Quand Benoît Hamon devient plus flou sur son idée de revenu universel

Quand Benoît Hamon devient plus flou sur son idée de revenu universel
Politique
REECRITURE - A deux jours du troisième débat de la primaire de la gauche, Benoît Hamon aurait quelque peu infléchi sa position sur sa proposition de revenu universel. Une façon de répondre aux multiples critiques qui lui sont adressées quant à la faisabilité de cette mesure ?

Elle aura été au coeur du bras de fer qui a opposé les candidats de la primaire de la gauche. La proposition de Benoît Hamon d'instaurer un revenu universel d’existence est loin de faire des émules, y compris au sein de la gauche. Un débat qui trouve ses racines dans une conception différente de la valeur travail.


Dans une tribune publiée sur Facebook lundi 16 janvier, Manuel Valls a de nouveau attaqué son ancien ministre sur ce point. "Je ne me résoudrai jamais à baisser les bras, à accepter que nous vivions avec ce chômage de masse en le compensant par des allocations", dit-il. "Trop souvent, la gauche a compensé son manque d'audace et d'idées nouvelles par plus de dépenses, plus de taxes, plus d'allocations. Au moment où nos dépenses représentent 57% de notre richesse nationale, cette voie de la facilité n'est plus possible", poursuit-il. "La gauche s'est trop souvent perdue, avec des engagements qu'elle savait ne jamais pouvoir tenir."

La mesure à... 480 milliards

L'idée du revenu universel est simple : dans une société amenée à perdre une partie de ses emplois du fait de la robotisation, verser à tous un revenu permettant de survivre, sans condition ni contrepartie. Mais en France, supprimer les conditions de ressources ou d'âge attachées aux minima sociaux pour généraliser ce versement coûterait, selon l'OFCE, 588 milliards d'euros, soit, déduction faite des économies réalisables sur les allocations existantes, des dépenses supplémentaires de l'ordre de 480 milliards.


Les attaques de ses adversaires, sans compter la difficulté avec laquelle pareille mesure pourrait être reçue par un électorat autre que socialiste aurait-elle amené l'ex-ministre à revoir ses ambitions ? C'est ce que démontrent nos confrères des "Décodeurs" du Monde.fr. Jusqu'au 8 janvier la proposition qu'on trouvait encore sur le site de Benoît Hamon était la suivante : dès 2017, le RSA serait augmenté de 10 %, pour atteindre environ 600 euros, et serait versé automatiquement à tous les ayants droit. Il serait également versé à tous les 18-25 ans, sans condition de ressources (ce qui le différencie du revenu décent de Manuel Valls). Sa transformation en revenu universel d'un montant de 750 euros par mois interviendrait plus tard.

Où sont les 750 euros ?

Mais, ô surprise, à cinq jours du premier tour de la primaire de la gauche, comme s'en est aperçu le journaliste des "Décodeurs", on ne trouve plus trace ce mardi de cette version. A la place, une nouvelle formulation :

Plusieurs points clés ont changés : ainsi le RSA ne sera plus augmenté en 2017 mais... en 2018. Par ailleurs, il est désormais question d’une "grande conférence citoyenne" chargée de discuter du périmètre du revenu universel (montant, calendrier... ). Benoît Hamon continue bien d’évoquer un "revenu universel", mais il ne s’engage plus aussi clairement sur son contenu, notamment sur son montant, soit 750 euros. 


Pour son directeur de campagne, Mathieu Hanotin, interrogé par LCI, "c’est évidemment la parole du candidat qui fait foi". Selon lui, Benoit Hamon ne fait "aucun rétropédalage". Il s'agit en fait d'"une simple erreur d’infographie".


François Kalfon, le directeur de campagne d'Arnaud Montebourg, se montre plus caustique. Interviewé lundi 16 janvier sur Europe 1, il a laissé entendre que les propositions de Benoît Hamon ressemblaient à des blagues Carambar : "Vous ouvrez un Carambar, vous y voyez une idée, elle est originale sans doute, irréalisable certainement", a-t-il dit.

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