Que va annoncer Edouard Philippe ce mercredi lors de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale ?

Politique

GOUVERNEMENT - Le Premier ministre Edouard Philippe prononcera ce mercredi 12 juin son deuxième discours de politique générale, qui doit préciser les contours de l'acte II du quinquennat, esquissé par le président de la République au sortir de la crise des Gilets jaunes. Il sera suivi d'un vote de confiance des députés.

L’acte II du quinquennat va devenir concret, ce mercredi 12 juin, après le discours de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe à l'Assemblée nationale. Emmanuel Macron laisse en effet à son chef de gouvernement la charge d'un nouveau discours engageant sa responsabilité, après avoir annulé la tenue d'un Congrès à Versailles début juillet, deux ans après son premier discours de politique générale le 4 juillet 2017.

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Quel est l'objectif de ce discours de politique générale ?

L'objectif de ce discours est d'"expliquer ce que sera la mise en oeuvre de l'acte II par le gouvernement" et de "fixer le calendrier politique mais également les chantiers législatifs", a expliqué la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Selon le chef du groupe LaRem à l'Assemblée nationale Gilles Le Gendre, il s'agit de transformer les "grandes lignes" en "quelque chose de concret, d'opérationnel". Et également de renouveler la confiance au gouvernement, affaibli après la crise des Gilets jaunes et sa deuxième place aux élections européennes.

Comment s'est préparé le Premier ministre ?

Le week-end de Pentecôte a été studieux pour le Premier ministre. Edouard Philippe a beaucoup consulté au sein de la majorité, de François Bayrou (MoDem) à Stanislas Guerini (secrétaire général de La République en marche) en passant par Richard Ferrand (président de l'Assemblée nationale), Franck Riester (Agir), Patrick Mignola (MoDem), Gilles Le Gendre (chef du groupe LaREM à l'Assemblée), Laurent Hénart (Mouvement radical) ou le l'écologiste rallié à LaRem et député européen Pascal Canfin. 

Quels thèmes va-t-il aborder ?

Tout d'abord, Edouard Philippe précisera quelle sera la nouvelle méthode du gouvernement pour mener ses réformes. Il détaillera ensuite l'agenda. D'ici la fin du quinquennat, l'exécutif doit travailler sur l'assurance chômage, la réforme des retraites, le plan Pauvreté, le revenu universel d'activité ou encore la réforme constitutionnelle, le statut des élus et la loi de bioéthique. Mais dans quel ordre mener ces chantiers ? Certains poussent pour que le projet de loi bioéthique instaurant la PMA pour les couples de femmes soit présenté en Conseil des ministres puis à l'Assemblée le plus rapidement possible, d'autres jugent risqués politiquement de mettre tout de suite sur la table le dossier des retraites, qui pourrait instaurer un "âge pivot" à 64 ans (les départs entre 62 et 64 ans seraient soumis à une décote).

L'exécutif doit donc décider quel sujet présenter en priorité. L'automne étant consacré à l'étude des textes budgétaires, seuls un ou deux autres dossiers pourraient être étudiés avant 2020. A moins qu'une session extraordinaire ne soit instaurée en juillet, à l'issue de la session ordinaire qui se termine le 28 juin prochain.

En ce qui concerne la fiscalité, impossible à l'heure actuelle de dire dans quelle voie s'engage le gouvernement puisqu'aucun arbitrage n'a encore été pris. En effet, la question des impôts des classes moyennes sera tranchée ce mercredi midi au cours du déjeuner entre le Premier ministre et le président de la République. Edouard Philippe a réuni le gouvernement vendredi 7 juin pour étudier les pistes d'économies qui serviront à financer cette baisse de cinq milliards d'euros, promise par Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse consécutive au Grand débat national, le 26 avril. 

Enfin, le Premier ministre devrait parler d'écologie, les résultats d'Europe Ecologie-Les Verts aux élections européennes obligeant l'exécutif, même s'il se défend de toute prise de conscience tardive à ce sujet, à se pencher un peu plus sérieusement sur la question. "On doit montrer que c’est désormais un élément très structurant de toute notre politique", a expliqué un conseiller du chef de gouvernement au Parisien. "Nous allons montrer que la transformation écologique devient aussi importante que l’économie et le social" a indiqué un autre à Europe 1, sans plus de précisions sur les annonces ou les orientations souhaitées par l'exécutif.

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Pourquoi Edouard Philippe en sortira-t-il plus fort ?

Sa tête avait été mise à prix en cas de mauvais résultats aux élections européennes. Finalement, le président de la République a décidé de poursuivre avec son Premier ministre, de lui accorder de nouveau sa confiance, et de le replacer au centre du jeu politique. "Pour le président, c’est important de donner de l’élan au Premier ministre pour pouvoir mettre les choses en place rapidement. Et c’est un signal à tous ceux qui ont voulu l’enterrer trop vite…" a déclaré une ministre au Journal du dimanche.

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Le discours d'Edouard Philippe doit débuter à 15h, avant une intervention de chaque groupe politique puis une réponse du chef du gouvernement, et enfin le vote de l'Assemblée nationale. Il s'agira de la 27e déclaration de politique générale de la Ve République, et seuls trois autres Premiers ministres en ont prononcé deux : Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et Manuel Valls. 

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