Quand ses sympathisants regardent au centre, Sarkozy garde le cap à droite

Quand ses sympathisants regardent au centre, Sarkozy garde le cap à droite

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POLITIQUE – Après avoir rebaptisé son parti "Les Républicains" fin mai, Nicolas Sarkozy multiplie les yeux doux à son aile droite... contre l'avis de ses sympathisants. Ces derniers sont en effet 67% à demander à l'ex-chef de l'Etat de s'adresser aux électeurs centristes plutôt que frontistes.

Nicolas Sarkozy tient son parti comme bon lui semble. Quitte à s'opposer à la volonté... de ses sympathisants. Alors que deux tiers d'entre eux lui demandent, comme le montre ce dimanche notre sondage OpinionWay, de s'adresser aux électeurs du centre (de l’UDI au Modem) plutôt qu'à ceux du FN, l'ancien chef de l'Etat multiplie les appels du pied à sa droite.

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Sitôt acté le ravalement de façade de l’UMP, baptisée fin mai "Les Républicains", le président du parti organisait ainsi une réunion thématique sur l'islam, un sujet très marqué et qui divise au sein du parti. Dans la foulée, Le Parisien levait mercredi dernier le voile sur sa stratégie pour la primaire du parti en 2016, en rapportant ces propos : "Quand on parle d’ouverture, on pense tout le temps au centre et au centre gauche. Mais l’ouverture, ça porte aussi de l’autre côté"...

Samedi encore, Nicolas Sarkozy s’est prononcé en faveur d’un débat sur la remise en cause du droit du sol, comme le révèle le Journal du dimanche Un thème cher à l’extrême droite et au Front national  en particulier, qui réclame sa suppression depuis plusieurs années. Et un droit que le candidat de l'UMP à la présidentielle 2012 ne remettait pourtant pas en cause, comme le montre un tweet publié à l'époque sur son compte et exhumé ce dimanche : "Quand on est en France depuis longtemps, la naturalisation est de droit".

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Au centre, Juppé préféré à Sarkozy

L'ancien Président semble d'autant plus décidé à flatter les sympathisants penchant vers Marine Le Pen qu'il ne paraît guère d'humeur à tendre la main au président du MoDem. Comme le montrent ses saillies anti-François Bayrou fuitant régulièrement dans la presse, qu'il le surnomme le "bègue", qu'il veuille "le crever" ou qu'il le compare au Sida .

Après l'échec de la campagne droitière qu'il a menée pour sa réélection en 2012, Nicolas Sarkozy reprendra-t-il cette ligne en 2016 ? A priori, la stratégie peut paraître risquée, tant elle avait été critiquée, même au sein de son camp. Mais c'est oublier un calcul très simple : Alain Juppé et Bruno Le Maire, ses deux principaux rivaux au sein du parti, ont la préférence des sympathisants du centre. Elargir sur la droite la base des votants à la primaire pourrait donc s'avérer payant pour Nicolas Sarkozy. Qui pourra toujours, s'il parvient ainsi à être désigné candidat à la présidentielle, recentrer sa campagne une fois qu'il sera seul en lice.

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