Quand la droite proposait de toucher aux allocations familiales

Politique

ARCHIVES – Depuis que des députés socialistes proposent de moduler les allocations familiales en fonction des revenus, la droite est vent debout et fustige un "matraquage contre la famille". Pourtant, les élus UMP sont nombreux à avoir soutenu cette modulation pour davantage de "justice sociale".

Depuis mercredi, la droite est en première ligne pour dénoncer la proposition de députés socialistes qui souhaitent moduler les allocations familiales en fonction des revenus . Certains députés UMP accusant même le gouvernement de faire des économies sur le dos des personnes qu'il est censé défendre et de "matraquer" les familles. Mais en dénonçant cette proposition, certains élus contredisent leurs positions adoptées dans le passé.

"Indigne" aujourd'hui, cette mesure était "juste" hier pour Bruno Le Maire

Comme le rapporte Rue89 ce jeudi, Bruno Le Maire a ainsi vivement déploré "cette attaque contre les familles" sur France Inter. "Moi, j’ai quatre enfants, je peux vous dire ce que cela fait de prendre la baisse du quotient familial. Maintenant, les allocations familiales... Mais ils vont s’arrêter où les socialistes dans leur attaque contre les familles. Eh bien moi, je vais vous dire, je trouve cela indigne. Proprement indigne !"

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Mais l'indignation du candidat à la présidence de l'UMP est à géométrie variable. Dans un entretien accordé à  L'Express publié en novembre 2011 , le ministre de l'Agriculture d'alors évoquait ainsi la possibilité de fiscaliser les allocations familiales, en contrepartie de leur versement dès le premier enfant. Et d'ajouter sur TF1 en février 2013 : "Moi, j’ai quatre enfants, je touche 432 euros par mois d’allocations familiales. Un ouvrier qui travaille dur et qui gagne 1300 ou 1400 euros, ou un employé qui sera à 2 000-2 200 euros, il va toucher la même allocation. Vous trouvez ça juste ? Moi je ne trouve pas ça juste. Et moi j’essaye de défendre des exigences de justice."

Juppé, Bertrand, Chatel, Morano... aussi

Mais Bruno Le Maire n'est pas le seul à avoir attaqué le tabou des allocations familiales. En 1995, le Premier ministre de l'époque Alain Juppé, avait proposé d'imposer les allocations familiales avant de renoncer face au tollé que cela suscitait. Plus récemment, le 28 février 2013 , c'est au tour de Xavier Bertrand de se montrer favorable à une mise sous condition de ces allocations familiales. "Est-ce que Monsieur Goshn (patron de Renault, ndlr) s'il touche des allocations familiales en a besoin de la même manière que l'ouvrir à Sandouville ? Non !", argumentait-il aux Echos.

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Enfin, l'actuel secrétaire général de l'UMP, Luc Chatel s'est toujours dit opposé au plafonnement des allocations familiales pour les plus aisés, il a admis en 2013 ne pas être opposé à leur fiscalisation. "Les ménages les plus aisés contribueraient ainsi davantage", expliquait-il. Une initiative partagée par Nadine Morano qui a confirmé mercredi être pour "le plafonnement des allocations familiales".

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