Quand le gouvernement part à la conquête de la jeunesse : on a regardé la première émission de Gabriel Attal sur Twitch

Gabriel Attal a donné rendez-vous aux jeunes sur Twitch

#SANSFILTRE – Pendant 1h30, le porte-parole du gouvernement a débattu mercredi soir avec cinq influenceurs de la crise sanitaire pesant largement sur la jeune génération. Un nouveau format, diffusé en direct sur l’application Twitch.

Après Macron sur TikTok et sur Brut, Gabriel Attal sur Twitch. Le gouvernement tente tous azimut de s'approprier les nouveaux canaux de communication prisés du jeune public. Mercredi, le porte-parole du gouvernement a essuyé les plâtres lors d'une nouvelle émission dont l'ambition tenait dans le titre : #SansFiltre. Depuis une pièce du palais présidentiel, le porte-parole du gouvernement a conversé sur la crise sanitaire et sociale. Pas de journaliste ici, mais cinq influenceurs très suivis sur les réseaux sociaux... mais pas forcément sur la thématique de la pandémie : EnjoyPhoenix, personnalité d’Instagram, Fabian, influenceur maquillage sur TikTok, Elise Goldfarb et Julia Layani, alias Elise&Julia et cofondatrices du podcast "Coming Out", ainsi que Malek Délégué, chroniqueur dans l’émission Balance Ton Post. Voici à quoi a ressemblé la première de cette émission destinée à devenir un rendez-vous régulier du porte-parole du gouvernement. 

"On en a tous marre de ce virus"

"Je ne sais pas comment vous voulez qu’on commence… Peut-être par comment ça va ?" Dès le début des échanges, le ton s’est voulu détendu, spontané. D’ailleurs, on se tutoie. Et on s'appelle par son prénom. Ainsi pour présenter ses invités, Gabriel Attal a pu glisser ceci en direction d’EnjoyPhoenix, influenceuse d’Instagram aux 5 millions d’abonnés : "On est réunis ici avec Elise, Fabian, Julia, Malek et Marie -EnjoyPhoenix pour ceux qui la connaissent, c’est-à-dire tout le monde". Ou encore, pour signifier aux cinq participants qu’il les comprend, le porte-parole du gouvernement n’a cessé de répéter pendant les débats : "On en a tous marre de ce virus". 

Pour l'exercice, le porte-parole de l’exécutif - âgé de 31 ans - avait ôté la cravate. Le cadre : une salle à l’ambiance tamisée, éclairée de quelques néons de couleur.  Chacun des participants, qui disposait d’une tablette numérique pour faire remonter les questions de sa communauté, pouvait commenter les dires du porte-parole tout au long de l'émission. Sans forcément chercher la contradiction. Au point qu'EnjoyPhoenix souligne deux reprises : "Je suis juste porte-parole, je ne suis pas journaliste. Je trouverais ça super que la prochaine fois il y ait un journaliste pour rétorquer parce que ce n’est pas mon métier. Je viens juste pour poser les questions que ma communauté aimerait mettre en avant." Puis à la fin de l’émission, l’influenceuse s’est permis d’adresser un conseil à Gabriel Attal : "La prochaine fois, invitez un journaliste et un étudiant". Parmi les internautes ayant suivi l’émission - 8000 en direct et 200.000 s'il on ajoute les vues en différé selon les chiffres de Gabriel Attal- la remarque d’EnjoyPhoenix est d'ailleurs saluée : "Niveau audience, il est sûr de ne pas faire de flop. Niveau contenu, je m’interroge : jusqu’à preuve du contraire, les influenceurs ne sont pas journalistes", a par exemple jugé l’un d’eux sur Twitter. Ou un autre, visiblement déçu du casting : "Inviter tout sauf des étudiants pour parler de la cause étudiante - l’initiative est bonne, les invités bcp moins. Énorme fail". 

Mais les cinq invités ont fait preuve de ténacité face à Gabriel Attal, malgré le format décontracté qui leur était imposé. "Tu vois bien qu’il y a des retards ?", "Nous, on pourra être vacciné quand ?", ont demandé tour à tour Malek Délégué et Elise Goldfarb au sujet de la campagne de vaccination. Puis des incohérences ont été pointées du doigt : "Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas faire de ski en France mais on peut en faire à côté en Suisse ?", "À quelle heure tu vas aller voir le psy ? À quelle heure tu as le temps d’aller voir le psy, sachant qu’il n’y en a plus à 17h30 et qu’il y a un couvre-feu ?", "Fermez les Zara et ouvrez les musées !". Si des sujets comme la précarité étudiante, la santé mentale des jeunes ou encore les perspectives de ces prochaines semaines ont pu être évoqués, les internautes ayant suivi l’émission en ont principalement retenu la forme et non le fond. "Intéressant ce format, il souligne notamment les éléments mal expliqués (par les politiques, les médias) ou mal compris par les jeunes", a estimé un utilisateur de Twitter, tandis qu’un autre a considéré que là se trouvait "un bon moyen d’échanger avec les jeunes si le succès est là. La forme est un peu austère mais les questions sont sans tabou et les réponses directes ; le chat est un peu débridé". 

Lire aussi

Du côté du cabinet de Gabriel Attal, on se satisfait de cette première : "L’objectif de cette émission était d’aller à la conquête de nouveaux publics. De ce point de vue, c’est une réussite. Et puis, le pari du sans filtre a été réussi avec des échanges plutôt dynamiques : On a vu que les influenceurs avaient une liberté de ton". Un pari vraiment réussi ? L'optimisme de Gabriel Attal ne fait inévitablement pas l'unanimité : "Vexée de voir à quel point ils pensent avoir nos voix en utilisant des influenceurs, on n’a pas 5 ans, on est jeunes mais on vous voit venir à des kilomètres… ça peut marcher sur les ados mais pas sur les jeunes en âge de voter", s’est ainsi désolée une internaute. Le thème de la prochaine émission n’a pas été fixé mais portera sur un sujet cher à la jeune génération, nous assure-t-on : peut-être l’écologie ou les discriminations. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

42 jours au lieu de 28 entre deux doses de Pfizer et de Moderna : sur quoi se base Olivier Véran ?

Le vaccin Johnson & Johnson arrive ce lundi en France : ce qu'il faut savoir

Éruption de la Soufrière à Saint-Vincent : des milliers d'évacuations dans la panique

EN DIRECT - Le pic de la 3e vague atteint ? "Nous devons encore tenir", prévient Véran

Dîners clandestins : Brice Hortefeux plaide la bonne foi, Alain Duhamel se dit "piégé"

Lire et commenter