Que faisait Alexandre Benalla au Tchad ? Les explications de l'ex-collaborateur de l'Elysée

Politique

EXPLICATIONS - Alexandre Benalla s'est confié à LCI ce mercredi après que Le Monde a révélé qu'il se trouvait au Tchad quelques semaines avant la visite officielle d'Emmanuel Macron. L'ancien chargé de mission a notamment donné les raisons de son déplacement et a réagi aux propos de l'Élysée.

"Je ne me tairai plus." Alexandre Benalla se confie longuement, ce mercredi 26 décembre, après les révélations du Monde. Dans un communiqué, puis dans un entretien accordé à LCI, l’ancien proche d’Emmanuel Macron explique pourquoi il était au Tchad quelques semaines avant la visite officielle du président de la République dans le pays.

Si l’ex-salarié de l’Élysée se dévoile, c’est d’abord car il dit ressentir un profond sentiment d’injustice. Tandis qu’il veut reprendre le cours de sa vie pour "nourrir son enfant de six mois et sa femme", il s’estime victime d'un coup monté par "certaines personnes au plus haut sommet de l'État", qui souhaiteraient le "faire taire" ou le "neutraliser". Aujourd’hui il décide donc de répondre à "une polémique infondée". 

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Une nouvelle carrière de "consultant"

Infondée car pour Alexandre Benalla, sa venue au Tchad à quelques semaines de celle du Président ne se révélerait être qu’un "concours de circonstances". Il assure ne pas avoir su qu’Emmanuel Macron allait rendre visite aux forces armées dans le pays. Et explique que lui y était dans le cadre de ses nouvelles fonctions de "consultant". La "demi-douzaine de personnes", citée par Le Monde, et avec qui il était au bord de l’avion privé est composée, selon son entourage, "d’hommes d’affaire de nationalité étrangère qu’il a connus en 2012". Soit avant son passage à l’Elysée. Et concernant tous les frais réglés par carte bleue cités par le quotidien? "L'ensemble a été pris en charge par le chef de cette délégation", assure l’intéressé. 

Je ne me cale pas sur l’agenda du Président- Alexandre Benalla

Depuis qu’il a été contraint de quitter ses fonctions en juillet, Alexandre Benalla semble donc poursuivre une carrière dans les affaires internationales. Il confie à LCI que ses services de conseils étaient proposés à des "entreprises qui venaient au Tchad pour monter des usines dans l’industrie qui vont créer 3.000 emplois à N’Djamena". Tout ça dans le cadre d'un "projet industriel de 250 millions d'euros", selon des chiffres communiqués par le jeune homme de 27 ans à l'AFP. Et de préciser : "Mais pas dans les domaines sensibles de la pharmaceutique, de la défense ou de la sécurité." Et des éléments en contradiction avec les révélations du Monde. Car, et ce d’après le journal local La lettre du continent  cité dans l’article paru lundi, l’ancien salarié élyséen aurait rencontré le frère du président tchadien, Oumar Déby qui se trouve être à la tête de la direction générale de la réserve stratégique. 

Mais l’entourage d’Alexandre Benalla dément cette information. Ce ne serait pas le frère, mais le Président du Tchad lui-même qu’il a vu. Charmé par un personnage "médiatique" et "sulfureux", l’homme d’État aurait même accordé un entretien de près de deux heures au nouveau consultant et sa délégation. Un événement qui n’est pas isolé. La même source affirme également ce mercredi qu’Alexandre Benalla a fait "des dizaines de déplacements en Afrique ces dernières semaines" et a même rencontré "plusieurs présidents" du continent. 

Des voyages qui n'enfreignent pas son contrôle judiciaire

Des activités étonnantes pour celui qui a été mis en examen l’été dernier pour violence volontaire. Mais qui n’enfreignent pas les contraintes imposées par son contrôle judiciaire qui comporte trois interdictions : détenir une arme, avoir des contacts avec un autre mis en examen et exercer une mission d'exercice public. Si les affirmations d’Alexandre Benalla se révèlent vraies, il n’enfreint donc aucune règle. 

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Et n’avait absolument pas besoin de prévenir l’autorité judiciaire de ses déplacements. Lui-même précise toutefois dans un communiqué qu’il a "tenu informé la plus haute autorité française avant ou après chacun de [ses] déplacements à l’étranger." Une affirmation en contradiction avec celle de l’Elysée qui nous a indiqué de son côté n'avoir "jamais été informé par Benalla de ses déplacements". À l'exception du 20 décembre, "quand il a réalisé que cela avait fini par être su de tous, à l’Élysée comme dans les rédactions." Même message de la part du Quai d’Orsay. Élément d’autant plus étonnant qu’il faut un visa pour se rendre au Tchad, selon le site du ministère des Affaires étrangères : "Les Français voyageant sans visa, y compris les fonctionnaires civils ou militaires, risquent de ne pas pouvoir embarquer dans l’avion ou de se voir refoulés à leur arrivée au Tchad." Ce qui n'a pas été le cas d'Alexandre Benalla qui affirme n'en avoir pas eu besoin. 

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