Quand Emmanuel Macron assumait la prise de risque : "Les mecs de la sécurité, c’est pas eux qu’il faut écouter"

Quand Emmanuel Macron assumait la prise de risque : "Les mecs de la sécurité, c’est pas eux qu’il faut écouter"

AU CONTACT - Emmanuel Macron a-t-il été imprudent mardi dans la Drôme lorsqu'il a été giflé par un homme ? Le chef de l'Etat a toujours défendu son besoin d'aller au contact direct des Français. "Si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande", disait-il même en 2017.

Il touche, il empoigne, il prend les enfants dans ses bras. Emmanuel Macron se montre au contact direct des Français. Un goût pour le contact qui lui a valu d'être giflé par un homme, ce mardi dans la Drôme. Dédramatisant très rapidement les faits, le président de la République a assuré qu'il continuerait à "aller partout". "Je vais toujours au contact, à portée d'engueulade comme je dis. Et j'y tiens. Les gens m'expriment leur colère, parfois leur désarroi et je suis toujours là", a-t-il insisté. 

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Emmanuel Macron giflé lors d'un déplacement dans la Drôme

Une philosophie qui n'a jamais changé, comme le montre l'extrait vidéo en tête de l'article, datant de la dernière campagne présidentielle et issu du film "Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire" de Yann L'Hénoret. Lors d'une réunion avec son staff, Emmanuel Macron déclare : "Les mecs de la sécurité, c’est pas eux qu’il faut écouter. Je ne serai jamais en sécurité parce que le pays, il est comme ça aujourd’hui. Donc il faut prendre le risque, il faut aller dans le cœur de la bête à chaque fois. Le cœur de la bête il est là, il faut y aller. Parce que si vous écoutez les mecs de la sécurité, vous finissez comme Hollande. Peut-être que vous êtes en sécurité, mais vous êtes mort."

Mardi, l'entourage du chef de l'Etat confirmait que le risque zéro n'existe pas. "On ne peut pas mettre de grille entre le Président et les gens. Même s’il y a des procédures de sécurité, on ne va pas attacher les mains des gens dans le dos. Le risque zéro n’existe pas", assurait une source présidentielle auprès de LCI. "Le risque d’un accident plus grave - un coup voire pire - est intégré par son entourage personnel", continuait-elle.

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Emmanuel Macron : quel dispositif de sécurité autour du président ?

En revanche, d'autres ont fustigé ou se sont inquiétés de l'attitude du chef de l'Etat. "Je pense que désormais, la précaution sera de ne pas être au contact direct des gens mais d’avoir un recul d’un mètre pour éviter de prendre une gifle", a dit à LCI René-Georges Querry, ex-directeur du service de protection des hautes personnalités (SPHP). Selon lui, le chef de l'Etat doit "perdre cette manie d’être physiquement au contact des gens"

"J'ai vu le Président dans la voiture avant qu'il ne s'apprête à partir. J'ai vu son regard vers la foule. Les gens l'appelaient. Son cœur a parlé, il y est allé, en courant même. Mais c'est vrai, en descendant, il a peut-être un peu pris par surprise son service de sécurité", a témoigné auprès de LCI Xavier Angeli,  le maire de Tain-l'Hermitage, la commune où a eu lieu l'incident. "De même, quand il est retourné vers les gens juste après la gifle, le service de sécurité ne s'y attendait probablement pas."

"Le président fait ce qu'il veut"... cette particularité française

Faut-il interdire aux présidents français de prendre des bains de foule improvisés ou au contraire s'inspirer du modèle américain ? "En France, c’est le protocole qui décide et impose les déplacements, et c’est ensuite aux services de sécurité de s’adapter. Aux Etats-Unis, c’est tout l’inverse : c’est le Secret Service qui tranche si un déplacement est jugé trop dangereux et personne ne s’y oppose, ni le protocole ni même le Président", indique Jean-Pierre Diot, ancien policier au service de protection des hautes personnalités dans Le Parisien

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"Là, le président a décidé de lui-même d'aller au contact de ces gens sur cette zone. La tradition présidentielle française, contrairement à d'autres pays comme les États-Unis, la Russie ou encore Israël, c'est que le président fait ce qu'il veut. Cela amène des risques multiformes", ajoute Pascal Bitot-Panelli, ex-commandant fonctionnel du service de la protection et organisateur de déplacements présidentiels de 1994 à 2014, auprès de franceinfo

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