Quand Manuel Valls se disait favorable à la GPA

Quand Manuel Valls se disait favorable à la GPA

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ARCHIVE – Le ministre de l'Intérieur a déclaré que la PMA et la GPA ne feraient pas partie du projet de loi sur la famille et que le gouvernement s'opposerait à tout amendement sur le sujet. Pourtant, les positions personnelles de Manuel Valls et de trois autres ministres, diffèrent. Petit rappel.

La position d'un gouvernement ne ressemble pas toujours à celle d'un ministre. Ce lundi, Manuel Valls a annoncé sur RTL que le gouvernement "s’opposera à des amendements parlementaires" sur la gestation pour autrui (GPA) et la procréation médicalement assistée (PMA) lors de l’examen du projet de loi sur la famille. Le ton est assuré, la position tranchée. Et pourtant, le ministre de l'Intérieur n'a pas toujours eu un tel positionnement à l'égard de ces questions de société.

En 2011, lorsque Manuel Valls était encore député et maire d’Évry, il avait justement abordé les questions liées à la PMA et à la GPA pour le magazine Têtu ."D’une manière générale, nous devons accompagner les évolutions de la société, permettre des droits nouveaux", avait-il déclaré. Interrogé à propos du débat organisé par les instances socialistes de l'époque sur la GPA, l'actuel ministre de l'Intérieur semblait regretter la position négative adoptée par le parti.

Trois autres ministres favorables à la GPA

"J’ai l’impression que nous avons tranché un peu vite", avait-il estimé avant d'ajouter : "Aujourd’hui, les nouvelles techniques permettent cette gestation pour autrui, et il y a des possibilités d’y recourir légalement dans des pays voisins. De ce point de vue, je considère que cela doit concerner toute forme de couples, mais il faut qu’il y ait des règles précises qui encadrent la GPA". L'occasion pour lui de rappeler son avis personnel sur le sujet : "Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable, et j’y suis donc favorable".

Manuel Valls n'est pas le seul membre du gouvernement à y être favorable. Vendredi, Hervé Mariton, l'un des opposants les plus virulents contre une supposée "familiphobie" du gouvernement, a ainsi rappelé que trois ministres avaient pris position en faveur de la GPA, citant Najat Vallaud-Belkacem, Alain Vidalies et Aurélie Filipetti. Ces trois membres du gouvernement figurent en effet parmi les signataires d'une tribune publiée en 2010 sur LeMonde.fr . Intitulée "60 personnalités s'engagent pour une gestation pour autrui encadrée", ce texte défendait la GPA. "Ce n'est pas le fait de porter un enfant qui fait d'une femme la mère de cet enfant, mais le fait de le vouloir, de s'engager à l'élever et de s'y préparer", écrivaient ces 60 personnalités qui ne manquaient pas de condamner "la marchandisation des corps".

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