"Que les facs bougent !" Comment Mélenchon tente de structurer un réseau étudiant contestataire

Politique
MOBILISATION - Un million de tracts, des "groupes d'appui" qui se structurent dans les grandes facs... le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne ménage pas ses efforts pour appeler la jeunesse à rejoindre la mobilisation contre la politique du gouvernement Philippe, convaincu que les étudiants pouvaient sauver un mouvement social qui s'essouffle. Un test aussi pour La France insoumise, qui s'intéresse de près à l'engagement étudiant.

Un appel solennel à la jeunesse, deux lieutenants - Eric Coquerel et Danièle Obono - dépêchés sur le symbolique campus de "Nanterre la rouge" lundi, et pas moins d'un million de tracts diffusés à ce jour dans toute la France... Jean-Luc Mélenchon n'a pas ménagé ses efforts pour tenter de rallier la jeunesse du pays à la journée d'action dans la fonction publique contre les projets du gouvernement d'Edouard Philippe, ce 10 octobre.


"Nous serions heureux si la jeunesse des facs entrait en mouvement", espérait la veille le leader LFI sur son blog. "Et surtout les jeunes étudiants et jeunes enseignants, frappés de plein fouet par l'asphyxie croissante de l'université.  Peut-être est-ce leur dernière chance de peser sur leur sort dans le cadre de l'action générale du mouvement social", prophétisait-il. Et pour cause : Jean-Luc Mélenchon sait que la contestation sociale contre les ordonnances Travail s'essouffle, et mise désormais sur le mouvement étudiant pour relancer la machine, comme ce fut le cas en 2006 contre le "contrat première embauche" du gouvernement Villepin. "Moi", indiquait la députée LFI Danièle Obono lundi après sa rencontre avec les étudiants de Nanterre, "la dernière mobilisation à laquelle j'ai participé, c'était contre le CPE... Elle a permis de faire reculer le CPE". 

Des "groupes d'appui" dans les grandes villes universitaires

Avec son million de tracts (500.000 ont été réédités en début de semaine), La France insoumise veut "inonder tout le territoire" en s'appuyant sur "la cinquantaine de groupes d'appuis" déjà constitués dans les campus des grandes villes universitaires, nous explique David Guiraud, le porte-parole "Jeunesse" de La France insoumise, qui avait participé au mouvement "Nuit Debout" contre la loi El Khomri puis corédigé le livret thématique dédié à la jeunesse durant la campagne présidentielle.

"Nous avons voulu montrer que nous nous mettions au service du mouvement social", ajoute l'étudiant. L'objectif est qu'il y ait le plus de gens possible. C'est la jeunesse qui peut mettre le feu à la plaine." Le collaborateur d'Eric Coquerel, lucide, reconnaît toutefois qu'il est "dur de les débrayer à cette période de l'année." Si La France insoumise reconnaît que la journée du 10 octobre constituait "un test", cette première campagne ouvertement dirigée vers la jeunesse n'est aux yeux du mouvement que le premier maillon d'une lente gestation. Une gestation par ailleurs choatique, comme l'a montré l'éviction cet été par l'Unef, syndicat étudiant proche du PS, de huit responsables proches des Insoumis, accusés de vouloir le noyauter. "Une discussion interne entre syndicalistes", évacue David Guiraud, pour qui La France insoumise n'a pas vocation à s'immiscer directement dans les affaires syndicales. 


Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon préfère s'appuyer sur ses "groupes d'appuis" déjà constitués dans les grandes facs, et qui éclosent maintenant "de façon spontanée" dans certains lycées, via les réseaux sociaux, où les militants sont particulièrement actifs. Ces groupes auront pour mission de relayer la bonne parole. Pendant ce temps, les Insoumis travaillent à la structuration d'un authentique mouvement de jeunesse, à l'instar des Jeunes socialistes ou des Jeunes communistes. Les contours de ce mouvement seront définis lors de la convention du parti, en novembre. Mouvement social ou pas, Jean-Luc Mélenchon ne part pas de rien : 30% des jeunes de 15-24 ans avaient voté pour lui au 1er tour de l'élection présidentielle. 

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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