Quel est ce "journal de bord" des chômeurs critiqué par Jean-Luc Mélenchon ?

EMPLOI - La ministre du Travail Muriel Pénicaud a défendu vendredi, sur LCI, l'expérimentation d'un "journal de bord" des demandeurs d'emplois, dans lequel Jean-Luc Mélenchon voit une infantilisation et un outil de surveillance supplémentaire. De quoi s'agit-il ?

La réforme de l'assurance chômage, en cours d'examen à l'Assemblée nationale, intègre un dispositif permettant l'expérimentation à partir de janvier 2019 d'un "journal de bord en ligne", qui sera communiqué périodiquement par les chômeurs à Pôle Emploi. 


Une mesure fortement critiquée par Jean-Luc Mélenchon, le patron de La France insoumise. "Voilà le chômeur équipé d'un petit carnet, comme un enfant à l'école", a dénoncé le député en séance. "On va vérifier dans le carnet s'il a bien fait son travail, s'il a bien téléphoné, répondu aux mails qu'il ne peut d'ailleurs plus recevoir parce qu'il n'a plus d'abonnement", a-t-il ajouté, y voyant la résurrection d'un "livret ouvrier", ce document obligatoire qui permettait, au XIXe siècle, aux autorités de suivre la main d'oeuvre dans tous ses déplacements. 

"C'est pour pouvoir aider plus vide"

Invitée de LCI, vendredi matin, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a assuré qu'il s'agissait "d'une fausse polémique". "Jean-Luc Mélenchon ne regarde pas dans le détail. D'abord, ce n'est pas un carnet. Cette expérimentation est venue des conseillers de Pôle Emploi, qui affirmaient qu'ils perdaient beaucoup de temps" à prendre connaissance de la situation du demandeur. 


Avec ce journal de bord, "au début de l'entretien, ils sauront déjà où l'on en est. Ce sera du temps gagné pour affiner la stratégie. C'est pour pouvoir aller plus vite". 

Outil de contrôle

Prévu à l'article 34 du projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel", le journal de bord doit être testé à partir du 1er juin 2019, pour une durée de 18 mois, dans un certain nombre de régions qui doivent être désignées par un arrêté ministériel. L'objectif assigné dans le texte est "d'améliorer l'accompagnement personnalisé des demandeurs d'emploi, de détecter les demandeurs en situation de fragilité dans leur processus de recherche d'emploi, d'assurer un suivi en continu de l'intensité de la recherche d'emploi et d'enclencher, le cas échéant, une dynamique de remobilisation". En clair : il s'agit bien d'un outil supplémentaire de contrôle, destiné à évaluer si le demandeur d'emploi est bien en recherche active. 


Concrètement, dans les régions d'expérimentation, les personnes concernées devront compléter, chaque mois, ce "journal de bord", mentionnant les démarches de recherche, à l'occasion du renouvellement de leur inscription. Précision utile : dans l'article du projet de loi, il est clairement spécifié que "le maintien de l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est subordonné" à la mise à jour de ce journal de bord. On ne peut pas être plus clair.

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Jean-Luc Mélenchon, l'"insoumis"

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