "Ceux qui ont rejoint Génération.s vont devoir se définir", estime ainsi Emma Antropoli, à propos des militants qui ont suivi Benoît Hamon sans pour autant quitter officiellement le Parti socialiste. Combien d'entre eux iront voter les 15 et 29 mars ? Impossible à dire. Mais cette cohabitation informelle crée encore des tensions, comme dans cette section de Châtellerault où les partisans de l'ancien candidat socialiste à la présidentielle ont été priés de plier bagages, au nom de l'interdiction de la "double appartenance". Pour se compter, il faut déjà savoir où l'on est. 

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